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34 articles avec infaillibilite de l'eglise et du pape

Les portes de l'enfer et Austremoine

Publié le par Clément LECUYER

  "Le sédévacantisme veut dire que le siège est vacant, qu'il n'y a pas de pape, que Benoit XVI n'est pas pape. Une telle position revient à considérer que les portes de l'enfer ont prévalu contre l'Eglise, ce qui est le refus d'un dogme de Foi."
Austremoine, forum FECIT

   L'internaute "Austremoine" nous ressort donc ici ce vieil argument périmé de longue date car réfuté depuis longtemps. Rappelons encore une fois que la position sédévacantiste n'aboutit pas à considérer que l'Eglise n'existe plus ! Ceci est complètement faux ; mais Austremoine n'est pas à sa première contre-vérité, loin de là.


"Jésus-Christ donne au Pape l'immortalité. Le Pape meurt ... mais, remarquez-le bien, sa primauté n'est pas un priviliège personnel. Elle survit à l'homme qui disparaît [...] Le Pape est mort. Vive le pape !"
Mgr Gibier,  l'Église et son oeuvre, tome 4, 1905.

 L'absence de pape ne signifie pas que l'Eglise cesse d'exister donc que les portes de l'enfer ont prévalu contre elle  ; le Siège Apostolique est une institution immortelle de nature perpétuelle.  Ceci n'est pas une opinion, c'est la doctrine catholique et le bon sens.

 En effet, si l'Eglise venait à cesser d'exister lors d'une vacance du Siège Apostolique, cela signifierait logiquement qu'elle aurait disparu et ressuscité plus de 250 fois depuis sa fondation (puisqu'il y a eu la vacance du Siège apostolique a eu lieu plus de 250 fois dans l’histoire de l’Église à la mort des Souverains pontifes) ! Qui voudrait soutenir pareille absurdité ? Le Siège pontifical et l’Église catholique peuvent subsister temporairement sans Pape, et ce, peu importe la durée de vacance. L’Église visible est tantôt dotée, tantôt privée d’un Pape. Cela n'est nullement en contradiction avec la doctrine catholique.

  C'est ce qu'affirme le Code de Droit Canonique de 1917, promulgué par le pape Benoît XV :

"L’Église catholique et le Siège apostolique sont des personnes morales" (canon 100).
"Une personne morale de droit ecclésiastique est de nature perpétuelle" (canon 102).

  Donc étant de nature perpétuelle, l’Église catholique ne peut pas disparaître, fût-elle privée temporairement de Pape.

  Dom Guéranger "... Qu’un Décius produise par ses violences une vacance de quatre ans sur le siège de Rome, qu’il s’élève des anti-papes soutenus les uns par la faveur populaire, les autres par la politique des princes, qu’un long schisme rende douteuse la légitimité de plusieurs Pontifes, l’Esprit-Saint laissera s’écouler l’épreuve, il fortifiera, pendant qu’elle dure, la foi de ses fidèles ; enfin, au moment marqué, il produira son élu, et toute l’Eglise le recevra avec acclamation. " (Année liturgique, éd. 1867, mercredi de la Pentecôte) 

  Cardinal Billot : "Dieu peut permettre que le Siège  apostolique demeure vacant assez longtemps." (De Ecclesio)

 Et le Pape Paul IV précise que cette vacance peut durer fort longtemps. Si un usurpateur était élu illégitimement, le Siège serait vacant,  "et ce quelle que soit la durée de cette situation" (Cum ex apostolatus, § 6).

 De plus, la vacance actuelle a été prédite et annoncée par Notre Seigneur lui-même, par plusieurs Souverains Pontifes tels que Léon XIII,  ainsi que par d'imminents prélats comme le cardinal Pie et Mgr de Ségur.

 Le Pape Léon XIII : "L'Eglise, épouse de l'Agneau Immaculé, la voici saturée d'amertume et abreuvée de poison, par des ennemis très rusés ; ils ont porté leurs mains impies sur tout ce qu'elle désire de plus sacré. Là où fut institué le siège du bienheureux Pierre, et la chaire de la Vérité, là ils ont posé le trône de leur abomination dans l'impiété ; en sorte que le pasteur étant frappé, le troupeau puisse être dispersé. (Exorcisme de Léon XIII contre Satan et les anges apostats, 1884)

"D'après l'enseignement des apôtres, dit la voix des siècles, un jour viendra où Satan, plein de rage contre Jésus-Christ et les chrétiens, regagnera le terrain qu'il a perdu, affermira son règne et l'étendra au loin. Alors il se jettera sur Rome, parce qu'elle est sa rivale et le séjour des Pontifes. Il s'en rendra maître, chassera le Vicaire de Jésus-Christ, persécutera les vrais fidèles et égorgera les religieux et les prêtres". Cornelius a Lapide, Suarez, saint Robert Bellarmin. Cité par Mgr Gaume, La Situation, p. 28, 1860.

 "Le Christ a permis ceci: que l’Antéchrist, tête de tous les schismatiques, siègerait dans le temple de Dieu, que les siens (les vrais chrétiens) seraient exilés, et que ceux qui ne sont pas les siens occuperaient un jour le siège de Pierre." (Pierre le vénérable, De miraculis libri duo, livre II, ch.16; Bol. T.14, page 473).
 
  Austremoine devrait savoir que prévaloir signifie remporter la victoire finale. Jésus-Christ n'a jamais dit que l'enfer ne gagnerait pas de victoire sinon Il aurait proclamé que "les portes de l'Enfer ne vaudront pas sur l'Eglise". Bien au contraire n'a-t-Il pas déclaré ceci : "Lorsque le Fils de l’Homme viendra sur terre, trouvera-t-Il encore la foi" (Luc XVIII, 8) ?
 
 Qu'Austremoine arrête donc de réitérer ses erreurs mensongères. Non seulement il propage l'erreur en affirmant que la position Sede Vacante considère que les portes de l'enfer ont prévalu contre l'Eglise, mais il devrait admettre plutôt que les faux "traditionalistes", dont il fait partie, soutiennent, eux, que les portes de l'enfer ont prévalu contre l'Eglise. En effet, n'affirment-ils pas que l'Eglise catholique propage l'erreur depuis Vatican II ? Citons Léon XIII : "Et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle".   Voici la portée de cette divine parole : l'Eglise, appuyée sur Pierre, quelle que soit la violence, quelle,que soit l'habileté que déploient ses ennemis visibles et invisibles, ne pourra jamais succomber ni défaillir en quoi que  ce soit." (Encyclique Satis Cognitus).
 
Par ses propos, Austremoine symbolise bel et bien cette dérive de cette fausse "Tradition" méprisant la doctrine traditionnelle de l'Eglise. 

Le Pape Adrien VI et l'infaillibilité pontificale : les mensonges du blog La Question

Publié le par Clément LECUYER

« Le pape Adrien VI ne favorisa jamais, ni de près ni de loin, les opinions gallicanes. Que les partisans du Gallicanisme veuillent donc retirer Adrien de la liste des Papes entachés de leurs erreurs. »
Père H. Montrouzier (jésuite, professeur de théologie, de Droit Canon et d'histoire ecclésiastique), Revue du monde catholique, 1869, Volume 27, p. 326

  Le blog La Question, vient de publier récemment un article dans lequel il tente de nouveau de prouver la possibilité d'un pape hérétique à la tête de l'Eglise. Cette fois-ci, son angle de tir concerne le Pape Adrien VI.
 

« Toutefois, la raison de la célébrité de ce pontife aujourd’hui ne vient pas de ses origines, mais d’une déclaration qu’il écrivit affirmant avec certitude « qu’un pape pouvait errer en matière de foi et tomber dans l’hérésie dans l’exercice de sa charge. »

 
Ce n'est pas la première fois que nous nous opposons aux dires de ce blog. Il y a quelques mois, nous avons déjà réfuté plusieurs de ses articles qui soutenaient qu'un Pape, en tant que tel, pouvait tomber dans l'hérési
 e ou encore qu'il y a déjà eu des Papes hérétiques. Face aux poids de nos arguments tirés de l'Evangile, du magistère de l'Eglise catholique et de l'histoire, les rédacteurs de La Question n'ont jamais su que répondre. Ils se voyaient être dans l'obligation de rejeter et condamner leurs erreurs gravissimes.


 Hélas, loin de se soumettre à la vérité et à la doctrine de l'Eglise catholique, ils ont préféré persévérer dans leurs erreurs publiques, continuer d'attaquer de plus belle la Papauté et notre position, toujours en usant d'amalgames et de contre-vérités.

 Car si on en croit les affirmations du blog La Question que l'on pourrait qualifier de gallican, il existerait un document pontifical soutenant la possibilité d'un pape hérétique à la tête de l'Eglise. Le Pape qui en serait l'auteur serait Adrien VI. Nous allons démontré qu'il n'en est rien.


 Oui, nous affirmons qu'il est faux et manipulateur de faire croire qu'il y aurait un document pontifical déclarant « qu’un pape pouvait errer en matière de foi et tomber dans l’hérésie dans l’exercice de sa charge ».

 Non seulement il n'existe pas de document pontifical du Pape Adrien VI (Adrien Florent) affirmant de tels propos, mais nous allons montré que le texte que La Question cite est très controversé.


> Sommaire de notre dossier :
 

1. Il n'existe pas de document pontifical du Pape Adrien VI affirmant de tels propos.

a/ Des propos tenus par un théologien particulier et non par un Pape
b/ Un texte très controversé publié à l'insu d'Adrien Florent
c/ Dernière tentative de La Question : l'édition de 1522

2. Les sources de La Question inexistantes

3. Rappel de la doctrine de l'Eglise catholique qui condamne La Question

4. Notre conclusion

________________________________
 

« Que dire de ces hommes qui passent leur temps à répéter des calomnies mille fois confondues ?
Est-ce leur ignorance ou leur mauvaise foi qu'il faut stigmatiser ?»

Père H. Montrouzier

 

http://iamachild.files.wordpress.com/2011/05/cristo-ferito-dalle-bombe.jpg?w=498&h=561

« Ceux-là sont la peste et la ruine de l'Eglise qui prétendent et veulent que le Pasteur suprême puisse errer dans ses jugements en matière de foi. »
Saint Alphonse de Liguori, évêque et docteur de l'Eglise


 Mais il n'est jamais trop tard pour se rallier au camp de la vérité... Il n'est jamais trop tard pour défendre notre sainte Mère, la sainte Eglise de Dieu, et la pierre infaillible sur laquelle elle est bâtie : la Papauté !


> Lire notre dossier (fichier PDF de 12 pages) :  Le Pape Adrien VI et l'infaillibilité pontificale : les mensonges du blog La Question 

La conférence lamentable de Mgr Fellay à Kansas City (USA) en Octobre 2010

Publié le par Clément LECUYER

Nous publions aujourd’hui une analyse de l’un de nos nouveaux collaborateurs. Elle concerne les propos tenus par Mgr Fellay lors d’une conférence donnée aux USA en octobre 2010.

Ce document souligne parfaitement le faux enseignement et finalement les positions non-catholiques diffusés actuellement par la FSSPX et Mgr Fellay.
 
Mgr Fellay – Kansas City – Octobre 2010

Il traite tout particulièrement de la question de l’infaillibilité du Souverain Pontife.

Mgr Fellay et la FSSPX ont une fausse notion, héritée de Mgr Lefebvre, de l’infaillibilité de l’Église. Cette fausse notion les conduit à avoir des positions non-catholiques (comme sur la canonisation des saints ou sur l’Église catholique supposée pécheresse) opposées directement à la foi. Si les « papes » conciliaires et la fausse « église » Conciliaire mènent certes les âmes « dans les ténèbres de l’apostasie », on peut en dire malheureusement de même de la FSSPX et de Mgr Fellay.

Nous tenons ici à remercier vivement ce nouveau collaborateur pour son travail.

  1. Lire le message
  2. Télécharger le message en PDF PDF

 

À DIFFUSER TRÈS LARGEMENT AUTOUR DE VOUS !
In Christo Rege

Résistance catholique

L'infaillibilité de l'Eglise dans les canonisations des saints et la conséquence sur notre présente situation

Publié le par Clément LECUYER

 Alors que la prochaine béatification de l'antichrist Wotjyla par les siens approche, ceux qui reconnaissent Benoît XVI comme vrai Pape ne peuvent pas dissimuler leur gêne. En effet, "si l’Eglise n’est pas garantie de l’erreur, quand elle élève un de ses serviteurs au nombre des bienheureux, car alors elle ne porte pas une sentence définitive, elle l’est quand elle canonise un saint" (Nicolas Iung dans Le magistère de l’Eglise, p. 175-176).
 


"Tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux "
(Notre Seigneur à St Pierre et à ses successeurs)

 Or, la béatification de Wojtyla préfigure très probablement une prochaine canonisation. Face à cela, la Fraternité Saint Pie X, qui est bien évidemment opposée à la béatifiation puis à la canonisation de Jean-Paul II, tente d'anticiper en prétextant que les canonisations n'engagent pas vraiment l'infaillibilité pontificale, opinion qui légitimerait alors la non reconnaissance du "saint Jean-Paul II".

32. Si la canonisation engage l’infaillibilité pontificale, peut-on refuser les nouveaux saints canonisés par le pape ?

Mgr Fellay : "C'est vrai qu'il y a un problème sur la question des canonisations actuelles. Cependant on peut se demander s'il y a une véritable volonté d'engager l’infaillibilité dans les termes utilisés par le souverain pontife. On a changé ces termes pour la canonisation, ils sont devenus beaucoup moins forts qu’auparavant. Je pense que cela va de pair avec la mentalité nouvelle qui ne veut pas définir dogmatiquement en engageant l'infaillibilité. Cependant reconnaissons qu’on reste là sur des pistes… Il n'y a pas de réponse satisfaisante, si ce n’est celle de l’intention de l’autorité suprême d’engager ou non son infaillibilité." (Entretien accordé par Mgr Bernard Fellay au District des Etats-Unis le 2 février 2011)

  Encore une fois, Mgr Fellay adopte un discours flou et incertain.  Le supérieur de la Fraternité est décidemment loin d'appliquer le commandement de Notre Seigneur "que votre oui soit oui, que votre non soit non (Matthieu,  5 - 37). Un Pape engage-t-il son infaillibilité quand il promulgue une canonision ? A cette question, Mgr Fellay ne répond ni par l'affirmatif, ni par la négation... Il laisse planer le doute, tout comme le faisait M. l'abbé de Cacqueray en 2008 : 

Abbé de Cacqueray : "On risque donc de se retrouver, avec les canonisations récentes, devant des interrogations graves: s’agit-il d’un saint au sens classique, ou s’agit-il d’un parangon des « nouvelles vertus » issues du Concile ? [...]  Que faire dans une telle situation embrouillée et confuse ?  Rejeter tous les saints proclamés depuis le Concile? Ce serait sot et bien imprudent. Pourrait-on impunément mépriser Frédéric Ozanam, le père Brottier, le père Miguel Pro, le padre Pio, le pape Pie IX, le père Cormier, Mgr Moreno y Diaz, don Michele Rua, le cardinal Schuster, dom Marmion, par exemple?
Accepter ces nouveaux saints en bloc ? Ce serait risquer d’avaler l’erreur au milieu de la vertu la plus héroïque.
Sélectionner les saints qui nous plaisent, qui nous conviennent, en rejetant ceux que nous estimons indignes d’être saints? Ce serait nous substituer au Magistère, seul compétent.

La Fraternité Saint-Pie X a choisi de ne pas choisir, et d’attendre les décisions d’un Magistère redevenu clair." (Fideliter n° 182)

  Avant d'entrer dans le vif du sujet, force est de constater que l'abbé de Cacqueray se contredit en quelques lignes. En effet, il commence par affirmer qu'on ne peut pas accepter la plupart des nouvelles canonisations car cela reviendrait à "avaler l'erreur au milieu de la vertu la plus héroïque" (chose impossible comme nous le verrons plus loin) puis il vient à nous expliquer qu'on ne peut pas "sélectionner" les saints sans risque de se substituer au Magistère.

http://www.christ-roi.net/images/8/86/Beno%C3%AEt_XIV_(Pape_1740-1758).jpg  Il est faux d'affirmer que le Magistère catholique n'a pas rendu un avis sur la question. Le Pape Benoît XIV dans son œuvre monumentale intitulée De servorum Dei beatificatione et beatorum canonization déclare que le Pape est infaillible dans la canonisation des Saints et que cela est objet de foi divine de telle façon que celui qui le nierait serait hérétique. Comme nous pouvons le lire sous la plume de M. l'abbé Ricossa dans les revues n°53 et 54 de Sodalitium, pour Benoît XIV, le fait que le Pape soit infaillible dans la canonisation des Saints est une vérité de foi divine, comme l’est le fait que tel canonisé soit réellement un Saint. Mais il admet comme licite l’opinion de ceux qui pensent au contraire qu’il s’agit d’une vérité de foi ecclésiastique (c’est-à-dire à croire non à cause de l’autorité divine mais à cause de l’autorité de l’Eglise infaillible); dans ce dernier cas, celui qui nierait les vérités susdites serait seulement… suspect d’hérésie et défenseur d’une proposition erronée méritant les plus graves censures. Au final, par respect pour les autres écoles qui ont une opinion différente, il conclut (Livre I, chap. 45, n° 28) que ce sur quoi tout le monde s’accorde et qu’il faut tenir au minimum est ceci :

"quiconque oserait prétendre que le Pape s’est trompé dans telle ou telle canonisation, ou que tel ou tel saint canonisé par le Pape ne doit pas être vénéré par un culte de dulie, celui-là, disons-nous, s’il n’est hérétique, [comme le pense notre auteur le Pape Benoît XIV] doit être considéré [comme l’admettent même ceux qui enseignent qu’il n’est pas de foi que le Pape soit infaillible dans la canonisation des Saints ou qu’il n’est pas de foi que tel ou tel autre canonisé est un Saint] comme un téméraire qui scandalise toute l’Eglise, outrage les Saints, favorise les hérétiques qui nient l’autorité de l’Eglise dans la canonisation des Saints, sent une odeur d’hérésie en ce qu’il donne aux incrédules occasion de se moquer des fidèles, soutient une proposition erronée et mérite les plus graves censures."

 Tout au long de l'histoire de l'Eglise, à notre connaissance, aucun théologien catholique n'a soutenu que l’on puisse impunément enseigner que le Pape peut errer en matière de canonisation des Saints.

 C'est ce que nous pouvons lire dans l’Enciclopedia Cattolica à la rubrique Canonisation :

"C’est cependant la doctrine commune des théologiens que le Pape est vraiment infaillible dans la canonisation, puisqu’il s’agit d’un acte très important relatif à la vie morale de l’Eglise universelle, en ce sens que le saint n’est pas seulement proposé à la vénération parce qu’il jouit de la gloire céleste mais aussi en tant que modèle des vertus et de la sainteté réelle de l’Eglise. Or il serait intolérable que, dans cette déclaration qui implique toute l’Eglise, le Pape ne soit pas infaillible. Cette doctrine ressort d’un grand nombre de bulles de canonisation, même du Moyen-Age, des déductions des canonistes, depuis le Moyen-Age, des théologiens depuis saint Thomas d’Aquin. Benoît XIV enseigne qu’il est certainement hérétique et téméraire de soutenir le contraire."

 En résumé, trois arguments incontestables peuvent être mentionnés :

  "L'Eglise est infaillible dans la canonisation des Saints. [...] La thèse se prouve : 1° Par la nature même de la canonisation. L'Eglise est infaillible dans tous ceux qui se rapportent à la Foi et aux Moeurs. Or la canonisation se rapporte à la Foi et aux Moeurs : à la Foi, "parce que l'honneur que nous rendons aux Saints est une certaine profession de foi par laquelle nous croyons en la gloire des Saints" (Saint Thomas, Quodl. 9. 6) ; aux Moeurs, car par la canonisation les Saints nous sont proposés comme des exemples de la vie parfaite.

Ergo. 2° Par la manière d'agir des Pontifes. Parfois, les Pontifes affirment cette infaillibilité dans les Bulles mêmes de canonisation (cf. Sixte IV, pour la canonisation de Saint Bonaventure), mais toujours, dans l'acte même de la canonisation, ils emploient les paroles solennelles : "De par l'autorité de Notre Seigneur Jésus-Christ, Nous décrétons, déclarons, définissons...", par l'usage desquelles ils imposent à chaque fois la vérité qui doit être fermement tenue par les fidèles (quotiescumque veritatem firmiter tenendam fidelibus imponunt). Or l'Eglise ne pourrait pas obliger de la sorte les fidèles à croire absolument les canonisés parmi les Saints, si Elle ne jugeait pas de cela infailliblement. Ergo.

3° En raison de la sentence quasi unanime des théologiens qui enseignent que l'on ne pourrait pas nier l'infaillibilité de l'Eglise dans la canonisation des Saints, ou sans hérésie, ou au moins sans témérité, scandale et impiété. (Hervé, Man. Théol. Dogm. 1927, p. 460s)" (
Source:  Le grand Catalogue de l'Abbé Zins. pages 523,525)

  Il est donc frappant de remarquer qu'encore une fois, la Fraternité Saint Pie X, afin d'essayer de justifier ses positions, adopte  de faux principes objectivement hétérodoxes. Si Benoît XVI est Pape de l'Eglise catholique, il est donc inenvisageable de rejeter ses "canonisations". Ainsi, le fait que notre foi nous commande de refuser et de dénoncer la prochaine béatification, mais surtout canonisation de Wojtyla équivaut par le fait même à rejeter une fois de plus la papauté de Benoît XVI.

>  NOUVEAU : Complément : les "papes" de Vatican II refusent-ils d'engager leur supposée infaillibilité lors des canonisations comme l'affirme la FSSPX ? Comparaison entre la canonisatin de saint Jean de Dieu par le Pape Pie XI et la "canonisation" de Josémaria Escriva de Balaguer par le non Pape "Jean-Paul II"

 A lire :  L'Eglise est infaillible dans la canonisation des saints par le R.P Goupil, 1941

Un Pape peut être "mauvais" mais ne peut pas défaillir dans la Foi

Publié le par Clément LECUYER

  Un Pape ne peut pas défaillir dans la foi, c'est ce qu'affirment Notre Seigneur, les Papes, les docteurs de l'Eglise et le Concile Vatican I. A l'inverse, il est possible qu'un mauvais Pape dirige l'Eglise ; cela s'est produit plusieurs fois au cours de l'histoire.

  http://www.christ-roi.net/images/1/13/Mgr_de_Segur.jpg

Mgr de Ségur, peu après le Concile Vatican I, écrivait ce qui suit :

 "De même qu'un mauvais prêtre ne cesse pas pour cela d'être prêtre, de sorte que sa messe, ses absolutions, etc., sont valides; de même un Pape, qui aurait le malheur de n'être pas vertueux et saint, ne cesserait pas pour cela d'être Pape, et, comme tel, de jouir de tous les privilèges accordés par le bon Dieu à la Papauté. Quelque mauvais qu'on le suppose, il n'en serait pas moins le Pape, le représentant visible de Jésus-Christ, le Pasteur et le Docteur infaillible de toute l'Église. Méprisable comme homme, il serait toujours vénérable comme Pape, et Notre-Seigneur, dont les promesses sont immuables, le rendrait aussi facilement infaillible que s'il avait affaire à un homme saint et pur.
Dans la longue série des deux cent cinquante-huit papes qui, depuis saint Pierre jusqu'à ce jour, ont gouverné l'Eglise de Dieu, il y a eu deux Papes qui ont été notoirement indignes de leur sainte mission; et Dieu a permis que ces deux indignes n'aient eu à définir aucune vérité durant leur Pontificat.
Jamais un Pape ne s'est trompé en enseignant la foi, parce que le bon Dieu y a pourvu, en maintenant son Vicaire, quel qu'il fût, bon ou mauvais, au-dessus de l'infirmité naturelle de l'intelligence humaine, qui peut toujours se tromper, qui peut toujours faillir.
Ainsi, au point de vue de l'autorité et de l'infaillibilité, il importe très-peu que le Pape soit bon ou mauvais, juste ou pécheur." (Le Pape est infaillible. Opuscule populaire. 1870 dans Comment un mauvais Pape peut être et est infaillible, tout comme un bon)

"Tout en étant infaillible comme Vicaire de JÉSUS-CHRIST, le Pape ne cesse pas d'être peccable, parce qu’il ne cesse pas d'être homme. S'il eût été nécessaire au bien de l'Église et au salut du monde que le Chef de l'Église fût impeccable, qui doute que Dieu ne l'est fait impeccable comme il l'a fait infaillible. Cela n'était pas nécessaire: il ne l'a pas fait.
Que faut-il, en effet, à l'Église? Qu’elle ait une règle certaine et infaillible en matière de croyance; et elle l'a, au moyen de l'infaillibilité de son Chef; puis, qu'elle ait une autorité souveraine, indiscutable, certainement sainte, en matière de direction et de conduite; et cette autorité, elle la trouve dans la suprême autorité, à laquelle il n'est jamais permis de désobéir. Voilà ce qui est nécessaire à l'Eglise. Mais on ne voit pas à quoi lui servirait l'impeccabilité de son Chef. Si le Pape était impeccable, cette grâce lui serait certainement très-précieuse; mais elle ne servirait guère qu'à lui. Pour la conduite de l'Eglise, son infaillibilité et son autorité souveraine suffisent complètement." (Le Pape est infaillible. Opuscule populaire. 1870 dans Si le Pape est impeccable parce qu'il est infaillible)

 La position dite "sédévacantiste" n'a jamais consisté à se baser sur le (faux) principe qu'un mauvais Pape ne peut pas être Pape ! Pour avoir soutenu une telle idée, Jean Huss fut excommunié par l'Eglise en 1415 :

 "Si le pape est mauvais, et surtout s'il est réprouvé, il est, comme Judas l'Iscariote, un diable, un voleur et un fils de perdition, et non la tête de la sainte Eglise militante puisqu'il n'en est même pas membre."
"Un pape ou un prélat mauvais réprouvé n'est pasteur que d'une manière équivoque ; en réalité, c'est un voleur et un brigand." (Erreurs condamnées par le Concile de Constance, 15ème session, 6 juillet 1415 décret confirmé par Martin V le 22 février 1418.)

 
 Ce genre d'erreurs n'était pas rare à cette époque puisqu'un certain John Wyclif soutenait les mêmes erreurs :


"Si le pape est réprouvé (prescitus) et mauvais, et par conséquent membre du diable, il n'a pas de pouvoir sur les fidèles qui lui ait été donné par quelqu'un d'autre que, peut-être, César." (Erreur condamnée par le Concile de Constance, 15ème session, 6 juillet 1415 décret confirmé par Martin V le 22 février 1418.)

 

http://spirite.free.fr/images2/sujet88/jean5.jpg  Le cas d'un mauvais Pape n'est pas le même que celui d'un prétendu "pape" proclamant ouvertement l'hérésie et détruisant l'Eglise catholique. Effectivement, l'Eglise a condamné cette première affirmation et a approuvé et définit la seconde.

 Il n'y a donc aucun lien entre le prénommé Jean Huss avec la position catholique dite "sédévacantiste". Il est malheureux si ce n'est diffamant de prétendre le contraire, comme le fait notamment le site La Question.

  N'oublions pas que Jean Huss pensait qu'un Pape pouvait défaillir (ce que soutient aujourd'hui beaucoup de "traditionalistes"). Or, cette proposition a été condamnée par le Concile de Constance :

 "Les apôtres et les prêtres fidèles du Christ ont di­rigé fermement l’Église pour les choses nécessaires au salut avant que la fonction de pape ne soit introduite; et ils feraient ainsi jusqu’au jour du jugement en cas de défaillance tout à fait possible du pape" (Erreur condamnée par le Concile de Constance, 15ème session, 6 juillet 1415 décret confirmé par Martin V le 22 février 1418.)

  Répétons-le : parce qu'ils ont enseigné, défendu et approuvé l'hérésie, Paul VI, Jean-Paul I, Jean-Paul II ne pouvaient pas détenir l'autorité pontificale. Il en de même aujourd'hui : Benoît XVI ne peut pas être considéré comme Pape. Nous n'avons donc pas à faire à des mauvais Papes mais à des imposteurs qui ont pour but de détruire l'Eglise catholique.

 Il ne s'agit aucunement de "s'ériger en juge". La foi et la doctrine catholiques nous commandent de rejeter l'enseignement, les réformes et les hérésies des "papes" de Vatican II, par conséquent, la foi nous indique que ces "papes" ne sont pas les Vicaires du Christ. Cette conclusion, absolument certaine, découle d’un raisonnement simple mais rigoureux dont le  prémisse est une de foi divine.


Articles connexes :

> Réfutation de certaines erreurs colportées par le site La Question
> Infaillibilité du "Concile" Vatican II : réfutation d'un article de La Question
> Nouveau rite : réfutation d'un article du site Laquestion

 

Réfutation de certaines erreurs colportées par le site La Question

Publié le par Clément LECUYER

  Depuis Vatican II, ceux qui occupent le Vatican professent publiquement l'hérésie : modernisme, liberté religieuse, œcuménisme, culte de l'homme, libéralisme, etc. Nombreuses sont donc les personnes estimant qu'un pape peut défaillir de la foi ; le site La Question défend cette opinion erronée. Selon lui, un Pape peut enseigner l'hérésie et détruire l'Eglise : "Même s’il tombe dans une hérésie notoire, ce qu’à Dieu ne plaise, le Pape ne perd jamais son pontificat". (La Question, dans Le sédévacantisme est luthérien)

1. Réponse au site La Question qui affirme qu'un Pape peut tomber dans l'hérésie

NSJC

  Dire qu'un Pape peut être hérétique, détruire l'Eglise, c'est  contredire Notre Seigneur lui-même !

Pourtant, c'est ce que fait le site La Question !

 Au lieu de développer des longues thèses théologiques, voyons tout simplement ce que nous enseigne Notre Seigneur et l'Eglise catholique sur ce sujet.

Notre Seigneur) a promis dans l'Evangile que saint Pierre et ses successeurs ne pourraient pas dévier de la foi : "Mais j'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point" (Luc XXII, 32). 

 Dieu ne peut évidemment pas permettre le contraire de ce qu'il a promis. Voici le commentaire du Pape saint Léon IX à la promesse de Notre Seigneur :

 "Quelqu’un sera-t-il donc assez fou pour oser penser que la prière de celui pour qui vouloir c’est pouvoir, puisse être sans effet sur un point ? Le Siège du prince des apôtres de l’Eglise romaine, n’a-t-il pas, soit par Pierre lui-même, soit par ses successeurs, condamné, réfuté et vaincu toutes les erreurs des hérétiques? N’a-t-il pas confirmé les cœurs des frères dans la foi de Pierre, qui jusqu’à maintenant n’a pas failli et qui, jusqu’à la fin ne faillira pas?" (Lettre In terra pax du 2 septembre 1053)

 Le Pape Saint Grégoire VII rajoute :

 "L'Évangile nous apprend que le Seigneur a prié pour Pierre, lorsqu'il a dit au moment de sa Passion : J'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point; à ton tour, confirme tes frères. Par là il insinuait manifestement que les successeurs de Pierre ne dévieraient pas un seul instant de la foi catholique, mais que bien plutôt ils y ramèneraient les autres, qu'ils y affermiraient les esprits vacillants ; et en lui accordant ainsi la puissance de confirmer ses frères, il imposait à ceux-ci l'obligation d'obéir à Pierre." (Ad Patriarcham Constantinopolitanum)

Les docteurs de l'Eglise et les Papes disent de même 

 Saint Cyprien, évêque, Père et Docteur de l'Eglise :

"La chaire de Pierre est cette Église principale d’où est sortie l’unité sacerdotale auprès de laquelle l'erreur ne peut avoir accès"(Lettres 40 et 55).

Saint Alphonse de Liguori, évêque et docteur de l'Eglise :

"Ceux-là sont la peste et la ruine de l’Église qui prétendent et veulent que le Pasteur suprême puisse errer dans ses jugements en matière de foi."(Source)

http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Ligori/stalphonsus2.jpg

Le site La Question contribue à la peste et la ruine de l'Eglise... dixit Saint Alphonse !

- Saint Léon Ier, Pape :

"Au cours de tant de siècles, aucune hérésie ne pouvait souiller ceux qui étaient assis sur la chaire de Pierre, car c’est le Saint-Esprit qui les enseigne."(Sermon 98)

- Paul IV, Pape :

 "Il ne faut pas que l’on puisse reprocher au pontife romain de dévier dans la foi. Il est sur terre le Vicaire de Dieu et de Notre Sei­gneur Jésus-Christ; il a la plénitude de l’autorité sur les nations et les royaumes." (Constitution apostolique Cum ex apostolatus)

 En 1870,  le Concile Vatican I définit définitivement que le Siège Apostolique est "TOUJOURS pur de toute erreur doctrinale selon la divine promesse du Seigneur [...] sa foi est à JAMAIS indéfectible"(extrait de la Constitution dogmatique Pastor aeternus).

 Il va sans dire que la chaire de Pierre ou encore le Siège Apostolique désigne la personne du Pape :

 "Sous le nom de Siège Apostolique ou de Saint-Siège sont désignés dans le Code non seulement le pontife romain, mais encore, à moins que la nature des choses ou le contexte n’indiquent le contraire, les Congrégations, Tribunaux et Offices par lesquels le pontife romain a coutume de traiter les affaires de l’Église universelle." (Canon 7 du Droit Canonique de 1917)

●  Application à la situation actuelle de l'Eglise 

  Nous avons vu qu'il est de foi que le pape, vicaire du Christ, représentant de Dieu sur terre, ne peut pas enseigner officiellement des hérésies. Or, ceux qui occupent la chaire de saint Pierre depuis Vatican II professent publiquement de nombreuses erreurs contre la foi. Ils ne peuvent donc pas détenir l'Autorité pontificale ; Paul VI, Jean-Paul II et Benoît XVI ne sont pas de vrais Papes catholiques.

2. Réponse au site La Question qui estime qu'un Pape ne peut pas perdre son pontificat en cas d'hérésie

 Longtemps débattu par les théologiens, cette question (un "Pape hérétique" perd-il son ponficat ?) n'a plus lieu d'être pour deux raisons :

  1. elle n'est pas appliquable à la situation actuelle. Effectivement, tous ces théologiens qui ont débattu à leur époque considéraient le cas de l'hérésie du Pape en tant que personne privée ; or, aujourd'hui, nous avons à faire à des hérésies publiques prononcées non en tant que personne privée mais en tant que (prétendu) "pape".   

  2. Sans avoir rien défini de façon officielle et explicite, l'Eglise a plus ou moins statué sur cette question lors du Concile Vatican I. Au cours des délibérations de ce Concile, Mgr Zinelli fit cette intervention au nom de la Députation de la foi, contre la thèse du "docteur privé hérétique" :

  "Et n'ont aucun poids valide les cas hypothétiques du pontife tombé dans l'hérésie en tant que personne privée ou étant incorrigible, qui peuvent être mis en parallèle avec les cas autres, tels celui du pontife tombé en démence etc... Faisant confiance à la providence surnaturelle, nous estimons, avec une probabilité largement suffisante, que cela (un pape hérétique) n'arrivera jamais" (rapport de Mgr Zinelli, relateur de la députation de la foi, au premier concile du Vatican, in: Gerardus Schneemann (ed.): Acta et decreta sacrosancti oecumenici concilii Vaticani cum permultis aliis documentis concilium ejusque historiam spectantibus, Freiburg 1892, col. 357).

ConcileVaticanI.jpg image by quantacura
L'Eglise a tranché : Roma locuta est, causa finita est !

  Un concile oecuménique a une autorité infiniment supérieure à celle de n'importe quel théologien, qui n'est pas, lui, infaillible dans tout ce qu'il écrit.

 L'opinion de ceux qui estiment qu’un pape, en tant que tel, peut tomber dans l'hérésie n'est plus une opinion libre, mais une opinion contraire à la foi solennellement définie par un concile œcuménique.

 Mgr de Ségur, prélat ami du Pape Pie IX :

"Tout le monde est donc obligé, sous peine de péché mortel, sous peine d'hérésie et d'apostasie, de croire, du fond du cœur, sans aucune restriction, que le Souverain Pontife ne peut errer lorsqu'il enseigne l'Église. On doit le croire, parce que c'est une vérité divine et révélée, une, vérité définie par l'Eglise. On doit le croire de cœur, et le professer de bouche, comme on croit toutes les autres vérités de la foi: la Trinité, l'Incarnation, la présence réelle, etc." (Le pape est infaillible - Chapitre IX - cet ouvrage a été approuvé par Pie IX par un bref)

 Cependant, faisons tout de même remarquer que l'opinion - "même hérétique, un Pape ne perd pas son pontificat" - du Cardinal Cajetan (XV°- XVI° siècle) citée par La Question concernait le cas hypothétique d'un pape en tant que personne prive et qu'elle était loin d'être partagée par les autres théologiens de son époque.

Saint Alphonse de Liguori,  évêque et docteur de l'Église, parlat du pape en tant que docteur privé:

"Il est hors de doute que si un pape était hérétique déclaré, comme le serait celui qui définirait publiquement une doctrine opposée à la loi divine,  il pourrait, non pas être déposé par un concile, mais être déclaré déchu du pontificat en sa qualité d'hérétique." (Oeuvres complètes T. IX p. 262)

 De même, saint Robert Bellarmin, évêque, jésuite et docteur de l'Eglise, tout en rejetant la possibilité qu'un Pape tombe dans l'hérésie, déclarait hypothétiquement que dans cette situation, le Pape perdrait ipso facto sa papauté :

"La quatrième opinion est celle de Cajetan, selon laquelle le Pape manifestement hérétique n'est pas déposé ipso facto, mais peut et doit être déposé par l'Eglise. À mon avis, cette opinion ne peut se défendre. Puisqu'à prime abord, il est prouvé, avec arguments d'autorité et de raison, que l'hérétique manifeste est déposé ipso facto. L'argument d'autorité est tiré de Saint Paul (Tite, c. 3), lequel ordonne que soit évité l'hérétique après deux avertissements, c'est-à-dire après qu'il se soit manifesté obstiné, et donc avant toute excommunication ou sentence juridique. Et c'est ce que Saint Jérôme écrit, en ajoutant que tous les autres pécheurs sont exclus de l'Eglise par sentence d'excommunication, tandis que l'hérétique, de par son son propre mouvement, s'exile de lui-même et se sépare de lui-même du Corps du Christ. Maintenant, un Pape demeurant Pape ne peut être évité, alors comment donc serions-nous tenus d'éviter notre propre tête ? Comment pourrions-nous nous séparer nous-mêmes d'un membre qui nous est uni ? (extrait de Saint Robert Bellarmin, De Romano Pontifice, livre II, chap. 30 à lire en entier ICI

  Dans le Dictionnaire de Droit Canonique, nous lisons  :

"Résumons en guise de conclusion, l’explication que les meilleurs théologiens et canonistes ont donnée à cette difficulté (Bellarmin, De Romano Pontifice, l. II, c.30; Bouix, De papa, t. II, Paris, 1869, p. 653; Wernz-Vidal, Jus Decretalium, l. VI, Jus poenale ecclesiae catholicae, Prati, 1913, p. 129). Il ne peut être question de jugement et de déposition d’un pape dans le sens propre et strict des mots. Le vicaire de Jésus-Christ n’est soumis à aucune juridiction humaine. Son juge direct et immédiat est Dieu seul. Si donc d’anciens textes conciliaires ou doctrinaux semblent admettre que le pape puisse être déposé, ils sont sujets à distinction et rectification. Dans l’hypothèse, invraisemblable d’ailleurs, où le pape tomberait dans l’hérésie publique et formelle, IL NE SERAIT PAS PRIVÉ DE SA CHARGE PAR UN JUGEMENT DES HOMMES, MAIS PAR SON PROPRE FAIT, PUISQUE L’ADHÉSION FORMELLE À UNE HÉRÉSIE L’EXCLUERAIT DU SEIN DE L’ÉGLISE." (R. NAZ, Dict. de Droit Canonique, t. IV, col. 1159)

 L'opinion de Cajetan est donc rejetée par des docteurs renommés de l'Eglise.  Mais rappelons-le une dernière fois encore :  ce débat de la perte ou non de la charge pontificat d'un Pape n'a pas lieu d'être et la position dite 'sédévacantiste' n'utilise pas ces arguments avancés par saint Robert Bellarmin ou par les autres docteurs de l'Eglise car nous croyons fermement qu'il est impossible qu'un Pape tombe dans l'hérésie et détruise l'Eglise.

3. Réponse à quelques objections

A. "Vous jugez le Pape - Vous êtes des luthériens - Vous conduisez au conclavisme"

La Question, dans son article Le sédévacantisme est luthérien !  :

"Parce que l’attitude sédévacantiste n’est pas basée sur des principes sûrs et objectifs, mais sur le subjectivisme de nature réformée qui fait imaginer dans la tête de certains que le Pape est déposé, elle fonctionne comme un puissant repoussoir à l’égard de l’Eglise et agit dans l’esprit selon le mode de la  « Désolation Spirituelle » qui est un mal intérieur de l’âme extrêmement grave. De plus, conduisant à la division de l’unité ecclésiale par le conclavisme, qui fait éclater l’ensemble du Corps mystique en une myriade de sectes, elle doit être expressément écartée, combattue avec fermeté et rejetée avec la plus extrême intransigeance car d’essence luthérienne !"

 La Question, sans prouver quoi que ce soit, nous taxe de luthériens ! Pourquoi ? Pas l'ombre du commencement d'une démonstration ! Paradoxalement, notre dernier article démontre, preuves à l'appui, que prétendre refuser un concile œcuménique approuvé par un vrai Pape, c'était donner raison à Luther ! Et pourtant, ce raisonnement luthérien est défendu par le site La Question, qui persiste dans son erreur et qui n'a pas pu réfuter, ceci est normal, notre dossier de réponse.

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"Il est nécessaire de s'en tenir avec une adhésion inébranlable à TOUT ce que les pontifes romains ont enseigné ou enseigneront, et, toutes les fois que les circonstances l'exigeront, d'en faire profession publique"
(Léon XIII, encyclique Immortale dei, novembre 1885)

  Ajoutons que le libre-examen d'essence luthérien est du côté de la FSSPX et de la CRS (entre autres). Ce n'est pas nouveau : la FSSPX passe au crible fin les écrits et déclarations de celui qu'elle considère être Pape ! Le site La Question lui aussi ne manque pas de critiquer les prétendus Papes et leurs réformes comme ici par exemple :

"Certes, la Réforme liturgique dans son ensemble, la réforme des rites du sacrement de l’ordre incluse, est moralement inacceptable et s’éloigne de façon impressionnante de la foi catholique telle qu’elle a été définie par le Concile de Trente. [...] ces rites sont, bien que douteux et hautement contestables sur le plan liturgique – ceci est certain – des rites de l’Eglise catholique, ils ne peuvent être ni illicites ou encore moins invalides." (La Question, dans Les sacrements de l’Eglise sont valides)

  N'est-ce pas critiquer les décrets de  l'Eglise catholique, pour La Question ? N'est-ce pas du libre examen ? 

  Par ailleurs, il va sans dire que le conclavisme n'a rien à voir avec la position dite "sédévacantiste". Qui plus est, nous dénoncons tous ces groupuscules qui sont tombés dans cette absurdité contraire à la foi catholique, à l'unité et à l'ordre de l'Eglise.

B. Vous allez à l'encontre de la succession apostolique

"Redisons-le avec tous les docteurs et théologiens de l’Eglise, la lignée corporelle de l’Eglise, non seulement de ses membres mais encore et surtout de la hiérarchie, ne peut jamais tolérer une interruption physique. Si, par une hypothèse absurde, cette lignée était interrompue même seulement pour un court laps de temps, l’Eglise ferait défaut et ne pourrait pas être rétablie. Cette continuité du corps de l’Eglise, qui est essentiellement hiérarchique, est analogique au feu, qui une fois qu’il a été éteint reste éteint." (La Question, dans Le sédévacantisme est luthérien)

"L’affirmation hâtive de la thèse sédévacantiste ne permet pas de résoudre une interrogation majeure et centrale, celle de savoir comment l’Église peut-elle continuer d’exister sans un pape à sa tête ? Si l’on suit la conviction des partisans de la vacance du Saint-Siège l’Eglise n’existerait plus. Mais dès lors qu’il y a l’Eglise, et Eglise il y a, il y bien un Pape qui la gouverne." (La Question, dans Le sédévacantisme est un péché mortel)

"De fait il est impossible que depuis quarante ans l’Eglise reste sans pape." (Abbé Barrère - Extrait du Sainte Anne n° 206 de février 2009)

  On nous ressort donc un vieil argument périmé de longue date car réfuté depuis longtemps. La position sédévacantiste ne consiste nullement à dire que la succession apostolique est interrompue et que l'Eglise n'existe plus ! Ceci est complètement faux. Si l'Eglise cesse d'exister lors de la vacance de la chaire de Saint Pierre, si la succession apostolique s'interrompt dans cette même situation, cela signifie logiquement que l’Église aurait disparu et ressuscité plus de 250 fois depuis sa fondation (puisqu'il y a eu la vacance du Siège apostolique a eu lieu plus de 250 fois dans l’histoire de l’Église à la mort des Souverains pontifes) ! Qui voudrait soutenir pareille absurdité ? Le Siège pontifical et l’Église catholique peuvent subsister temporairement sans Pape. L’Église visible est tantôt dotée, tantôt privée d’un Pape. Cela n'est nullement en contradiction ave la doctrine catholique.

  R.P Goupil : "Remarquons que cette succession formelle ininterrompue doit s'entendre moralement et telle que le comporte la nature des choses : succession de personnes, mode électif, comme l'a voulue le Christ et l'a comprise toute l'antiquité chrétienne. Cette perpétuité n'exige donc pas qu'entre la mort du prédécesseur et l'élection du successeur il n'y ait aucun intervalle, ni même que dans toute la série des pasteurs aucun ne puisse avoir été trouvé douteux ; mais “on entend par là une succession de pasteurs légitimes telle que jamais le siège pastoral, même vacant, même occupé par un titulaire douteux, ne puisse réellement être réputé tombé en déshérence ; c'est-à-dire encore que le gouvernement des prédécesseurs persévère virtuellement dans le droit du siège toujours en vigueur et toujours reconnu, et que toujours aussi ait persévéré le souci d'élire un successeur.” (Ch. Antoine, “De Ecclesia”).

  R.P. Zapelena : "Il s'agit d'une succession qui doit durer continuellement jusqu'à la fin des siècles. Il suffit, évidemment, d'une continuité morale, qui n'est pas interrompue durant le temps pendant lequel est élu le nouveau successeur." (De Ecclesia Christi, pars apologetica, Roma, Universita Gregoriana, 1955, p. 315)

  Dom Guéranger "Jésus avait dit : “Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise” ; mais Pierre devait mourir. La promesse n’avait donc pas pour objet sa personne seulement, mais toute la suite de ses successeurs jusqu’à la fin des siècles. Quelle étonnante et énergique action du divin Esprit produit ainsi, anneau par anneau, cette dynastie de princes spirituels arrivée à son deux cent cinquantième Pontife, et devant se poursuivre jusqu’au dernier jour du monde ! Aucune violence ne sera faite à la liberté humaine ; le divin Esprit lui laissera tout tenter ; mais il faut cependant qu’il poursuive sa mission. Qu’un Décius produise par ses violences une vacance de quatre ans sur le siège de Rome, qu’il s’élève des anti-papes soutenus les uns par la faveur populaire, les autres par la politique des princes, qu’un long schisme rende douteuse la légitimité de plusieurs Pontifes, l’Esprit-Saint laissera s’écouler l’épreuve, il fortifiera, pendant qu’elle dure, la foi de ses fidèles ; enfin, au moment marqué, il produira son élu, et toute l’Eglise le recevra avec acclamation." (Année liturgique, éd. 1867, mercredi de la Pentecôte) 

Cardinal Billot : "Dieu peut permettre que le Siège  apostolique demeure vacant assez longtemps." (De Ecclesio)

Le Code de Droit Canon, promulgué par le pape Benoît XV affirme de même :

"L’Église catholique et le Siège apostolique sont des personnes morales" (canon 100).
"Une personne morale de droit ecclésiastique est de nature perpétuelle" (canon 102).

  Donc étant de nature perpétuelle, l’Église catholique ne peut pas disparaître, fût-elle privée temporairement de Pape.

 Et le Pape Paul IV précise que cette vacance peut durer fort longtemps. Si un usurpateur était élu illégitimement, le Siège serait vacant, et ce "quelle que soit la durée de cette situation" (Cum ex apostolatus, § 6).

http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/11/bernin-chaire-de-st-pierre.jpg
La Chaire de St Pierre à Rome

 Ainsi, il est certain que :

- la succession de Pierre doit durer jusqu'à la fin des siècles,
- elle n'est pas rompue pendant l'intervalle de temps séparant la mort d'un Pape de l'élection de son successeur, et ce, peu importe cette durée de vacance.

  Enfin, la vacance actuelle a été prédit et annoncée par Notre Seigneur lui-même, par les Souverains Pontifes Léon XIII et saint Pie X, sans oublier des prélats tels que Mgr de Ségur.

 Le Pape Léon XIII : "L'Eglise, épouse de l'Agneau Immaculé, la voici saturée d'amertume et abreuvée de poison, par des ennemis très rusés ; ils ont porté leurs mains impies sur tout ce qu'elle désire de plus sacré. Là où fut institué le siège du bienheureux Pierre, et la chaire de la Vérité, là ils ont posé le trône de leur abomination dans l'impiété ; en sorte que le pasteur étant frappé, le troupeau puisse être dispersé." (Exorcisme de Léon XIII contre Satan et les anges apostats, 1884)

"D'après l'enseignement des apôtres, dit la voix des siècles, un jour viendra où Satan, plein de rage contre Jésus-Christ et les chrétiens, regagnera le terrain qu'il a perdu, affermira son règne et l'étendra au loin. Alors il se jettera sur Rome, parce qu'elle est sa rivale et le séjour des Pontifes. Il s'en rendra maître, chassera le Vicaire de Jésus-Christ, persécutera les vrais fidèles et égorgera les religieux et les prêtres". Cornelius a Lapide, Suarez, saint Robert Bellarmin. Cité par Mgr Gaume, La Situation, p. 28, 1860.

 "Le Christ a permis ceci: que l’Antéchrist, tête de tous les schismatiques, siègerait dans le temple de Dieu, que les siens (les vrais chrétiens) seraient exilés, et que ceux qui ne sont pas les siens occuperaient un jour le siège de Pierre." (Pierre le vénérable, De miraculis libri duo, livre II, ch.16; Bol. T.14, page 473).

 

C. Défendre la position "sédévacantiste" consiste à soutenir que les portes de l'enfer ont prévalu contre l'Eglise, ce qui est contraire à la promesse de Notre Seigneur

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"Et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle".   Voici la portée de cette divine parole : l'Eglise, appuyée sur Pierre, quelle que soit la violence, quelle que soit l'habileté que déploient ses ennemis visibles et invisibles, ne pourra jamais succomber ni défaillir en quoi que ce soit."
(Léon XIII -  Satis Cognitus)

Nous avons répondu à cette objection dans le point précédent. L'absence de pape ne signifie pas que l'Eglise cesse d'exister donc que les portes de l'enfer ont prévalu contre elle (cf. Droit Canon, R.P. Goupil, etc)

 Prévaloir signifie remporter la victoire finale. Jésus-Christ n'a jamais dit que l'enfer ne gagnerait pas de victoire sinon il aurait dit que "les portes de l'Enfer ne vaudront pas sur l'Eglise". Bien au contraire n'a-t-Il pas déclaré ceci : "Lorsque le Fils de l’Homme viendra sur terre, trouvera-t-Il encore la foi" (Luc XVIII, 8) ? 

 Finissons en citant le Cardinal Pie, évêque de Poitiers (1815-1880) :

"Mais ce qui est certain, c'est qu'à mesure que le monde approchera de son terme, les méchants et les séducteurs auront de plus en plus l'avantage. On ne trouvera quasi plus de foi sur la terre, c'est-à-dire elle aura presque complètement disparu de toutes les institutions terrestres. Les croyants eux-mêmes oseront à peine faire une profession publique et sociale de leurs croyances. La scission, la séparation, le divorce des sociétés avec Dieu, qui est donné par saint Paul comme un signe précurseur de la fin, «nisi venerit discessio primum» ira se consommant, de jour en jour. L'Église, société sans doute toujours visible, sera de plus en plus ramenée à des proportions simplement individuelles et domestiques. Elle, qui disait à ses débuts : Le lieu m'est étroit, faites-moi de la place où je puisse habiter : Angustus mihi locus, fac spatium ut habitem, elle se verra disputer le terrain pied à pied, elle sera cernée, resserrée de toutes parts : autant les siècles l'avaient fait grande, autant on s’appliquera à la restreindre. Enfin, il y aura pour l'Église de la terre comme une véritable défaite, il sera donné à la Bête de faire la guerre avec les saints et de les vaincre. L'insolence du mal sera à son comble.

 Or, dans cette extrémité des choses, dans cet état désespéré, sur ce globe livré au triomphe du mal et qui sera bientôt envahi par les flammes, que devront faire encore tous les vrais chrétiens, tous les bons, tous les saints, tous les hommes de foi et de courage ?

 S'acharnant à une impossibilité plus palpable que jamais, ils diront avec un redoublement d'énergie et par l'ardeur de leurs prières et par l'activité de leurs œuvres et par l'intrépidité de leurs luttes : O Dieu ! ô notre Père qui êtes dans les cieux, que votre nom soit sanctifié sur la terre comme au ciel ; que Votre règne arrive sur la terre comme au ciel ; que Votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel, sicut in cœlo et in terra... Sur la terre comme au ciel ! ils murmureront encore ces mots et la terre se dérobera sous leurs pieds. Et, comme autrefois à la suite d'un épouvantable désastre, on vit tout le sénat de Rome et tous les ordres de l'État s'avancer à la rencontre du consul vaincu, et le féliciter de ce qu'il n'avait pas désespéré de la république ; ainsi, le sénat des cieux, tous les chœurs des anges, tous les ordres des bienheureux viendront au devant des généreux athlètes qui auront soutenu le combat jusqu'au bout, espérant contre l'espérance même : contra spem in spem. Et alors, cet idéal impossible, que tous les élus de tous les siècles avaient obstinément poursuivi, deviendra enfin une réalité. Dans ce second et dernier avènement, le Fils remettra le Royaume de ce monde à Dieu Son Père, la puissance du mal aura été évacuée à jamais au fond des abîmes ; tout ce qui n'aura pas voulu s'assimiler, s'incorporer à Dieu par Jésus-Christ, par la foi, par l'amour, par l'observation de la loi, sera relégué dans le cloaque des immondices éternelles. Et Dieu vivra et Il régnera pleinement et éternellement, non seulement dans l'unité de Sa nature et la société des trois personnes divines, mais dans la plénitude du corps mystique de Son Fils incarné et dans la consommation des saints ! " (Histoire du Cardinal Pie, t. III, pp. 527 à 529)

"Papes hérétiques" : concernant des prétendues citations des Papes Adrien VI et Pie IX

Publié le par Clément LECUYER

  http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/39/Hadrian_VI.jpg/280px-Hadrian_VI.jpg   Face aux hérésies et au modernisme des prétendus "papes" qui se succèdent sur la chaire de Pierre depuis Vatican II (Paul VI, J-P II et Benoît XVI), certains prétendent qu'il est possible que le Vicaire du Christ puisse tomber dans l'hérésie. Ainsi, pour tâcher de prouver ses dires, l'abbé Boulet (FSSPX) dans une de ses études en 2004 se base essentiellement sur des propos qu'aurait tenus le Pape Adrien VI († 1523). Le site La Question vient récemment d'y faire référence afin de tenter de réfuter la position "sédévacantiste". Voici cette fameuse citation  :
 

  "Si dans l'Église Romaine, on considère la tête ou le pontife, il est hors de question qu'un Pape peut errer dans les domaines touchant à la foi. Il le fait quand il enseigne une hérésie par son jugement propre ou par ses décrets. En vérité, beaucoup de Pontifes Romains ont été hérétiques. Le dernier en date était le Pape Jean XXII (†1334). "

 Nous pouvons constater que l'abbé Boulet - tout comme le site laquestion - n'indique aucune source. Faut-il s'en étonner ? Non, car d'après les recherches de l'abbé Zins, cette citation provient d'un ouvrage mis l'index par l'Eglise. La source exacte de cette citation du pape Adrien VI est celle-ci : Quaest. in IV Sent.; cité in Viollet, L'infaillibilité pontificale et le Syllabus :
 

" La Sacrée Congrégation des Éminentissimes et Révérndissimes cardinaux de la Sainte Église, préposés et délégués par Notre Très Saint Père le Pape Pie X et le Saint-Siège apostolique à l'indication des livres contenant une doctrine mauvaise, à leur proscription, à leur expurgation et à la permission de les lire dans tout l'univers chrétien, réunie dans le palais apostolique du Vatican, le 5 avril 1906, a condamné et condamne, a proscrit, et a ordonné et ordonne d'ajouter à l'Index des livres défendues les ouvrages suivants : Paul Viollet, L'infaillibilité du Pape et le Syllabus. Etude historique et théologique. Besançon-Paris, 1904

 C'est pourquoi, que nul, de n'importe quel grade ou condition, n'édite à l'avenir, en n'importe quel lieu et en n'importe quelle langue, les oeuvres susdites, condamnés et proscrites, ne les lise et n'ose les garder, sous les peines indiquées dans l'Index des livres défendus.

  Sur l'ordre de Notre Saint Père le Pape Pie X, je, sécrétaire, ai relaté tout ce qui précède. Sa Sainteté a approuvé le décret et a ordonné de le promulger. "

 Donné à Rome le 5 avril 1906.

 André, card. Steinhuber, Préfet

Par ailleurs, il y a quelques années, l'abbé Belmont  avait réagi en écrivant un article dans son bulletin Notre-Dame de la Sainte Espérance, (n° 219) :

" En vérité, c’est chez les ennemis de l’Église qu’on trouve citée cette (prétendue) déclaration d’Adrien VI.Ainsi dans la justification des évêques schismatiques d’Utrecht :  

« Déclaration des évêques de Hollande adressée à toute l’Église catholique et acte d’appel des bulles d’excommunication lancées contre eux par Léon XII les 25 août 1825 et 13 janvier 1826 ». En vérité, ces révoltés ne mettent pas dans la bouche d’Adrien VI le nom de Jean XXII, que l’auteur canadien place [sans vergogne] à l’intérieur de ses guillemets.

 On trouve encore le texte latin de cette "citation" dans une histoire protestante des dogmes chrétiens (celle d’Eugène Haag) et ce texte latin porte : plures enim fuerunt pontifices romani hæritici, ce qui en vérité veut dire plusieurs, et non pas beaucoup.

 En vérité, on retrouve cette citation chez les gallicans de tout poil, trop contents de l’aubaine.

 En vérité, aucun de ceux qui citent ce texte ne fait référence à un acte pontifical. Il semble plutôt qu’ils l’attribuent à un livre publié par Adrien VI (Adriaan Florensz) De ministro Confirmationis (sent. iv, art. 3) que d’ailleurs ils citent de seconde main (au mieux) à travers l’historien Jean de Launoi, qui fut le maître ès gallicanismes de Bossuet au collège de Navarre, et un précurseur des encyclopédistes.

 Pour ma part, je n’ai rien trouvé de semblable ni d’approchant dans mon Grand Bullaire Romain."

  Mais ce n'est pas tout. L'abbé Boulet et le site laquestion tentent de nous faire croire que "le Bienheureux Pape Pie IX (†1878) a reconnu le danger qu'un pape soit hérétique et "enseigne (…) contrairement à la foi Catholique", et il a ordonné: "ne le suivez pas".  Il dit encore: "si, dans le futur, un pape enseigne quoi que ce soit contre la foi Catholique, ne le suivez pas." (Lettre à Mgr. Brizen)."
 

http://www.larousse.fr/encyclopedie/data/images/1008626.jpg 


  Etonnante déclaration  du Pape qui a promulgué  le dogme de l'infaillibilité pontificale ! Il s'agirait d'une lettre que le pape Pie IX aurait adressée à un certain Mgr Brizen. Là encore, aucune référence donnée. Rien d'étonnant puisque, après de longues recherches,  nous ne trouvons aucune trace d'un Mgr Brizen au XIX° siècle ! En revanche, sous le pontificat de Pie IX, un diocèse portait comme nom  "Brixen", diocèse ayant eu deux évêques :  Mgr Bernhard Galura (év. de 1829 à 1856) et Mgr Vinzenz Gasser (év. de 1856 à 1879).
 
M. l'abbé Belmont :


"En vérité, le Canadien, qui prend ce texte à son compte, ne cite pas un seul fait : ce serait dangereux, ses lecteurs pourraient aller vérifier ; on est prié de le croire sur parole. Voilà quelqu’un qui insulte l’Église, et il voudrait qu’on le croie sur sa seule parole. C’est une sorte de cléricalisme à rebours.

 Non seulement ce serait dangereux de citer un nom, mais il faudrait aussi en être capable. Les théories des ennemis de l’Église à propos des Papes Vigile, Honorius ou saint Libère ont été réfutées par les meilleurs historiens catholiques, en particulier par Dom Guéranger (La Monarchie pontificale ou encore Défense de la sainte Église romaine). Quant à Jean XXII (le Pape qui a canonisé saint Thomas d’Aquin), il s’agit d’un fameux sermon qui mit la chrétienté en feu, mais qu’on ne peut déclarer hérétique, sinon par anachronisme.

 L’auteur canadien appartient à ces gens pour lesquels la théologie consiste à tenter de prendre leur Mère en défaut, je veux dire à chercher (et à prétendre trouver) des exemples historiques dans lesquels l’Église se serait trompée, afin d’y découvrir un prétexte à faire ce que bon leur semble – c’est-à-dire n’importe quoi. Ce n’est pas de la théologie, c’est de l’impiété.

 Tout cela est malhonnête et d’une nullité affligeante.

 Voici un exemple de cette nullité : le « Mgr Brizen », appelé au secours comme destinataire d’une lettre de Pie IX, n’existe pas. Il s’agit de Mgr Vincenz Gasser (1809-1856-1879) prince-évêque de Brixen ou Bressanone (Tyrol du sud, aujourd’hui en Italie). Et la lettre que Pie IX est censé lui avoir adressée est inconnue au bataillon : serait-elle, elle aussi, le fruit d’un cauchemar qui a impressionné un esprit faible?"

 Notre-Dame de la Sainte Espérance, (n° 219)

 

 Affligeant ! Aller chercher des prétendues déclarations chez les ennemis de l'Eglise ou en inventer pour crédibiliser des thèses fausses, voilà où mène le combat de ceux qui rejettent coûte que coûte la position catholique dite sédévacantiste

  "Un Pape peut enseigner des hérésies" nous dit-on. Non ! Aucune déclaration sérieuse de Papes ou de docteurs de l'Eglise ne peut être trouvée en faveur de cette affirmation car le Siège apostolique "est toujours pur de toute erreur doctrinal [...] sa foi est à jamais indefectible" (Constitution dogmatique Pastor Aeternus - Concile vatican I).

______________________

 Rappel sur deux raisonnements qui aboutissent, avec certitude, à la position dite "sédévacantiste" :

    Premier raisonnement :

1. Le Pape, en tant que tel, ne peut ni enseigner, ni promulguer une hérésie (vérité de foi enseignée par  Notre Seigneur, les docteurs de l'Eglise, les Papes et le Concile Vatican I)
2. Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul II et Benoît XVI ont enseigné et/ou promulgué des hérésies et des erreurs contre la Foi.

3. Ils ne peuvent donc pas détenir l'autorité pontificale. Ce ne sont pas de vrais Papes.

Plus de précisions ICI 

    Second raisonnement :

1. Tout catholique doit être soumis au Pape
2. La foi nous commande de rejeter les déclarations de Paul VI, Jean-Paul II et Benoît XVI et de leur résister

3. La foi nous assure donc que ces prétendus Papes sont démunis d'autorité pontificale.

Plus de précisions ICI

> EDIT du 17 octobre 2011 : Le Pape Adrien VI et l'infaillibilité pontificale : les mensonges du blog La Question

L'Église et le Pape

Publié le par Christus.vincit

Un excellent livre à découvrir et à lire : L'Eglise et le Pape du Révérend Père Marin de Boylesve (de la Compagnie de Jésus). Publié en 1862.

Extrait concernant l'attitude catholique vis-à-vis de l'infaillibilité du Pape :

"Appliquez la comparaison. Rome a parlé. Quand je dis Rome, j'entends le Pape.


Que les peuples et les rois, que les fidèles et les prélats, réunis ou dispersés, ajoutent ou n'ajoutent pas à la définition romaine l'approbation expresse ou tacite de leur consentement, le refus ou l'accession du reste de l'Église ne saurait pas plus accroître qu'amoindrir la solidité de la parole fondamentale.

Cette parole du Pape est la pierre et la base de l'infaillibilité catholique.

Si vous ne consentez pas, si vous n'êtes pas d'accord avec Pierre, ce n'est pas lui qui se trompe, c'est vous; ce n'est pas lui qui croulera, c'est vous.

- Consentez-vous, êtes-vous d'accord, pensez-vous, parlez-vous comme Pierre ?
Tout change; par votre consentement, ou plutôt par votre soumission, vous devenez infaillible, mais infaillible par l'infaillibilité de Pierre, et non par la vôtre.
Or ceci s'adresse à quiconque n'est pas le Pape, à tous les fidèles, à tous les Évêques, à tous les Patriarches, dispersés, ou réunis en concile."


Sept arguments théologiques contre l'hérésie du "Pape hérétique"

Publié le par christus.vincit

  Albert Pighius, (1490 - 1542), théologien très apprécié par les papes de l'époque, (cité par St Bellarmin) avance sept arguments contre l'opinion funeste du "pape pouvant tomber dans l'hérésie" :


1. Le pape est la règle de la foi de tous les fidèles catholiques: s'il errait, un aveugle garderait un autreaveugle (ce qui serait contraire à la providence divine);

2. Que Pierre ne puisse pas errer est une croyance de l'Église universelle (tous les catholiques de tous les temps et de tous les lieux l'ont cru: donc cela est vrai) ;

3. La promesse du Christ en Matth. XVI, 18 : « Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux: ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux » ;

4. La promesse du Christ en Luc XXII, 32 : «Mais j'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point; et toi, quand tu seras converti , affermis tes frères »;

5. La nécessité de garder la cohésion: il faut un centre stable et solide (Rome), pour contrecarrer les forces centripètes (tant de peuples divers, vivant parfois dans des contrées hérétiques, ont besoin d’un pôle qui les maintienne dans la foi);

6. Il faut éviter les hérétiques (Tite III: 2. Théssaloniciens III). "Or il ne nous est permis en aucun cas de nous séparer de la tête du corps de l'Église: se séparer est être schismatique". Pierre est le fondement uni indissolublement à l'Église, contre laquelle les portes de l'enfer (… les hérétiques) ne prévaudront point: "ce qui ne se peut, si le pape était hérétique";

7. L’hérétique ou le schismatique n’ont pas le pouvoir de lier ou de délier (Sts. Athanase, Augustin, Cyprien, Hilaire). Or la plénitude de la puissance est nécessaire à la tête de l'Église visible. Donc Dieu ne permettra pas que le pape tombe dans l’hérésie.


Source : hierarchieae ecclesiasticae assertio, Cologne 1538 - livre IV, ch.8

 L'opinion d'un Pape hérétique va donc à l'encontre de la Foi. De plus, le magistère de l'Eglise a répondu à cette question que ce soit lors du dogme sur l'infaillibilité ou dans de nombreuses lettres, encycliques... Le Pape, le Vicaire du Christ, le Docteur des docteurs, l'Evêque des évêques ne peut pas dévier de la Foi et tomber dans l'hérésie

Saint Robert Bellarmin : un non-catholique ne peut pas être pape

Publié le par c.m

Saint Robert Bellarmin, docteur de l'Eglise enseigne qu'il est impossible qu'un non-catholique, à plus forte raison un antichrist, PUISSE ETRE VICAIRE DU CHRIST. Il ne s'agit pas d'une "opinion" mais d'une vérité de Foi.
 En effet, le pape Paul IV écrivit une constitution "Cum ex apostolicum",
défini­tion dogmatique solennelle ex cathedra, valable à perpétuité, dans laquelle il jugeait qu'un hérétique ne peut pas être pape
La FSSPX en enseigneant l'inverse  commet donc une grave erreur si ce n'est une HERESIE.

Voici les écrits de Saint Robert Bellarmin :

http://sspx.ca/Communicantes/Dec2004/images/bellarmine.jpg« ... Les hérétiques manifestes ne se maintiennent en aucune façon dans l'Eglise.

Il est prouvé par des arguments d'autorité et de raison que l'hérétique manifeste est déposé ipso facto. L'argument d'autorité se base sur Saint Paul (Tite III,10)...

C'est ce qu'écrit Saint Jérôme, ajoutant que les autres pêcheurs sont exclus de l'Eglise par une sentence d'excommunication, les hérétiques s'exilant et se séparant d'eux-mêmes du Corps du Christ.

Le principe suivant est des plus certains : le non-chrétien ne peut, en aucune façon être pape.

La raison en est qu'il ne peut pas être la tête s'il n'est pas membre ; or le non-chrétien n'est pas membre de l'Eglise, et un hérétique manifeste n'est pas chrétien, comme l'enseignent clairement St. Cyprien, St. Athanase, St. Augustin, St. Jérôme et d'autres ; c'est pourquoi un hérétique manifeste ne peut pas être pape.

Un pape manifestement hérétique cesse de lui-même d'être le pape et la tête, de la même façon qu'il cesse d'être un chrétien et un membre de l'Eglise.

C'est la sentence de tous les anciens Pères, qui enseignent que les hérétiques manifestes perdent immédiatement toute juridiction....

Finalement, les Saints Pères enseignent unanimement, non seulement que les hérétiques sont en dehors de l'Eglise, mais encore qu'ils sont ipso facto privés de toute juridiction et dignité ecclésiastiques


Le Saint Docteur cite encore, en donnant les références, St. Optat, St. Ambroise, le pape St. Célestin Ier , etc... pour conclure :

« Les hérétiques, avant même d'être excommuniés, sont hors de l'Eglise et privés de toute juridiction car ils se sont déjà condamnés par leur propre sentence, comme l'enseigne l'Apôtre (Tite III,10) c'est-à-dire coupés du Corps de l'Eglise sans excommunication comme l'explique St. Jérôme.»

(Saint Robert Bellarmin, De Romano Pontifice, L. II ch. 30)

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