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13 articles avec papaute : divers

Anniversaire de la mort du Pape Pie XII

Publié le par Clément LECUYER

 Aujourd'hui, 9 octobre 2020, devrait être un jour de deuil pour nous, catholiques. En effet, c'est l'anniversaire de la mort du dernier véritable Pape : Pie XII, qui s'est éteint un 9 octobre 1958. Cela fait donc depuis 62 ans que l'Eglise se trouve orpheline de Chef, avec toutes les désastreuses conséquences en découlant. Voici, dans les lignes qui vont suivre, un commentaire de Mgr Sanborn, recteur du séminaire américain de la Très-Sainte-Trinité, écrit en 2018 :

 

... Cela signifie que le modernisme règne depuis maintenant soixante ans, et nous avons vu avec horreur la désintégration de tout ce qui rendait notre foi merveilleuse : la doctrine catholique, de bons et saints prêtres, une abondance de frères et de sœurs dévots et zélés, des écoles catholiques, des séminaires catholiques remplis de saints séminaristes aspirant à la prêtrise, la Messe traditionnelle en latin, les sacrements traditionnels, la Ligue pour la vertu1, les habits religieux, les prêtres en soutane et col romain, de magnifiques églises, des cérémonies élaborées, le chant grégorien et autres belles musiques d’église, la discipline, l’orthodoxie, la modestie dans les habits, les bonnes mœurs. Je pourrais encore allonger la liste. Ce que je viens de décrire, c’est le monde de mon enfance, que je considérais alors comme normal, mais que j’aimais et chérissais.

 C’était le monde catholique tel que le laissa le pape Pie XII. C’était un édifice splendide et magnifique à tous les égards.

 J'étais trop jeune pour m'apercevoir des changements que Jean XXIII avait opéré. Je me rappelle avoir assisté aux cérémonies de la semaine sainte qui avaient été modifiées en 1955 sous la direction de l'auteur de la nouvelle messe, le moderniste et franc-maçon Annibale Bugnini. Je n'avais jamais vu les cérémonies traditionnelles qui, d'après le pape Benoit XIV (1740-1758), sont très anciennes. Cependant, j'étais toujours un peu troublé par ces cérémonies de la semaine sainte, car elles semblaient différer du reste de la liturgie. C'est seulement des années après que je découvris que ces cérémonies, forgées par le franc-maçon en question, étaient « un pont » (ce sont ses mots) vers la réforme ultime de la liturgie qui eut lieu dans les années 1960 et qui atteignit son sommet avec l'horrible nouvelle messe en 1969.

 C'est pour cette raison, en voyant plus tard ces réformes avec du recul, que nous reprîmes les rites traditionnels de la semaine sainte. Comme dirait l'abbé Cekada : "Si vous ne voulez pas passer de l'autre côté (c'est-à-dire vers la nouvelle messe), alors pourquoi prendre le pont ?"

 Je me rappelle par contre le premier dimanche de l'avent 1964, jour où les premiers changements de Vatican II apparurent dans la Messe. Bien que ceux-ci n’étaient rien en comparaison de ce que nous voyons aujourd'hui, j'y sentis cependant l'odeur du modernisme. Je me rappelle rentrer à la maison après la Messe ce jour-là en me disant à moi-même : "Il y a quelque chose de protestant dans la Messe." C’est vers cette époque que je déclarai une guerre personnelle aux réformes de Vatican II.

 Pendant l'année suivante, j'essayai, comme tout le monde, de voir Vatican II avec une lumière positive et d'y comprendre quelque chose. Il y en a encore beaucoup qui essayent toujours. Quand j’étais au séminaire moderniste, je compris ce qu'était Vatican II. Je vis sa nature profondément radicale et corrompue. Je vis que ce n'était pas seulement une question de changement accidentel des manières de faire dans l'Église, mais une véritable révolution doctrinale, morale, spirituelle et liturgique. Je la combattis autant que je le pus.

 Même en entrant à Ecône en 1971, cependant, je continuais à croire que d'une façon ou d’une autre Paul VI n'étais pas d'accord avec tous ces maux dans l’Église, et que c'étaient les "mauvais évêques" qui faisaient tout ce mal.

 Ce qui m'ouvrit les yeux quant à la vraie nature de Paul VI fut la lecture d'un essai par l'abbé de Nantes, prêtre français, connu sous le nom de Liber Accusationis in Paulum Sextum (Le Livre d'accusation contre Paul VI). Ce prêtre, dans un travail soigneusement documenté, analysait le passé et l'enseignement de Paul VI et démontrait sans aucun doute que l'homme était un moderniste de premier ordre. Je devins alors "sédévacantiste". C'était en 1973.

  L’Église depuis le 9 octobre 1958. Les modernistes ont dynamité le monde idyllique du catholicisme romain que j'ai décrit ci-dessus. Avec un orgueil consommé, ils ont décidé que le catholicisme ne pourrait pas survivre au monde moderne sans se transformer pour s'y adapter. Tel est le principe fondamental du modernisme et de toutes les hérésies qui en découlent.

Le "système d'exploitation" - pour emprunter un mot au langage informatique - du monde moderne est le subjectivisme, c'est-à-dire, la négation de la possibilité même d'une vérité objective. Rien n'ai vrai, à moins que ce ne soit vrai pour vous, c'est-à-dire, à moins que ce ne soit conforme à vos expériences personnelles.

 Appliqué au dogme et à la morale, l'effet en est absolument fatal. Conformer l’Église catholique au mode de pensée subjectif, c'est lui injecter un poison mortel dans les veines. Ainsi ce que nous avons vu depuis 1958 est la mort graduelle du catholicisme. L'orthodoxie, qui est l'assentiment de foi donné à la doctrine catholique, est morte. Être catholique aujourd'hui signifie simplement que vous êtes sur les registres de l'église catholique locale. Vous pouvez croire ce que vous voulez et rendre votre hérésie publique, personne ne vous blâmera. Pensez un instant à l'université de Georgetown qui est supposée être catholique, ou celle de Loyola à Chicago. Ce sont là simplement de petits exemples de ce qui existe partout dans ce monde autrefois catholique.

 Ce qui définit le catholicisme, c'est l'orthodoxie. Les institutions de l’Église catholique, sa hiérarchie, ses lois, ses édifices, ses écoles, ses universités reposent sur un seul fondement qui est l'orthodoxie catholique. Si ces institutions perdent leur orthodoxie, elles perdent leur raison d'être, devenant des institutions inutiles, catholiques de nom seulement, et elles accomplissent le travail du diable.

 Le catholicisme continue d'exister en ceux qui professent encore la foi catholique, qu'ils soient encore dans le Novus Ordo ou non. Ce qu’il faut c’est un schisme, c'est-à-dire que les catholiques doivent se séparer des hérétiques modernistes. Ils vivent présentement dans la même maison et doivent se séparer.

 Les bons côtés du règne de Pie XII. Pie XII était un homme d'une orthodoxie catholique absolue et avait compris son rôle de protecteur de cette caractéristique essentielle et sacrée de l’Église catholique.

 C'était un homme qui avait compris la dignité très élevée de la papauté et qui se comportait en conséquence. Jamais la papauté ne fut plus respectée que sous Pie XII. C'était une image de la dignité ecclésiastique.

 Il promulgua un bon nombre de documents qui exprimaient clairement l'enseignement de l’Église sur de nombreux sujets. Parmi eux : Mystici Corporis, expliquant le Corps Mystique du Christ (1943) ; Mediator Dei, qui donnait les principes de la sainte liturgie de l’Église et mettait en garde contre quelques tendances modernistes (1948) ; Humani Generis, qui condamna en général la nouvelle théologie et mettait en garde contre des erreurs modernes et des tendances de l’époque (1950).

 En 1950 également, il proclama solennellement la doctrine de l'Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie. En 1954, il proclama l'Année Mariale, au cours de laquelle il établit la fête de Marie-Reine.

 Le pape Pie XII était sévère contre le communisme, excommuniant ceux qui appartenaient au parti. Il édifia aussi les fidèles dans de nombreux messages radio, utilisant autant que possible les médias de son temps pour répandre l'évangile.

 En bref, les bons côtés de son règne furent de présider une Église en bonne santé générale, et, par sa piété, sa science et sa dignité, de gagner l'admiration de beaucoup, catholiques et non catholiques.

  Les mauvais côtés du règne de Pie XII. En 1930, quand le pape Pie XI cherchait un nouveau secrétaire pour remplacer le cardinal Gasparri, un certain cardinal Cerretti, potentiel candidat pour ce poste, décrivit le cardinal Pacelli (Pie XII) comme "indécis et mou". Je pense que c’était là une observation exacte de son caractère, et cela fut un défaut tragique pour lui et pour toute l’Église catholique.

 En d'autres termes, bien que le cardinal Pacelli avait des intentions excellentes et une orthodoxie impeccable, il lui était difficile de faire aboutir ces merveilleuses qualités à des actions concrètes.

 En lisant à son sujet, j'ai aussi remarqué qu'il avait un respect exagéré, et même une sorte de vénération, pour l'érudition et les sciences physiques. Bien que ces choses doivent certainement être prises au sérieux, nous devons y faire attention en ces temps modernes à causes des préjugés extrêmement anticatholiques de nombreux savants et scientifiques. Il développa probablement cette admiration excessive pour l'érudition et la science à l'université de la Sapienza, à Rome, une des plus glorieuses institutions de la Rome papale, prise et contrôlée par le gouvernement italien maçonnique et athée à partir de 1870. En tout cas, le fait qu'il se laissait facilement impressionné par l'érudition et la science fit de lui une proie des "savants" et 'scientifiques" modernistes qui rôdaient dans l’Église.

 La dernière chose dont l’Église avait besoin en 1939, l'année de l'élection du Cardinal Pacelli à la papauté, c’était un pape faible et indécis, naïf en ce qui regardait les complots des modernistes. Pendant le règne de saint Pie X (1903-1914), les modernistes se contentèrent simplement de se submerger, pour réapparaître plus tard pendant le règne de Benoît XV (1914-1922) et de Pie XI (1922-1939). Ils utilisèrent alors un instrument entièrement nouveau pour répandre leur hérésie perverse : la sainte liturgie. Ils détournèrent le mouvement liturgique, solidement catholique, lancé par Dom Guéranger et d'autres au dix-neuvième siècle. Ils voulaient en faire un véhicule de l'œcuménisme, qui est un pur produit du modernisme. Proéminents dans ce mouvement liturgique moderniste furent : Pius Parsch, Dom Beauduin, Gérard Ellard, Annibale Bugnini, et beaucoup d’autres de moindre importance, auteurs de livres et pamphlets faisant avancer le même agenda.

 Les modernistes firent aussi de nouveau surface dans le domaine de l’Écriture Sainte. Le cardinal Béa, confesseur de Pie XII, était proéminent parmi eux. Il y en eut beaucoup d'autres. Le modernisme biblique pris de l’essor sous le règne de Pie XII.

 Enfin, il y avait la Nouvelle Théologie, une renaissance dogmatique du modernisme. Tout comme les vieux modernistes, ils [les "nouveaux théologiens"] détestaient saint Thomas et avec lui la théologie et la philosophie traditionnelles, et ils adaptèrent la théologie catholique aux systèmes de philosophie modernes. Il en résulta de sérieuses erreurs et même des hérésies. Proéminents parmi ces néo-modernistes étaient Karl Rahner, Joseph Ratzinger (plus tard Benoît XVI), Hans Hurs von Balthazar, Edward Schillebeeckx, Yves Congar, Bernard Häring, Hans Küng, Henri de Lubac, Pierre Teilhard de Chardin, et bien d'autres. Ces théologiens circulaient et écrivaient librement sous le règne de Pie XII, et bien que certains reçurent des monitions officielles du Saint Office, ils parvinrent à survivre sans trop de difficulté pendant son pontificat.2 Sous saint Pie X, ils auraient été excommuniés et réduits à l'état laïc.

 Ce dont l’Église avait besoin en 1939, après trois décennies de modernisme en plein essor, c'était un autre saint Pie X, quelqu'un qui aurait réprimé l'hérésie avec sévérité.

 Toutes ces choses ayant été dites, penchons-nous maintenant sur les mauvais aspects du règne de Pie XII :

  • La nomination d'évêques abominables. Les principaux évêques modernistes à Vatican II avaient été nommés par Pie XII : Köning, Döpfner, Suenens, Lercaro, Montini (futur Paul VI), Wotjyla (futur Jean-Paul II), Cushing, Alfrink, Frings. Ce furent de grandes figures au Concile. Combien d'autres évêques modernistes furent nommés dont les noms nous échappent ? Il faut aussi remarquer que Pie XII éleva au cardinalat un moderniste connu comme tel, Angelo Roncalli, et le fit patriarche de Venise, lui donnant ainsi une possibilité directe de devenir pape. Il fit aussi de Montini, un autre moderniste reconnu, l'archevêque de Milan, et donc papabile.3

  • Dommage fait à la liturgie. En 1948, le pape Pie XII établit la Commission pour la Réforme Liturgique et nomma comme secrétaire, directement en charge de cette Comission, nul autre qu'Annibale Bugnini. Il était à l’époque un moderniste connu en liturgie. En peu de temps, ce franc-maçon produisit la réforme des rites de la semaine sainte, promulguée en 1955 par Pie XII. Elle contenait de nombreux éléments qui seront plus tard incorporés dans la nouvelle messe, également mise au point par le même Bugnini, avec l'aide de six ministres protestants. D'autres changements concernant la messe, le calendrier liturgique et le bréviaire furent réalisés en 1955, 1957 et 1958. Tous ces changements allaient dans la direction de l’utlime réforme liturgique de Paul VI.

  • L’essor du modernisme dans les séminaires romains. Les séminaires romains étaient la pépinière des futurs évêques et ces séminaires furent infectés sous le nez même de Pie XII, par du modernisme de toute sorte. Bien qu'il ne fut pas moderniste lui-même, le pape Pie XII fut cependant faible et négligent par rapport à la répression du modernisme et contribua ainsi beaucoup à la ruine présente dont nous sommes témoins.

 

 En résumé, le règne de Pie XII continuait avec la force vive de l'orthodoxie et la vigueur conférées par les papes précédents. En ouvrant la porte aux modernistes dans l'épiscopat, la Curie et les séminaires, il leur laissa la main libre pour détruire le catholicisme au concile Vatican II.

 Sous saint Pie X, les rats modernistes s’immergèrent dans l'eau de cale du navire catholique. Après sa mort, ils se frayèrent graduellement un chemin jusqu'aux ponts inférieurs de ce même navire, jusqu'à se précipiter finalement sur le pont supérieur sous Pie XII. Il fut peu efficace pour arrêter le mouvement, mais au contraire le favorisa beaucoup par mollesse, faiblesse et négligence. Après sa mort, avec l'accession de Jean XXIII, les rats modernistes arrivèrent désormais aux commandes : au gouvernail et à la roue. On connaît la suite.

 Le plus grand acte du pape Pie XII. Bien qu'il y ait de nombreux points négatifs dans le règne de Pie XII, il entreprit cependant quelque chose de très courageux en 1954 : la canonisation de saint Pie X. Ce grand pape était perçu par les modernistes comme un oppresseur sévère. Plusieurs des modernistes qui avaient "souffert" sous saint Pie X étaient encore en vie, tel Roncalli. Ils vinrent l'un après l'autre à la congrégation responsable de la canonisation, se plaindre des "horreurs" du règne du pape Pie X. Mais Pie XII les ignora, dispensa la règle des cinquante ans pour les canonisations, et éleva courageusement le grand antimoderniste à l’honneur des autels. Cela revenait à dire : "Je ne suis pas assez fort pour arrêter le modernisme, mais vous avez maintenant un saint qui l'a fait." Il approuva ainsi toute la campagne antimoderniste de saint Pie X, pour laquelle son pontificat a une telle renommée.

 Il ne faut pas s'étonner que, lorsque questionné par un journaliste français athée à propos de saint Pie X, Jean XXIII ait répondu : "Il n'est pas saint !"

 > Source : [pdf] MGR SANBORN - MHTS NEWSLETTER OCTOBRE 2018

1 La Ligue pour la vertu (en anglais, National Legion of Decency) est un groupe de pression créé en 1933 par les représentants de l'Église catholique romaine aux États-Unis. Le but était de purifier les productions cinématographiques qui semblaient exercer une mauvaise influence sur la population en général et les enfants en particulier. Soutenue par le pape Pie XI, qui encourageait même d'autres pays à se doter de leur propre Ligue, la Ligue pour la vertu constituait un des groupes de pression les plus forts de l'époque. En 1934, entre 7 et 9 millions de personnes (catholiques pour la plupart, mais aussi protestants et juifs) avaient prêté serment de condamner et boycotter tout film offensant la morale chrétienne. La Ligue avait son propre système de classification de films, qui concernait autant les films produits aux États-Unis que les productions étrangères importées… (Wikipédia) [NDT]

2 Exception faite pour les plus virulents d'entre eux. Ainsi Congar fut interdit d'enseignement. Idem pour de Lubac et plusieurs autres. Mais ils ne furent pas obligés de se rétracter ni jamais entièrement réduits au silence. [NDT]

3 C'est-à-dire, éligible à la papauté, et ayant une chance sérieuse d’être élu Pape. [NDT]

La crise des gilets jaunes, une conséquence d'un système condamné par l'Eglise

Publié le par Clément LECUYER

 De nombreux commentateurs s'accordent pour expliquer que la crise actuelle dite des gilets jaunes s'explique avant tout par une terrible injustice sociale. Matraqués par toutes sortes de taxes, d'impôts, beaucoup ne s'en sortent plus, tandis qu'une certaine catégorie infime de la population, en lien avec les puissances financières, s'enrichit de jour en jour. Tout cela n'est que l'aboutissement d'un système qui a été fermement et admirablement condamné par la sainte Eglise catholique, Mère de sagesse.
 


 Revenons quelques années en arrière, en mai 1931. Quarante ans après Rerum Novarum, le Pape Pie XI livrait au monde une autre encyclique remarquable: Quadragesimo Anno. Dans Rerum Novarum, Léon XIII avait signalé, sans la définir, "une usure dévorante sous une forme nouvelle" qui venait s’ajouter aux conditions inhumaines dont souffrait alors le monde ouvrier.

 Dans Quadragesimo Anno, Pie XI semble bien avoir identifié cette usure dévorante à la dictature de l’argent et du crédit. Il dénonce cette domination de l’économie par les maîtres absolus de l’argent :

"Ce qui, à notre époque, frappe tout d’abord le regard, ce n’est pas seulement la concentration des richesses, mais encore l’accumulation d’une énorme puissance, d’un pouvoir économique discrétionnaire, aux mains d’un petit nombre d’hommes qui, d’ordinaire, ne sont pas les propriétaires, mais les simples dépositaires et gérants du capital qu’ils administrent à leur gré.  Ce pouvoir est surtout considérable chez ceux qui, détenteurs et maîtres absolus de l’argent, gouvernent le crédit et le dispensent selon leur bon plaisir. Par là, ils distribuent en quelque sorte le sang à l’organisme économique dont ils tiennent la vie entre leurs mains, si bien que, sans leur consentement, nul ne peut plus respirer".


 Il s'agit d'une conséquence du libéralisme économique :

"Cette concentration du pouvoir et des ressources, qui est comme le trait distinctif de l’économie contemporaine, est le fruit naturel d’une concurrence dont la liberté ne connaît pas de limites ; ceux-là seuls restent debout, qui sont les plus forts, ce qui souvent revient à dire, qui luttent avec le plus de violence, qui sont le moins gênés par les scrupules de conscience."


 Une telle conception va entraîner comme résultat une dictature économique, le gouvernement se transformant en percepteur d’impôt :

"L’appât du gain a fait place à une ambition effrénée de dominer. Toute la vie économique est devenue horriblement dure, implacable, cruelle. A tout cela viennent s’ajouter les graves dommages qui résultent d’une fâcheuse confusion entre les fonctions et devoirs d’ordre politique et ceux d’ordre économique ; telle, pour n’en citer qu’un d’une extrême importance, la déchéance du pouvoir : lui qui devrait gouverner de haut, comme souverain et suprême arbitre, en toute impartialité et dans le seul intérêt du bien commun et de la justice, il est tombé au rang d’esclave et devenu le docile instrument de toutes les passions et de toutes les ambitions de l’intérêt. Dans l’ordre des relations internationales, de la même source sortent deux courants divers : c’est, d’une part, le nationalisme ou même l’impérialisme économique, de l’autre, non moins funeste et détestable, l’internationalisme ou impérialisme international de l’argent, pour lequel là où est l’avantage, là est la patrie."

 
Et Pie XI de se faire l'avocat des salariés :

"On n’épargnera donc aucun effort en vue d’assurer aux pères de famille une rétribution suffisamment abondante pour faire face aux charges normales du ménage. Si l’état présent de la vie industrielle ne permet pas toujours de satisfaire à cette exigence, la justice sociale commande que l’on procède sans délai à des réformes qui garantiront à l’ouvrier adulte un salaire répondant à ces conditions."


Il précise plus loin :

"L’objet naturel de toute intervention en matière sociale est d’aider les membres du corps social, et non pas de les détruire ni de les absorber."


Mais que l'on ne vienne pas accuser Pie XI de socialisme !

"Si le socialisme, comme toutes les erreurs, contient une part de vérité (ce que d’ailleurs les Souverains Pontifes n’ont jamais nié), il n’en reste pas moins qu’il repose sur une théorie de la société qui lui est propre et qui est inconciliable avec le christianisme authentique. Socialisme religieux, socialisme chrétien, sont des contradictions : personne ne peut être en même temps bon catholique et vrai socialiste. "


  Tous les malheurs, injustices et violences de notre époque ne doit pas nous faire oublier que le plus grand désordre du présent régime économique, c'est la ruine des âmes :

"La plupart des hommes, en effet, sont presque exclusivement frappés par les bouleversements temporels, les désastres et les calamités terrestres. Mais à regarder ces choses comme il convient, du point de vue chrétien, qu’est-ce que tout cela comparé à la ruine des âmes ? Car il est exact de dire que telles sont, actuellement, les conditions de la vie économique et sociale, qu’un nombre très considérable d’hommes y trouvent les plus grandes difficultés pour opérer l’œuvre, seule nécessaire, de leur salut éternel."


 Le Pape Pie XI rappelle également les causes de ce mal moderne :

"La déchristianisation de la vie sociale et économique et sa conséquence, l’apostasie des masses laborieuses, résultent des affections désordonnées de l’âme, triste suite du péché originel qui, ayant détruit l’harmonieux équilibre des facultés, dispose les hommes à l’entraînement facile des passions mauvaises et les incite violemment à mettre les biens périssables de ce monde au-dessus des biens durables de l’ordre surnaturel.
 De là cette soif insatiable des richesses et des biens temporels qui, de tout temps sans doute, a poussé l’homme à violer la loi de Dieu et à fouler aux pieds les droits du prochain, mais qui, dans le régime économique moderne, expose la fragilité humaine à tomber beaucoup plus fréquemment.
 L’instabilité de la situation économique et celle de l’organisme économique tout entier exigent de tous ceux qui y sont engagés la plus absorbante activité. Il en est résulté chez certains un tel endurcissement de la conscience que tous les moyens leur sont bons qui permettent d’accroître leurs profits et de défendre contre les brusques retours de la fortune les biens si péniblement acquis ; les gains si faciles qu’offre à tous l’anarchie des marchés attirent vers les fonctions de l’échange trop de gens dont le seul désir est de réaliser des bénéfices rapides par un travail insignifiant, et dont la spéculation effrénée fait monter et baisser incessamment tous les prix au gré de leur caprice et de leur avidité, déjouant par là les sages prévisions de la production."


 Pour lire l'encyclique en entier et retrouver les principaux remèdes avancés par Pie XI, cliquez ICI

Réponse définitive sur le Pape Honorius

Publié le par Clément LECUYER

 Nombreux dans la 'Tradition' estiment qu'Honorius (Pape de 625 à 638) a bien et bel été hérétique et que le fait qu'un Pape puisse tomber dans l'hérésie est de l'ordre du possible au regard de la doctrine et de la foi, puisque l'histoire nous offre le cas d'Honorius.

 Beaucoup d'ouvrages et études traitent du Pape Honorius. A tel point que l'on est facilement un peu perdu. A qui faire confiance ? A quel auteur ? Et pourquoi se rapporter à telle personnalité par rapport à une autre ? Nous avons donc tenu à retravailler sur cette question en recherchant ce que les Prélats de l'Eglise ont dit. 

 Nous sommes arrivés à faire appel à une soixantaine de personnalités éminentes de l'Eglise, dont six Papes, deux docteurs de l'Eglise, huit Cardinaux, une vingtaine d'archevêques et d'évêques, une douzaine d'historiens, sans oublier d'autres prélats et théologiens.

> Lire-télécharger notre dossier (64 pages)

 

Papauté : Le faux argument du reniement de saint Pierre

Publié le par Clément LECUYER

 L'infaillibilité pontificale n'a jamais été aussi attaquée depuis la promulgation de ce dogme en 1870. Aujourd'hui, on entend souvent dans les rangs des catholiques dits "traditionalistes" que le premier Pape, saint Pierre, a commis un acte public d’apostasie en reniant Notre Seigneur le vendredi saint. Ainsi, pour eux, il en découle qu'il est donc possible à un Pape de renier publiquement des principes catholiques et de perdre la foi. Et hop, le tour est joué !  Le seul ennui est que rien de tout cela n'est vrai!

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"Saint Pierre a pleuré toute sa vie son reniement, il pleurait encore à l'heure de sa mort, en se ressouvenant de son péché" (sermon du saint curé d'Ars)

 

  Que ce soit dans leurs sermons ou dans leurs écrits, les prêtres de la Fraternité Saint Pie X par exemple avancent cet "argument" régulièrement :

  "Faut-il oublier que le premier Pape, saint Pierre, a renié le Christ trois fois avant que le coq chante" ( Savoir et Servir. Supplément au n° 10 publié sur le site DICI)

  Sur le site Aveclimmaculée, il est fait un parallèle entre le reniement de saint Pierre et la situation actuelle de la papauté :

"O St Pierre, souvenez-vous de cet instant de faiblesse que vous avez eu, lorsque vous avez, sous l'emprise de la peur, renié Jésus par trois fois. Actuellement le pape renie également Notre-Seigneur. Saint Pierre, nous vous aimons et nous vous suivons parce que vous avez amèrement pleuré votre péché."

 Emettre ce parallèle est une absurdité qu'il convient de rejeter avec force. Bien avant nous, certains pirates de la foi, peu enclin à reconnaître l'infaillibilité pontificale dans toute son étendue, avançaient avec une assurance ce faux exemple du "reniement de saint Pierre".

 Au XII° siècle, saint François d'Assise tentait déjà de tordre  le cou à cette idée pernicieuse  :

  "Le reniement fait par saint Pierre le jour de la Passion ne doit pas vous troubler ici, car saint Pierre n’a pas perdu la foi, mais il a seulement péché quant à la confession de la foi. La peur lui a fait désavouer ce qu’il croyait. Il croyait bien, mais il a mal parlé." (La Controverse Catholique)

 Plus tard, au XIX° siècle, le R.P Marin de Boylesve (1813-1892), jésuite, anéantit cette objection dans un de ses ouvrages :

"Le Pape est infaillible dans la foi, c'est à lui d'y affermir les autres évêques, et non aux autres évêques de l'affermir et de le rendre infaillible. Mais, peu d'heures après, Pierre a failli trois fois, il a renié son Maitre. On ne s'explique pas comment cette objection a pu être posée avec quelque sérieux. Les solutions surabondent.

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1°  Pierre alors était-il vicaire de Jésus-Christ? Était-il déjà investi de la souveraineté pontificale, et chargé d'enseigner l'Église ? Évidemment non, puisque Jésus vivait encore et se trouvait présent sur la terre. Pierre n'a pu entrer en charge qu'après l'Ascension de son divin Maître, ou du moins, et tout au plus, après l'investiture expresse que nous entendrons dans un instant.

2° ... Ce n'était certes pas comme docteur universel, mais tout à fait comme particulier et pour son compte personnel, qu'il disait: Je ne connais pas cet homme. Tremblant pour lui-même, il ne songeait pas le moins du monde à enseigner quoi que ce soit à qui que ce fût ; très peu préoccupé, en ce moment, de ce qu'il fallait ou ne fallait pas croire pour être sauvé, il n'avait devant lui que de misérables valets dont pas un n'appartenait à l'Église, qui du reste n'existait pas encore et n'était pas encore formée. Jésus avait dit, il est vrai, que cet apôtre était la pierre sur laquelle il bâtirait son Église ; mais si les matériaux de l'édifice étaient amassés, et si la première pierre était désignée, elle n'était pas encore posée, et le fondement n'était pas établi.

3° Enfin, en cette triste circonstance, la foi a-t-elle manqué à Pierre ? Voyez-vous cette table servie en gras et entourée de convives, qui tous, à l'exception le ce jeune homme, catholique mais timide, sont plus qu'indifférents à l'égard de la loi de l'abstinence. Aujourd'hui c'est vendredi. Le bon jeune homme, fort embarrassé de se trouver là, accepte ce qu'on lui offre et fait gras. Un convive qui, à son embarras même, l'a reconnu pour ce qu'il est, lui rappelle, avec un sourire légèrement railleur, que c'est vendredi. — "Monsieur, répond le jeune homme avec une apparente hardiesse, Monsieur, je ne sais ce que vous dites". — Absolument comme Simon-Pierre !  Oh ! ce n'est pas la foi qui manque à ce chrétien-là, c'est autre chose. Non, mille fois non, Pierre n'a point manqué de foi ; c'est le courage qui chez lui fit défaut.

 Or si Jésus-Christ a garanti à Pierre l'infaillibilité dans la foi. il ne lui a point promis l'impeccabilité dans la conduite et dans la parole. Placés dans des circonstances analogues, d'autres Papes pourront aussi faiblir ; mais pas un ne faillira dans sa foi et dans son enseignement pontifical. (Réponses aux principales objections contre la puissance et contre l'infaillibilité du Pape, R.P. Marin de Boylesve, 1877)

  Peu après, c'est au tour  du Père Garrigou-Lagrange, dominicain et éminent philosophe et théologien thomiste du vingtième siècle de remettre les pendules à l'heure sur ce sujet :

"Le péché de Pierre – un triple reniement du Christ au cours de Sa Passion – fut un péché contre la confession extérieure de la foi : “Je ne connais pas le Christ”. Ce ne fut pas une perte de la foi. L’Apôtre aurait perdu la foi et péché mortellement contre l’acte intérieur obligatoire de la Foi s’il avait admis ce reniement dans son cœur ou s’il avait délibérément douté d’une quelconque vérité révélée au sujet de laquelle il avait reçu une instruction suffisante. Ses imprécations et jurements extérieurs, émis sous le coup de la peur, ne sont nullement une indication que tel eût été le cas."  (Les Vertus Théologiques, R.P. Garrigou-Lagrange, Vol. 1 : Sur la Foi)

 Il y a de quoi être surpris quand de soit-disant traditionalistes se plaisent à propager allégrement des idées fausses maintes fois réfutées dans le passé, au lieu de défendre et rétablir la vérité ! 

 Ainsi donc, au regard de ce que nous enseignent ces auteurs, affirmer que "le premier Pape a renié Notre Seigneur Jésus-Christ" constitue indéniablement :

- une calomnie envers saint Pierre,

- une attaque scandaleuse contre l'institution de la Papauté,

- un argument fallacieux et pernicieux des "minimalistes" en matière d'infaillibilité qui tentent de nous faire croire que le Siège apostolique peut commettre des actes d'apostasie.

 

saint-pierre-vs-assises.png

 Comparer les faux "papes" de Vatican II avec saint Pierre est un abominable blasphème !

 Saint Pierre, lui, a préféré souffrir le martyre et donner sa vie pour Notre-Seigneur. Jean-Paul II et Benoît XVI, eux, ont organisé et présidé tour à tour les plus spectaculaires des apostasies à Assises où toutes les grandes religions païennes du monde s’assemblèrent pour prier leurs "dieux" aux côtés des différentes communautés "chrétiennes".

 Saint Pierre, sauvez l'Eglise !

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Ce qu'est le Pape

Publié le par Clément LECUYER

Depuis des décennies en France et ailleurs, l'hérésie gallicane s'est propagée dans les rangs de ceux qui se proclament  "traditionalistes"  mais qui, dans les faits, piétinent la doctrine traditionnelle. Pour eux, toujours dans les faits mais aussi dans leurs discours, la fonction pontificale est complètement remise en question : le Vicaire du Christ n'a plus de rôle à jouer dans l'Eglise, il devient un détail secondaire puisqu'il faut lui résister, lui désobéir et sans cesse le critiquer.

Afin de ne pas être influencé par ces erreurs maléfiques, il est donc fort utile de lire ce qu'ont toujours enseignés les plus saints Papes, évêques, savants et théologiens.
 
Le Pape est :
 

http://civisme.politique.free.fr/jpg/santa-sede_.jpg

Le très-saint Evêque de l'Église catholique

Concile de Soisson, de 300 évêques

Le très-saint et très-heureux Patriarche.

Ibid., t. VII, Concil.

Le très-heureux Seigneur.

S. August. Epist. XCV.

Le Patriarche universel.

S. Léon P., Epist. LXII.

Le chef de l'Eglise du monde.

Innoc. ad PP. Concit. milevit.

L'Évêque élevé au faite apostolique.

S. Cyprien, Epist. III, XII.

Le Père des Pères.

Concil. de Chalcéd, sess. III.

Le Souverain Pontife des Evêques.

Idem, in præf.

Le Souverain Prêtre.

Concil. de Chalcéd., sess. X VI.

Le Prince des Prêtres .

Etienne, évêque de Carthage.

Le Préfet de la maison de Dieu, et le Gardien de la Vigne du Seigneur. .

Concile de Carthage, Epist. ad Damasum.

Le Vicaire de Jésus-Christ, le Confirmateur de la Foi des chrétiens.

S. Jérôme, Præf. in Evang, ad Da matum.

Le Grand Prêtre.

Valentinien, et avec lui toute l'antiquité.

Le Souverain Pontife,

Concil. de Chalcéd., in Epist. ad Theod. imper.

Le Prince des Évêques.

Ibid.

L'Héritier des Apôtres.

S. Bernard, lib. De Consid.

Abraham par le patriarcat.

S. Ambroise, in I Tim. III.

Melchisédech par l'ordre.

Concil. de Chalced.,Epist. ad Leonem

Moïse par l'autorité.

S. Bernard, Epist. XC.

Samuel par la juridiction.

Id ibid., et in lib. De Consid.

Pierre par la puissance.

Ibid.

Christ par l'onction.

Ibid.

Le Pasteur de la Bergerie de Jésus-Christ.

Id , lib. II, De Consid.

Le Porte-Clef de la Maison de Dieu.

Id , ibid. c. 8.

Le Pasteur de tous les Pasteurs.

Ibid.

Le Pontife appelé à la plénitude de la puissance.

Ibid.

La Bouche et le Chef de l'Apostolat.

Orig., Hom.LV,in Matth.

La Chaire et l'Église principale.

S. Cyprien, Epist. IV, ad Cornel

L'Origine de l'unité sacerdotale.

id , Epist- III, 2.

Le Lien de l'unité.

id.. ibid. IV, 2.

L'Eglise où réside la puissance principale (potentior Principalitas)

Id.ibid.III,8

Saint Pierre fut la Bouche de Jésus-Christ

S. Chrysostome, Hom, II, in divers, se

L'Eglise, Racine, Matrice de toutes les autres.

S. Anaclet, pape, Epist. ad omn, Episc. et fidèles

Le siège sur lequel le Seigneur a construit l'Eglise universelle.

S. Damase, Epist. ad univ. Episc.

Le Point cardinal et le Chef de toutes les Eglises.

S. Marcellin, R. Epist. ad Episc Antioch.

Le Refuge des Evêques.

Conril. d'Alex., Epist, ad Felic. P.

Le Siège suprême apostolique.

S. Athanase.

L'Eglise présidente.

L'empereur Justin, in l. VIII, Cod., de sum. Trinit.

Le Siège suprême qui ne peut être jugé par aucun autre.

S. Léon, in Nat SS. Apost.

L'Eglise proposée et préférée à toutes les autres.

Victor d'Utique, in lib. de Perfect.

Le premier de tous les Sièges.

S. Prosper, in lib. de Ingrat.

La Fontaine apostolique.

S. Ignace, Epist. ad Rom. in subscr.

Le port très-sûr de toute Communion catholique

Concile de Rome, sous S. Gélase.

 

  Du pape. Joseph de Maistre - 1860

 

Saint Pie X face à notre époque

Publié le par Clément LECUYER

  Giuseppe Sarto, plus connu sous le nom de Pape Pie X, naquit le 2 juin 1835 à Riese. Il fut élu pape le 4 août 1903. Son pontificat est absolument remarquable tant par la lutte énergique contre les erreurs du modernisme que par la rénovation liturgique et la promotion de la dévotion à l'Eucharistie. Il mourut le 20 août 1914. Il a été béatifié le 3 juin 1951, puis canonisé le 29 mai 1954 par le Pape Pie XII.

 C'est l'occasion de rappeler quelques uns de ses enseignements tels que :

- le respect et l'obéissance que tous les membres de l'Eglise catholique doivent avoir envers le Siège apostolique,
- la lutte contre l'hérésie moderniste,

- la défense des nations catholiques,
- la communion fréquente.

> Pour poursuivre la lecture de l'article, cliquez ICI

Le Pape Adrien VI et l'infaillibilité pontificale : les mensonges du blog La Question

Publié le par Clément LECUYER

« Le pape Adrien VI ne favorisa jamais, ni de près ni de loin, les opinions gallicanes. Que les partisans du Gallicanisme veuillent donc retirer Adrien de la liste des Papes entachés de leurs erreurs. »
Père H. Montrouzier (jésuite, professeur de théologie, de Droit Canon et d'histoire ecclésiastique), Revue du monde catholique, 1869, Volume 27, p. 326

  Le blog La Question, vient de publier récemment un article dans lequel il tente de nouveau de prouver la possibilité d'un pape hérétique à la tête de l'Eglise. Cette fois-ci, son angle de tir concerne le Pape Adrien VI.
 

« Toutefois, la raison de la célébrité de ce pontife aujourd’hui ne vient pas de ses origines, mais d’une déclaration qu’il écrivit affirmant avec certitude « qu’un pape pouvait errer en matière de foi et tomber dans l’hérésie dans l’exercice de sa charge. »

 
Ce n'est pas la première fois que nous nous opposons aux dires de ce blog. Il y a quelques mois, nous avons déjà réfuté plusieurs de ses articles qui soutenaient qu'un Pape, en tant que tel, pouvait tomber dans l'hérési
 e ou encore qu'il y a déjà eu des Papes hérétiques. Face aux poids de nos arguments tirés de l'Evangile, du magistère de l'Eglise catholique et de l'histoire, les rédacteurs de La Question n'ont jamais su que répondre. Ils se voyaient être dans l'obligation de rejeter et condamner leurs erreurs gravissimes.


 Hélas, loin de se soumettre à la vérité et à la doctrine de l'Eglise catholique, ils ont préféré persévérer dans leurs erreurs publiques, continuer d'attaquer de plus belle la Papauté et notre position, toujours en usant d'amalgames et de contre-vérités.

 Car si on en croit les affirmations du blog La Question que l'on pourrait qualifier de gallican, il existerait un document pontifical soutenant la possibilité d'un pape hérétique à la tête de l'Eglise. Le Pape qui en serait l'auteur serait Adrien VI. Nous allons démontré qu'il n'en est rien.


 Oui, nous affirmons qu'il est faux et manipulateur de faire croire qu'il y aurait un document pontifical déclarant « qu’un pape pouvait errer en matière de foi et tomber dans l’hérésie dans l’exercice de sa charge ».

 Non seulement il n'existe pas de document pontifical du Pape Adrien VI (Adrien Florent) affirmant de tels propos, mais nous allons montré que le texte que La Question cite est très controversé.


> Sommaire de notre dossier :
 

1. Il n'existe pas de document pontifical du Pape Adrien VI affirmant de tels propos.

a/ Des propos tenus par un théologien particulier et non par un Pape
b/ Un texte très controversé publié à l'insu d'Adrien Florent
c/ Dernière tentative de La Question : l'édition de 1522

2. Les sources de La Question inexistantes

3. Rappel de la doctrine de l'Eglise catholique qui condamne La Question

4. Notre conclusion

________________________________
 

« Que dire de ces hommes qui passent leur temps à répéter des calomnies mille fois confondues ?
Est-ce leur ignorance ou leur mauvaise foi qu'il faut stigmatiser ?»

Père H. Montrouzier

 

http://iamachild.files.wordpress.com/2011/05/cristo-ferito-dalle-bombe.jpg?w=498&h=561

« Ceux-là sont la peste et la ruine de l'Eglise qui prétendent et veulent que le Pasteur suprême puisse errer dans ses jugements en matière de foi. »
Saint Alphonse de Liguori, évêque et docteur de l'Eglise


 Mais il n'est jamais trop tard pour se rallier au camp de la vérité... Il n'est jamais trop tard pour défendre notre sainte Mère, la sainte Eglise de Dieu, et la pierre infaillible sur laquelle elle est bâtie : la Papauté !


> Lire notre dossier (fichier PDF de 12 pages) :  Le Pape Adrien VI et l'infaillibilité pontificale : les mensonges du blog La Question 

Contre le faux raisonnement de "l'Eglise décapitée"

Publié le par Clément LECUYER

 Ici où là, on entend ou on lit parfois le raisonnement suivant : "L'Eglise est fondée sur Pierre, c'est-à-dire sur le Pape qui est la tête de l'Eglise. Or, vu que le Pape est la tête de l'Eglise, le fait que depuis 40 ans le Siège apostolique est vacant signifie donc que l'Eglise a, pour ainsi dire la tête décapitée, donc qu'elle est moribonde."

 Plusieurs points de ce raisonnement sont erronés.  Tout d'abord, une chose est absolument certaine : l'Eglise catholique ne peut pas disparaître :

> Léon XIII, pape :"L'Eglise n'est point une sorte de cadavre : elle est le Corps du Christ, animé de sa vie surnaturelle (...) mais comme l'Eglise est telle (corps et âme unis) par la volonté et par l'ordre de Dieu, elle doit rester telle sans aucune interruption, jusqu'à la fin des temps, sans quoi elle n'aurait évidemment pas été fondée pour toujours, et la fin même à laquelle elle tend serait limitée à un certain terme dans le temps et l'espace: double conclusion contraire à la Vérité. Il est donc certain que cette réunion d'éléments visibles et invisibles, étant, par la volonté de Dieu, dans la nature et la constitution intime de l'Eglise, doit nécessairement durer autant que durera l'Eglise elle-même." (Encyclique Satis Cognitum)


Ubi Petrus, ibi Ecclesia: Là où est Pierre, là est l'Eglise. (Saint Ambroise, Psal. XL.)

A noter que le sens à donner à cet enseignement est celui-ci :

  Mgr Félix Dupanloup (1802-1878) : "On dit bien, et il faut le dire : Ubi Petrus, ibi Ecclesia [...] Le vrai et légitime usage pratique de ce mot célèbre, c'est que, dans les divisions produites par les schismes et les hérésies, pour reconnaître où est l'Église, il faut regarder où est le Pape. C'est ainsi que nous sommes certains que l'Église russe, l'Église anglicane ne sont pas l'Église de Jésus-Christ, parce qu'elles n'ont pas le Pape avec elles; et au contraire l'Église catholique romaine est la vraie Église, parce qu'elle reconnaît le successeur de Pierre pour Chef : Ubi Petrus, ibi Ecclesia?"

  Il est bien sûr exact que "l'Eglise est fondée sur Pierre" (Saint Jérôme). 

 Cependant, le fait que Notre Seigneur ait fondé son Eglise sur Pierre et que l'on peut savoir où elle se trouve en suivant le Pape (quand il y en a un) ne signifie pas que le Pape en est la tête.

 Comme l'écrit l'abbé Marchiset dans sa publication Constat doctrinal sur la Tradition catholique :

  "La question est de savoir si la situation qui résulte de l’absence d’un véritable et par conséquent légitime souverain Pontife et de l’occupation du siège de Pierre par un usurpateur signifie la destruction totale, la disparition absolue de l’Eglise, bref si les portes de l’enfer ont prévalu contre Elle, ce qui serait contraire aux promesses de Notre Seigneur Jésus-Christ. Il est donc fort regrettable qu’actuellement ceux qui entreprennent des ouvrages qui traitent de théologie du Corps mystique mais qui dans l’analogie qu’ils font entre la tête d’un corps humain qui reçoit et qui influe dans tous ses membres et le pape dont ils parlent en tant que tête de l’Eglise, ne fasse pas assez bien la distinction, entre le Christ, tête de Son Corps mystique qui est l’Eglise et Son vicaire sur terre, chef ou pasteur de son troupeau, celui dont Il lui a confié la charge."

C'est ce qu'enseigne très bien saint Augustin, docteur de l'Eglise, dans son traité sur l'Eglise:

"La tête qui est-elle [de l'Eglise] ? Celui qui est né de la Vierge Marie. Son corps qui est-il ? Son Epouse, c'est-à-dire l’Eglise (…)".  "Que le Christ parle donc, puisque, dans le Christ parle l’Eglise, et dans l’Eglise parle le Christ : la tête dans le corps et le corps dans la tête." (cité dans L'Eglise selon saint Augustin, de M.F. Berrouard O.P.)

 Le Pape Boniface VIII dit, tout comme son successeur Pie XII, que l'Eglise n'a qu'une tête : le Christ. Cependant,  puisque le Pape régnant tient la place de Notre Seigneur sur terre et est par conséquent la tête visible du corps social de l'Eglise revient à dire que "le Christ et son Vicaire ne forment qu'une Tête"   :

 Boniface VIII : "Cette Eglise, une et unique, n’a qu’un seul corps, une seule tête, et non deux têtes comme si elle était un monstre, c'est-à-dire le Christ et le vicaire du Christ, Pierre et le successeur de Pierre." (Bulle Unam sanctam au Roi de France Philippe IV – 18 novembre 1302)

  Pie XII : "Car Pierre, par la vertu du primat, n'est que le Vicaire du Christ, et il n'y a par conséquent qu'une seule Tête principale de ce Corps, à savoir le Christ; c'est Lui qui, sans cesser de gouverner mystérieusement l'Eglise par lui-même, la dirige pourtant visiblement par celui qui tient sa place sur terre, car depuis sa glorieuse Ascension dans le Ciel, elle ne repose plus seulement sur Lui, mais aussi sur Pierre comme sur un fondement visible pour tous [...] Que le Christ et son Vicaire ne forment ensemble qu'une seule Tête, Notre immortel prédécesseur Boniface VIII l'a officiellement enseigné dans le Lettre Apostolique Unam sanctam." (Encyclique Mystici Corporis - 29 juin 1943)

 Cependant, on ne doit pas penser que l'on peut "s'attacher au Christ, Tête de l'Eglise, sans adhérer fidèlement à son Vicaire sur la terre." (Encyclique Mystici Corporis)

  Effectivement, le fait que le Christ soit la tête de l'Eglise peut amener certains estimer (comme les protestants par exemple) qu'il n'y a pas besoin de reconnaître ou de suivre le Pape. Certains croient pouvoir s’attacher au Christ chef de l’Eglise, et simultanément, mépriser son Vicaire sur la terre ; ils se trompent, comme le juge le Pape XII.  Il est bien évident qu'en règle normale, l'Eglise est pourvue d'un Pape qui dirige le troupeau qui doit lui être soumis ; le Pape est donc la tête visible du corps social de l'Eglise comme l'écrit Pie XII.

 http://fr.academic.ru/pictures/frwiki/86/Vatican_StPaul_Statue.jpg
Saint Paul : "Il [le Christ]est la tête du corps, qui est l'Église; c'est en lui que commence la vie nouvelle, il est le Fils premier-né, le premier à avoir été ramené d'entre les morts, afin d'avoir en tout le premier rang." (Col.1, 18)

  Le Pape est dit "chef de l'Eglise", en tant qu'il est le vicaire, le représentant du seul chef de l'Eglise : le Christ. Toutefois, nous pouvons bien évidemment dire qu'il est le chef de l'Eglise militante.

 L'absence, même prolongée, de Pape ne signifie donc pas "décapitation de l'Eglise". Dans le concret, il est évident que nous pâtissons tous de cette absence mais il ne faut pas oublier que :

1. l’Église catholique et le Siège apostolique sont des personnes morales de droit divin (Droit canon - 100).
2.  Une personne morale, par sa nature, est perpétuelle, elle s’éteint par l’acte de l’autorité légitime qui la supprime, ou si, pendant l’espace de cent ans, elle a cessé d’exister (canon 102).
3. Étant de nature perpétuelle, l’Église catholique ne peut pas disparaître, fût-elle privée temporairement de Pape.

C'est ce qui faisait dire au théologien et canoniste Naz ceci :

"D'après Gierke, la notion Siège apostolique a été dégagée dès le Moyen Age par les canonistes pour marquer la permanence de l'autorité centrale dans l'Église, quels que soient les changements susceptibles de se produire dans les personnes qui l'exercent. Le pouvoir en effet, est attaché à la fonction, non à l'individualité du fonctionnaire. D'où il suit que l'autorité souveraine est attachée à la dignité pontificale et survit à la disparition des personnes qui en sont revêtues."  (Dictionnaire de droit canonique, Tome VII, col.837-838, ed. 1965)

Mgr Gibier (1849-1931) : "Jésus-Christ donne au Pape l'immortalité. [...] Le Pape meurt ... mais, remarquez-le bien, sa primauté n'est pas un privilège personnel. Elle survit à l'homme qui disparaît [...] Le Pape est mort. Vive le pape !" (Conférences aux hommes, l'Église et son oeuvre, tome 4, 1905.)

 Ainsi, notre situation actuelle de vacance de la Chaire de St Pierre ne contredit ni l'indéfectibilité ni la permanence et la sauvegarde de l'Eglise catholique :

R.P. Goupil : "Remarquons que cette succession formelle ininterrompue doit s'entendre   moralement et telle que le comporte la nature des choses : succession de personnes, mode électif, comme l'a voulue le Christ et l'a comprise toute l'antiquité chrétienne. Cette perpétuité n'exige donc pas qu'entre la mort du prédécesseur et l'élection du successeur il n'y ait aucun intervalle, ni même que dans toute la série des pasteurs aucun ne puisse avoir été trouvé douteux ; mais “on entend par là une succession de pasteurs légitimes telle que jamais le siège pastoral, même vacant, même occupé par un titulaire douteux, ne puisse réellement être réputé tombé en déshérence ; c'est-à-dire encore que le gouvernement des prédécesseurs persévère virtuellement dans le droit du siège toujours en vigueur et toujours reconnu, et que toujours aussi ait persévéré le souci d'élire un successeur.” (Ch. Antoine, “De Ecclesia”,  5ème édition, 1946)

Saint Pie X, sur l'obéissance au Pape

Publié le par Clément LECUYER

Souvent, des catholiques "traditionnels" viennent nous expliquer que les fidèles ne sont pas tenus, sauf exceptions,  à obéir au Pape. Rien de surprenant puisque depuis les années 1970, de nombreux auteurs "traditionalistes"  - reconnaissant Paul VI, Jean-Paul II et maintenant Benoit XVI comme Papes mais rejettant les enseignements de Vatican II, la nouvelle "messe", leur œcuménisme, leurs hérésies et leurs réformes - affirment, pour justifier leur position intenable, qu'il est donc permis de désobéir et de résister à un Pape. Grave erreur ! Nous leur avons déjà répondu dans notre dossier intitulé Peut-on résister au Pape ?

  Voici ci-dessous d'autres propos du Pape Saint Pie X qui condamne ainsi l'opinion de la "Fraternité Saint Pie X" sur la résistance à un Pape :

 "Si jamais vous rencontriez des gens qui se vantent d'être croyants, dévoués au Pape, et veulent être catholiques mais considéreraient comme la plus grande insulte d'être appelés cléricaux, dites solennellement que les fils dévoués du Pape sont ceux qui obéissent à sa parole et le suivent en tout, non ceux qui étudient les moyens d'éluder ses ordres ou de l'obliger par des instances dignes d'une meilleure cause à des exemptions ou des dispenses d'autant plus douloureuses qu'elles causent plus de mal et de scandale". (allocation au consistoire, 27 mai 1914)

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