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34 articles avec infaillibilite de l'eglise et du pape

Arguments : Un pape ne peut pas enseigner une erreur

Publié le par clovis

 Si le pape a une foi toujours pure (lire le chapître [UN PAPE NE PEUT PAS DEVIER DE LA FOI] , on ne voit pas comment il pourrait enseigner une erreur dans la foi. À cet argument de raison, on peut joindre la voix du magistère :

http://www.herodote.net/Images/PieIX.jpg

 Pie IX : Quiconque ne croit pas en l'infaillibité du magistrat solennel ET ordinaire est hérétique


 

  Le concile oecuménique de Vatican I publia deux textes sur l'infaillibilité: Dei Filius et Pastor aeternus :$


    Les Pères du Vatican affirment catégoriquement l'infaillibilité QUOTIDIENNE de St.  Pierre et de son Église.  Par la bulle Aeterni Patri du 3 juillet 1868, Pie IX convoqua un concile oecuménique et exhorta le monde catholique à faire confiance à l'Église.  "Pour qu'elle (l'Église) procédât toujours avec un ordre et une rectitude infaillibles le divin Sauveur lui promit qu’Il serait avec elle jusqu'à la consommation des siècles".  L'enseignement de Pie IX fut repris et développé par les Pères du concile dans leur constitution dogmatique Dei Filius du 26 avril 1870. Le prologue est fort beau: "Jésus-Christ, sur le point de retourner à son Père céleste, promit d'être avec son Église militante sur la terre tous les jours [!], jusqu'à la consommation des siècles [cf.  Matthieu XXVIII, 19 201".  Un peu plus loin, les Pères conciliaires Se réjouirent que l'Église fût perpétuellement régie par le Saint-Esprit. "Aussi, dans aucun temps, elle ne saurait, cesser d'attester et de prêcher la vérité de Dieu, laquelle guérit tout; elle n'ignore pas qu'il lui la été dit: «Mon Esprit, qui est en toi, et mes paroles que j'ai déposées dans ta bouche, ne s'éloigneront jamais de ta bouche depuis ce jour jusqu'à l'éternité» (Isaïe LIX, 21) ».


    "Doivent être crus, de foi divine et catholique, toutes les choses qui sont contenues dans la parole de Dieu, soit écrites soit transmises par tradition, et que l'Église, soit par un jugement solennel, soit par le magistère ordinaire et universel, propose comme étant divinement révélé" (Vatican I: constitution dogmatique Dei Filius, 26 avril 1870, ch. 3, intitulé « de fide »). Ainsi donc, l'enseignement infaillible de l'Église peut revêtir deux formes: une définition solennelle en grande pompe (bulle, concile) ou un document à l'aspect extérieur modeste (allocution, encyclique...).

    En présentant le schéma de ce texte aux Pères du Vatican, Mgr Simor, rapporteur de la Députation de la Foi, leur dit: "Ce paragraphe est dirigé contre ceux qui prétendent qu'on est tenu de croire uniquement ce qui a été défini par un concile, et qu'on n'est pas obligé de croire également ce que l'Église enseignante dispersée prêche et enseigne d'un accord unanime comme divinement révélé" (in: Jean Michel Alfred Vacant: Étude sur les constitutions du concile du Vatican d’après les actes du concile, Paris et Lyon 1895, 1. II. p. 89).

    D’après un autre rapporteur de la Députation de la Foi, Mgr Martin, ce paragraphe enseigne que le magistère ordinaire est tout aussi infaillible que le magistère extraordinaire.  "Il faut croire toutes les choses que Dieu a révélées et nous propose de croire, par l'intermédiaire de l'Église, et ce QUEL QUE SOIT LE MODE D'EXPRESSION qu'elle choisisse (quomodocumque).  Par cette doctrine est exclue l'erreur de ceux qui veulent qu’il faille seulement croire de foi divine les articles de foi formellement définis, et qui par conséquent, s'efforcent de réduire quasiment au minimum la somme des vérités à croire" (ibidem, p. 372).

    « Jésus-Christ, sur le point de retourner à son Père Céleste, promit d’être avec son Eglise militante sur la terre TOUS LES JOURS, jusqu’à la consommation des siècles. Aussi n’a-t-il pas manqué EN AUCUN TEMPS (nullo unquam tempore) de soutenir son épouse bien aimée,  DE L’ASSISTER DANS SON ENSEIGNEMENT, de bénir ses œuvres et de la secourir dans les périls » (Vatican I : Dei Filius, Prologue)

    Cette infaillibilité quotidienne, attribuée à l'ensemble de l'Église dans Dei Filius découle de l'infaillibilité quotidienne du pape seul. Les évêques de l'univers entier ne se trompent point dans leur magistère ordinaire de tous les jours, parce qu'ils s'appuient sur la foi indéfectible du pontife romain.  L'Église est infaillible, parce qu'elle repose sur le roc indestructible de la foi de Pierre.  C'est ce qui ressort clairement de la constitution dogmatique Pastor aeternus, publiée le 18 juillet 1870 par Pie IX avec l'approbation des Pères du Vatican.

    "Pour que l'épiscopat fût un et non divisé" peut-on en effet lire au prologue de  Pastor aeternus, "pour que la multitude de tous les croyants fût conservée dans l'unité de foi. [.. le Christ plaça] le bienheureux Pierre au-dessus des autres apôtres [… afin que] sur la fermeté de sa loi s'élevât l'édifice sublime de l'Église qui doit être porté jusqu'au ciel".

    Le chapitre 4 de Pastor aeternus est plus explicite: "[Les chrétiens des provinces] ont communiqué au Siège apostolique les dangers particuliers qui surgissaient en matière de foi, pour que les dommages causés à la foi fussent réparés là où elle ne saurait subir de défaillance (cf. St Bernard: Lettre 190). [… Tous les Pères de l'Église et tous les docteurs orthodoxes] savaient parfaitement que ce Siège de Pierre demeurait pur de toute erreur, aux termes de la promesse divine de notre Seigneur et Sauveur au chef de ses disciples. « J'ai prié pour toi, pour que ta foi ne défaille pas; et quand tu seras converti, affermis tes frères » (cf. la lettre du pape St. Agathon à l'empereur, approuvée par le VIe concile oecuménique).

 Ce charisme de vérité et de foi à jamais indéfectible a été accordé par Dieu à Pierre et à ses successeurs en cette chaire".

    Ce qu'il  y a de remarquable, c'est que ce chapitre 4 de Pastor aeternus, où il est question de la foi inébranlable du pape, culmine justement avec la définition de l'infaillibilité pontificale.

    Cette définition commence avec les mots "C'est pourquoi…" Par l'expression "c'est pourquoi". les Pères établissent un lien avec ce qui précède, à savoir la foi inébranlable.  L'infaillibilité de l'enseignement - notons bien le lien! – découle de la foi toujours pure.  De sorte que, la foi étant toujours pure. l'enseignement sera forcément par voie de conséquence, toujours pur de toute erreur!

    "Ce charisme de vérité et de foi à jamais indéfectible a été accordé par Dieu à Pierre et à ses successeurs en cette chaire (…) C'EST POURQUOI, nous attachant fidèlement à la tradition reçue dès l'origine de la foi chrétienne nous définissons comme un dogme révélé de Dieu:

    Le pontife romain, lorsqu’il parle ex cathedra, c'est-à-dire lorsque, remplissant sa charge de pasteur et le docteur de tous les chrétiens, il définit, en vertu de sa suprême autorité apostolique, qu’une doctrine sur la foi ou les mœurs doit être tenue par toute l'Église, jouit, par l'assistance divine à lui promise en la personne de saint Pierre, de cette infaillibilité dont le divin Rédempteur à voulu que fût pourvue son Église. lorsqu'elle définit la doctrine sur la foi et les mœurs.  Par conséquent, ces définitions du pontife romain sont irréformables par elles-mêmes et non en vertu du consentement de l'Église.  Si quelqu'un, ce qu'à Dieu ne plaise, avait la présomption de contredire cette définition, qu'il soit anathème" (Pastor aeternus. Ch.. 4).

    Faisons remarquer, tout de suite, que cette définition ne prescrit aucun mode d'enseignement spécifique.  Vatican I dit: le pontife romain est infaillible "lorsqu’il définit", et non pas: "seulement lorsqu'il définit solennellement".  Il n'est pas précisé non plus que le pontife, romain doive écrire obligatoirement: "Nous définissons".  Il suffit qu'il déclare que tel ou tel point fait partie de la doctrine ou de la morale chrétienne

    Regardons de plus près la définition: le pape enseignant seul "jouit [... ] de cette infaillibilité [de] l'Église".  Or cette infaillibilité de l'Église, comme nous l'avons vu au prologue et au chapitre 3 de Dei Filius, englobe les deux modes d'enseignement (magistère extraordinaire et magistère ordinaire).  Ainsi, le pape enseignant seul est infaillible quand il impose une doctrine aux fidèles, que ce soit par une définition solennelle (mode extraordinaire) ou par son enseignement de tous les jours (mode ordinaire).

    Retenons bien ceci: Vatican I ne dit nullement que le pape serait « SEULEMENT » infaillible dans ses définitions solennelles.  Pourquoi?  Et, bien, tout simplement, parce que le pape est AUSSI infaillible dans son enseignement de tous les jours!  Ceci ressort nettement d'une mise au point de Mgr d'Avanzo, le rapporteur de la Députation de la Foi de Vatican I:

http://www.sanctuaire-poponguine.sn/images/logo-neuvaine.gif    "L'Église est Infaillible dans son magistère ordinaire, qui est exercé quotidiennement principalement par le pape, et par les évêques unis à lui, qui pour cette raison sont, comme lui, infaillibles de l'infaillibilité de l'Église, qui est assistée par le Saint-Esprit tous les jours. [...]

    Question :  A qui donc appartient-il chaque jour que Dieu fait :

1. de déclarer les vérités implicitement contenues dans la révélation

2. de définir les vérités explicites?

3. de venger les vérités attaquées?

    Réponse : Au pape, soit en concile, soit hors du concile.  Le pape est, en effet, le Pasteur des pasteurs et le Docteur des docteurs" (Mgr d'Avanzo), rapporteur de la Députation pour la foi du premier concile du Vatican : "Status questionis" ("état de la question de l'infaillibilité"), début juillet 1870 ; document historique no 565 de l'appendice B des actes du concile, in: Gerardus Schneemann (ed.): Acta et decreta sacrosancti oecumenici concilii Vaticani cumpermultis aliis documentis ejusque historiam spectantibus, Freiburg 1892, col.1714)

    Voici encore une autre intervention, émanant du même rapporteur de la Députation de la Foi.  "Il y a, dans l'Église, un double mode d'infaillibilité: le premier s'exerce par le magistère ordinaire. (…) C'est pourquoi, de même que le Saint-Esprit, l'Esprit de Vérité demeure TOUS LES JOURS dans l'Église, l'Église aussi enseigne tous les jours les vérités de la foi, avec l'assistance du Saint-Esprit.  Elle enseigne toutes les vérités soit déjà définies, soit explicitement contenues dans le dépôt de la révélation, mais non définies encore, soit enfin celles qui font l'objet d’une foi implicite.  Ces vérités, l’Eglise les enseigne QUOTIDIENNEMENT, TANT PRINCIPALEMENT PAR LE PAPE, que par chacun des évêques en communion avec lui.  Tous, et le pape et les évêques, dans cet enseignement ordinaire, sont infaillibles de l'infaillibilité même de l'Église.  Ils diffèrent seulement en ceci: les évêques ne sont pas infaillibles par eux-mêmes, mais ont besoin de la communion avec le pape qui les confirme mais LE PAPE, LUI N'A BESOIN DE RIEN D'AUTRE QUE DE L'ASSISTANCE DU SAINT-ESPRIT, QUI LUI A ETE PROMISE. Ainsi il enseigne et n'est pas enseigné, il confirme et n'est pas, confirmé" (intervention officielle de Mgr d'Avanzo, rapporteur de la Députation de la Foi, devant les Pères du Vatican, in: Dom Paul Nau "Le magistère pontifical ordinaire, lieu théologique. Essai sur l'autorité des enseignements du souverain pontife", in: Revue thomiste, 1956, p. 389 - 412, tiré à part Neubourg 1962, p. 15).

Quelques années après le concile Pie IX critiqua les catholiques libéraux (lettre Per tristissima, 6 mars 1873).  On y trouve une phrase clef : "Ils se croient plus sage que cette chaire à laquelle a été promis un secours divin, spécial et PERMANENT".  Vu que la claire de Pierre jouit d’une assistance permanente du Saint-Esprit, l'infaillibilité "ordinaire" est attribuée non seulement à l'Église universelle, mais aussi au pape enseignant seul.  Le magistère pontifical ordinaire est, lui aussi, infaillible.

    La connaissance de tous ces passages constitue une aide précieuse pour bien comprendre le sens de la fameuse définition de l'infaillibilité pontificale faite à Vatican I. Car le danger est grand de mal interpréter Pastor, aeternus. Un spécialiste de la question, Dom Nau, mit en garde les théologiens qui dissertaient sur le crédit à accorder au magistère pontifical: "Le plus grave danger" est "d'ébranler la confiance et l'adhésion des fidèles.  Il serait particulièrement dangereux d'opposer magistère solennel et ordinaire d'après les catégories trop simplistes de faillible et infaillible" (Nau: op. cit.). Le domaine de l'infaillibilité du pape recouvre en effet non seulement le magistère extraordinaire, mais aussi le  magistère ordinaire.  La grande majorité des catholiques, sans parler des théologiens, sait que, Vatican I a proclamé l'infaillibilité du pontife romain.

    Mais ce que l'on oublie assez souvent, c'est que Vatican I définit une infaillibilité pour les deux modes d’enseignement: 1. l'enseignement pontifical extraordinaire (solennel); 2. l'enseignement ordinaire.

    Le magistère pontifical ordinaire est, lui aussi, infaillible, qu'il s'agisse d'une allocution, d'une encyclique ou d'une bulle de canonisation. Pour que le texte soit infaillible, il suffit simplement que le pape veuille imposer une doctrine à tous les fidèles en engageant son autorité pontificale.  Certaines formules employées dans des documents relevant du magistère ordinaire prouvent que le pape veut engager son infaillibilité.  Citons quelques exemples:

    L'interdiction de la contraception artificielle est "l'expression d'une loi naturelle et divine, contraire à l'ordre établi par Dieu" (Pie XII: Discours aux sages-femmes, 29 - 30 octobre 1951).

    "En qualité de maître suprême de l'Église, nous avons, assis sur la chaire de saint Pierre (ex cathedra Divi Petri) prononcé solennellement: «En l'honneur de la 'Trinité sainte et indivisible, pour l'exaltation de la loi catholique et l'extension de la religion chrétienne, en vertu de l'autorité de NSJC, des bienheureux apôtres Pierre et Paul et par la nôtre (... ) nous définissons et déclarons que la bienheureuse Jeanne Antide Tiouret est sainte»" (Pie XI: lettre décrétale Sub salutiferae, 14 janvier 1934).

    "Pénétré du devoir de notre charge apostolique, et plein de sollicitude pour notre sainte religion, pour la saine doctrine, pour le salut des âmes qui nous est confié d'en haut et pour le bien même de la société humaine, nous avons cru devoir élever de nouveau la voix" (Pie IX: encyclique Quanta cura, 8 décembre 1864).

    "En tant que docteur de l'Église universelle", Pie XII enseigne les "mystères révélés par Dieu" valables pour "tout le peuple de Dieu" (encyclique Mystici corpori, 29 juin 1943).  Les termes employés par Pie XII n’indiquent-ils pas clairement qu'il parle ex cathedra'? Et cet enseignement infaillible ne se trouve-t-il pas dans un écrit ordinaire ? Dès lors, comment peut-on réduire le domaine de l’infaillibilité pontificale aux seules définitions solennelles, en l’occurrence la définition de l’Immaculée Conception en 1854 et celle de l'Assomption en 1950 ? N’est-ce pas amputer la doctrine catholique ?

    Vu que certains théologiens (pseudo-catholiques) niaient l'infaillibilité du magistère ordinaire pontifical, Pie XII réaffirma nettement l'infaillibilité permanente des pontifes: "On ne doit pas penser que ce qui est proposé dans les lettres encycliques n'exige pas de soi l'assentiment, sous le prétexte que les papes n'y exerceraient pas le pouvoir suprême de leur magistère.  C'est bien, en effet, du magistère ordinaire que relève cet enseignement et pour ce magistère vaut aussi la parole [du Christ aux Apôtres]: «Qui vous écoute, m'écoute » (Luc X, 16), et le plus souvent ce qui est proposé et imposé dans les encycliques appartient depuis longtemps d'ailleurs à la doctrine catholique.  Que si dans leurs actes, les souverains pontifes, portent à dessein un jugement sur une question jusqu'alors disputée, il apparaît donc à tous que, conformément à l'esprit et à la volonté de ces mêmes pontifes, cette question ne peut plus être tenue pour une question libre entre théologiens"(encyclique Humani generis, 12 août 1950).

    Pie XII s'élève ici contre les personnes, qui, sous prétexte que le pape n’enseignerait pas solennellement, croient que les autres écrits peuvent contenir des opinions contestables.  Or les encycliques et autres actes courants du "magistère ordinaire", dit Pie XII, c'est la voix du Christ.  Et comme le Christ ne ment jamais, ces textes sont par la force des choses toujours infaillibles.  L'infaillibilité est donc permanente, nullement limitée aux définitions solennelles ponctuelles.

    Et le même pape disait en une autre occasion: "Dès que se fait entendre la voix du magistère de l’Eglise, tant ordinaire qu'extraordinaire, recueillez-la, cette voix, d’une oreille attentive et d'un esprit docile" (Pie XII aux membres de l’Angelicum, 14janvier 1958).

    Le pape Léon XIII commande aux catholiques de croire tout ce qu’enseigne le pape (nouvelle preuve de l'infaillibilité permanente du souverain pontife) : "Il est nécessaire de s'en tenir avec une adhésion inébranlable à TOUT ce que les pontifes romains ont enseigné ou enseigneront, et, toutes les fois que les circonstances l'exigeront, d'en faire profession publique" (Léon XIII: encyclique Immortale dei, novembre 1885).  Le pape ne fait aucun distinguo entre magistère extraordinaire ou ordinaire: "Toutes les fois donc que la parole de ce magistère déclare que telle ou telle vérité fait partie de l'ensemble de la doctrine divinement révélée, chacun doit croire avec certitude que cela est vrai; car si cela pouvait en quelque manière être faux, il s'ensuivrait, ce qui est évidemment absurde, que Dieu Lui-même serait l'auteur de l'erreur des hommes" (Léon XIII: encyclique, Satis cognitum, 29 juin 1896).

    Toutes les encycliques qui condamnent les erreurs modernes de 1789 relèvent du magistère ordinaire.  Or Léon XIII affirme qu'à ce sujet, "chacun doit s'en tenir au jugement du Siège apostolique et penser comme il pense lui-même.  Si donc, dans ces conjonctures si difficiles [crise de l'Église et de la société], les catholiques nous écoutent comme il le faut, ils sauront exactement quels sont les devoirs de chacun tant en théorie qu'en pratique" (Immortale Dei, 1er novembre 1885).  Donc le magistère pontifical ordinaire est infaillible. Le pape est infaillible quotidiennement.

    L’expression « infaillibilité quotidienne du pape » surprend peut-être le lecteur, car il est rare de lire une pareille assertion dans les revues ou livres actuels. Toutefois, cette interprétation de Vatican I est bel et bien le reflet de ce que la papauté elle-même a enseigné au sujet de l'infaillibilité du magistère pontifical ordinaire.  Nous avons déjà cité Humani generis; citons encore une autre interprétation authentique de la définition de Vatican I, qui devrait emporter l'adhésion du lecteur, vu qu'elle émane d'un pape:

    "Le magistère de  l’Eglise - lequel, suivant le plan divin, a été établi ici-bas pour que les vérités révélées subsistent PERPÉTUELLEMENT et qu'elles soient transmises facilement et sûrement à la connaissance des hommes - s'exerce CHAQUE JOUR par le pontife romain et par les évêques" (Pie XI: encyclique Mortalium animos, 6 janvier 1928).


CONCLUSION DU DEUXIEME CHAPITRE :

  

L’enseignement du pape sera toujours irréprochable. C’est simple à prouver, ne serait-ce qu’en comparant les prologues des deux textes de Vatican I :
1.1
       L’Eglise enseigne la vérité tous les jours (prologue de Dei Filius).
1.2
     Cette infaillibilité quotidienne de l’Eglise enseignante repose sur la foi indestructible du pape assisté du Saint Esprit (prologue de Pastor aeternus)
1.3
       Donc le pape prêche la vérité tous les jours ainsi que les évêques en communion avec lui.
 Cette conclusion est corroborée par d’autres documents de Vatican I présentés au chapitre suivant.
 

RESUME : selon le concile de Vatican I un pape n’enseignera jamais une erreur dans la foi.

Infaillibilité pontificale PERMANENTE : Arguments des Pères de l'Eglise

Publié le par clovis

Chapître : UN PAPE NE PEUT PAS DEVIER DE LA FOI

 INTRODUCTION :


"L'Église est infaillible dans son magistère ordinaire, qui est exercé QUOTIDIENNEMENT principalement par le pape, et par les évêques unis à lui, qui pour cette raison sont comme lui, infaillibles de l'infaillibilité de l’Eglise, par le Saint-Esprit TOUS LES JOURS,[...]

Question: A qui donc appartient-il CHAQUE JOUR que Dieu fait :

1. de déclarer les vérités implicitement contenues dans la Révélation?

2. de définir les vérités explicites?

3. de venger les vérités attaquées?

Réponse: Au pape, soit en concile, soit hors du concile.  Le pape est, en effet, le Pasteur des pasteurs et le Docteur des docteurs" (Mgr d'Avanzo, rapporteur de la Députation pour la foi du premier concile du Vatican, 1870).

* * *

    Depuis la définition du dogme de l’infaillibilité pontificale en 1870, les catholiques croient qu'un pape ne peut pas se tromper, lorsqu'il enseigne solennellement une vérité de foi, mais les avis sont partagés quant à son enseignement ordinaire.  Un pape, infaillible dans les définitions solennelles, peut-il tomber dans l'hérésie dans son enseignement de  tous les jours, ou bien l'assistance du Saint-Esprit fait-elle que sa foi ne puisse défaillir à aucun moment de son Pontificat?

Dans le doute, il faut s’en tenir à ce qui a été cru partout et par tous dans les temps anciens car l’antiquité ne peut pas être séduite par la nouveauté (Commonitorium de St.  Vincent de Lérins, 434).  Que le pape puisse errer dans la foi est une thèse apparue à l'époque moderne sous l'impulsion de courants hérétiques (voir chapitre 5).  Des théologiens catholiques se laissèrent gagner par les idées nouvelles et soutinrent qu'un pape pouvait errer.  Or cette nouveauté est, par le fait même d’être nouvelle, non conforme à la doctrine catholique . Cette doctrine traditionnelle, on la trouve dans l’Ancien et le Nouveau Testament, les Pères de l'Église, St Thomas d’Aquin et les écrits des papes eux-mêmes.


ARGUMENTS DES PERES DE L'EGLISE :


http://www.kmair.org/media/00/00/31375554.jpg    St. Cyprien(v. 200 - 258) défendit l’autorité et l’infaillibilité pontificale dans son célèbre traité Sur 1’unité de l’Église.  « La chaire de Pierre est cette Église principale d’où est sortie l’unité sacerdotale auprès de laquelle l’erreur ne peut avoir d’accès » (Lettre 40 et 55).


  St. Athanase (v. 295 - 373) se servit d’une lettre d’un pape pour lutter contre les hérétiques ariens.  Le pape St Denys avait écrit, vers l’an 260, une lettre doctrinale à Denis, l’évêque d’Alexandrie, où il condamna l’hérésie des sabelliens, qui devait être reprise plus tard par les ariens.  C’est pourquoi saint Athanase reprocha aux ariens d’avoir déjà été condamnés depuis longtemps par un jugement définitif, ce qui prouve qu’il croyait en l’infaillibilité pontificale (De sententia Dionysii). Dans une lettre à Félix, il écrivit cette phrase mémorable: « l’Église romaine conserve toujours la vraie doctrine sur Dieu »


    St. Éphrem (v. 300 - 373), le grand docteur de l’Église syriaque, célébra la grandeur de l’enseignement pontifical, continuellement assisté par le Saint-Esprit: « Salut, ô sel de la terre, sel qui ne peut jamais s’affadir ! Salut, ô lumière du monde, paraissant à l’Orient et partout resplendissante, illuminant ceux qui étaient accablés sous les ténèbres, et brûlant toujours sans être renouvelée. Cette lumière, c’est le Christ; son chandelier c’est Pierre ; la source de son huile, c’est l’Esprit-Saint » (Enconium in Petrum et Paulum et Andream, etc.)


    St. Épiphane (v. 315 - 403) interpréta Matthieu XVI,18. Il affirma qu’il était impossible que l’Eglise Romaine fût vaincue par les portes de l’enfer, c’est-à-dire par les hérésies, parce qu’elle était appuyée sur la foi solide de Pierre, auprès de qui on trouvait la bonne réponse à toutes les questions, doctrinale. « À Pierre, le Père manifeste son propre Fils, et c’est pour cela qu’il est appelé bienheureux.  Pierre à son tour manifeste le Saint-Esprit [dans son discours aux juifs, le jour de la Pentecôte], ainsi qu’il convenait à celui qui était le premier entre les apôtres, à celui qui était la pierre inébranlable sur laquelle l’Église de Dieu est fondée, et contre laquelle les portes de l’enfer ne prévaudront pas. Par ces portes de l’enfer il faut entendre les hérésies et les auteurs, des hérésies. En toutes manières, la foi est fondée solidement en lui: il a reçu les clefs du ciel, il délie et lie surla terre et au ciel. en lui se résolvent les questions de la foi les ardues » (Anchoratus. Ch. 9)


    St. Basile (329 - 379) informa son ami saint Athanase qu’il avait l’intention de demander au souverain pontife d’exercer son autorité pour exterminer l’hérésie de Marcel d’Ancyre (Lettre 69). « La lettre de saint Basile, mentionnant cette demande d’intervention de l’évêque de Rome comme une affaire courante et ordinaire, attire à conclure qu’à cette époque c’était non seulement la conviction personnelle de Basile, mais aussi la conviction de tous, même en Orient, que l’évêque de Rome possède le pouvoir de juger souverainement, par lui-même, les questions doctrinales » (Vacant et Mangenot: Dictionnaire de théologie catholique, article « infaillibilité du pape »).  Pourquoi consulter Rome et pas une autre autorité?  « Pierre », dit saint Basile, « fut chargé de former et de gouverner l’Église, parce qu’il excellait dans la foi » (Contra Enom, livre 2). Grâce à la promesse du Christ, le pape persévérait absolument sans aucune défaillance, car sa foi avait la même stabilité que celle du Fils de Dieu Lui-même!  « Pierre a été lancé placé pour être le fondement.  Il avait dit à Jésus Christ: Vous êtes le Christ, Fils du Dieu vivant», et à son tour  il lui fut dit qu’il était Pierre, quoiqu’il ne fut pas pierre immobile, mais seulement par la volonté de Jésus-Christ. Dieu communique aux hommes ses propres dignités.  Il est prêtre, et il fait des prêtres; Il est pierre, et il donne la qualité de pierre, rendant ainsi ses serviteurs participants de ce qui lui est propre » (Homélie 29).  Ce dernier passage de saint Basile jouit d’une autorité particulière dans l’Église catholique, puisqu’il fut inséré dans le catéchisme du concile de Trente (explication du symbole, section Credo in... Ecclesiam).

  

   St. Grégoire de Naziance(v. 330-390) loua l’indéfectibilité de la foi romaine dans un poème. « Quant à ce qui est de la foi, l’ancienne Rome, dès le principe comme aujourd’hui, poursuit heureusement sa course, et elle tient l’occident tout entier dans les liens de la doctrine qui sauve » (Carmen de Vita sua, vers 268 - 270).

   

  St. Grégoire de Nysse (mort en 394), frère cadet de saint Basile, affirma: « L’Église de Dieu à sa solidité dans Pierre, car c’est lui qui, d’après la prérogative qui lui a été accordée par le Seigneur, est la pierre ferme et très solide sur laquelle le Sauveur a bâti l’Église » (Laudat. 2 in St. Stephan vers la fin)


 St. Ambroise (340 - 397) interpréta le passage de Luc XXII, 32 en ce sens que le Seigneur avait affermi la foi de Pierre, afin que, « immobile comme un rocher », elle pût soutenir efficacement l’édifice de l’Eglise (Sermon 5). Dans sa glose sur le Psaume XL, Ambroise établit une équation qui allait devenir célèbre: « Là où est Pierre, là est l’Église. Là où est l’Église n’est pas la mort, mais la vie éternelle » Ennarratio in Psalmum XL, ch. 19).  Autant dire: hors du pape, point de salut.

 

 St. Jean Chrysostome (340 - 407) est le plus célèbre des Pères grecs.  En raison de ses enseignements admirables, il mérita le surnom de "chrysostome"  , c’est-à-dire « bouche d’or ».  Saint Jean Chrysostome suggéra la solidité admirable de la foi de Pierre par une image: « Il y a beaucoup de flots impétueux et de cruelles tempêtes, mais je necrains pas d’être submergé, parce que je me tiens sur la pierre.  Que la mer s’agite furieuse, peu m’importe: elle ne peut renverser cette pierre inébranlable » (Lettre 9 à Cyriaque).  Il insista sur l’étymologie symbolique du nom du premier pape: « Saint  Pierre a été ainsi nommé, en raison de sa vertu.  Dieu a comme déposé dans ce nom une preuve de la fermeté de l’apôtre dans la foi » (Quatrième Homélie sur les changements de noms).


    St. Jérôme (v.347-420), dans sa lettre au pape Damase, défendit rigoureusement la nécessité d’être uni au pontife romain.  « J’ai cru que je devais consulter la chaire de Pierre et cette foi romaine louée par saint Paul (...). Vous êtes la lumière du monde, vous êtes le sel de la terre.  Je sais que l’Église est bâtie sur cette pierre; quiconque aura mangé l’agneau hors de cette maison, est un profane » (Lettre 15).  D’après saint Jérôme, les fidèles pouvaient en toute sûreté suivre les enseignements pontificaux, car la chaire de Pierre gardait incorruptiblement l’héritage de la foi: « La sainte Église romaine, qui est toujours demeurée sans tache, demeurera encore dans tous les temps à venir ferme et immuable au milieu des attaques des hérétiques, et cela par une protection providentielle du Seigneur et par l’assistance du bienheureux Pierre (in: Mgr de Ségur: Le Souverain Pontife, in Œuvres complètes Paris 1874, t. III, p. 80).


   St. Augustin (354 - 430) fit une interprétation très pertinente de Luc XXII, 32.  Avant de la reproduire ici, signalons que le pape Léon XIII, après avoir mis en valeur les talents de chacun des Pères de l’Eglise, conclut en affirmant qu’"entre tous, la palme semble revenir à St. Augustin" (encyclique Aeterni Patris, 4 août 1879).  L’évêque d’Hippone fut donc le plus grand des Pères de l’Église.  Or il se prononça catégoriquement en faveur de l’infaillibilité permanente du pontife romain ! Voici son texte magistral:

    « Si, défendant le libre arbitre non selon la grâce de Dieu, mais contre elle, tu dis qu’il appartient au libre arbitre de persévérer ou de ne pas persévérer dans le bien, et que si l’on y persévère, ce n’est pas par un don de Dieu, mais par un effort de la volonté humaine, que machineras-tu pour répondre à ces paroles du Maître: «J’ai prié pour toi, Pierre, afin que ta foi ne défaille pas»?  Oseras-tu dire que malgré la prière du Christ pour que la foi de Pierre ne défaille pas, cette foi eût défailli néanmoins, si Pierre avait voulu qu’elle défaillît, c’est-à-dire s’il n’avait pas voulu persévérer jusqu’à la fin?  Comme si Pierre eût pu vouloir autre chose que ce que le Christ demandait pour lui qu’il voulût!  Qui ignore que la foi de Pierre devait périr, si sa propre volonté, la volonté par laquelle il était fidèle, défaillait, et qu’elle devait demeurer jusqu’au bout, si sa volonté restait ferme?  Mais puisque la volonté est préparée  par le Seigneur, la prière du Christ pour lui ne pouvait être vaine. Quand il a prié pour que sa foi ne défaille pas, qu’a-t-il demandé en définitive, sinon qu’il ait une volonté de croire à la fois parfaitement libre, ferme, invincible et persévérante?  Voilà comment on défend la liberté de la volonté, selon la grâce, et non contre elle.  Car ce n’est pas par sa liberté que la volonté humaine acquiert la grâce, mais plutôt par la grâce qu’elle acquiert sa liberté, et pour persévérer, elle reçoit, en outre, de la grâce le don d’une stabilité délectable et d’une force invincible » (De la correction et de la grâce, livre VIII, ch. 17).


    St. Cyrille d’Alexandrie (380 - 444), dans son Commentaire sur Luc (XXII, 32), expliqua que l’expression « confirme tes frères » signifiait que Pierre était le maître et le soutien de ceux qui venaient au Christ par la foi.  Il commenta également l’évangile selon St. Matthieu.  « D’après cette promesse (Tu es Petrus ... ), l’Église apostolique de Pierre ne contracte aucune souillure de toutes les séductions de 1’hérésie (St.  Cyrille, in: St. Thomas d’Aquin: Chaîne d’or sur Matthieu XVI, 18).


  St. Fulgence de Ruspe (467 - 533) constata.  « Ce que l’Église romaine tient et enseigne, l’univers chrétien tout entier le croit sans hésitation avec elle » (De incarnatione et gracia Christi, ch. 11).


  St. Bernard (1090 - 1153) fut le dernier des Pères de l’Église.  Citons quelques paroles, qui serviront de conclusion: « Les atteintes qui sont portées à la foi doivent être réparées précisément par celui dont la foi ne peut être en défaut.  C’est là la prérogative de ce Siège » (De error Abaelardi, préface).


    Aucun Père ne parle de la possibilité (même purement théorique) qu’un pape puisse errer dans un seul instant


« C’est principalement pour l’explication de la parole sainte qu’ils [les Pères de l’Église] demeureront toujours nos maîtres.  Nulle recherche, nulle science. si profonde soit-elle, ne nous rendra ce qu’ils avaient alors: le monde tel que Jésus l’avait connu, le même aspect des lieux et des choses, et surtout l’entretien des fidèles Lui, ayant vécu près des apôtres, pouvaient rapporter leurs instructions. Ces circonstances réunies donnent à l’autorité des Pères un tel éclat, que les théologiens protestants eux-mêmes en ont été frappés. Ils l’avouent: «S’écarter d’un sentiment commun parmi eux, c’est une folie et une absurdité» » (Abbé C. Fouard: La vie de Notre-Seigneur Jésus Christ vingt-sixième édition, Paris 1920, p XVI.

    Le 13 novembre 1564, le Pape Pie IV instaura l’obligation pour tout le clergé de jurer obéissance à une profession de foi, qui disait, entre autres: « J’interpréterais toujours l’Écriture selon le consentement unanime des Pères ».

 

CONCLUSION : LES PERES DE L'EGLISE NOUS AFFIRMENT QU'UN PAPE NE PEUT PAS DEVIER DE LA FOI !

 

 

D'après le livre Mystère d'iniquité

Infaillibilité pontificale PERMANENTE : Arguments de Saint Thomas d'Aquin

Publié le par Clément Lécuyer

 Suite du chapître : UN PAPE NE PEUT PAS DEVIER DE LA FOI

Arguments des Pères de l'Eglise

ARGUMENTS DE SAINT THOMAS D'AQUIN :



St. Thomas d’Aquin (1225 - 1274) est le plus grand de tous les docteurs de l’Église.  Il est appelé « docteur commun », « docteur angélique » ou « ange de l’école », en raison de l’excellence de sa doctrine.  Il a été souvent exalté par les papes. « Thomas, à lui seul, a plus illuminé l’Église que tous les autres docteurs.  Sa doctrine n’a pu provenir que d’une action miraculeuse de Dieu » (Jean XXII: bulle de canonisation).  Qu’enseigne donc ce docteur quasiment aussi infaillible que le pape ?


    Le docteur angélique est partisan de l’infaillibilité absolue et permanente du souverain pontife : « L’Église apostolique [de Pierre], placée au-dessus de tous les évêques, de tous les pasteurs, de tous les chefs des Églises et des fidèles, demeure pure de toutes les séductions et de tous les artifices des Hérétiques dans ses pontifes, dans sa foi toujours entière et dans l’autorité de Pierre.  Tandis que les autres églises sont déshonorées par les erreurs de certains hérétiques, seule elle règne, appuyée sur des fondements inébranlables, imposant silence et fermant la bouche à tous les hérétiques; et nous [... ], nous confessons et nous prêchons en union avec elle la règle de la vérité et de la sainte tradition apostoliques » (citation de St. Cyrille d’Alexandrie reprise par St. Thomas dans sa Chaîne d’or, à l’endroit où il commente Matthieu XVI, 18).


    S’appuyant sur Luc XXII, 32, le docteur commun enseigne que l’Église ne peut errer, parce que le pape ne peut errer.  « L’Eglise universelle ne peut errer, car Celui qui est exaucé en tout au titre de sa dignité a dit à Pierre, sur la profession de foi duquel est fondée l’Église: J’ai prié pour toi pour que ta foi ne défaille point» » (Somme théologique, supplément de la IIIe partie, q. 25, a. 1).

    « L’unité de foi pourrait être maintenue dans l’Église, comme l’exige l’Apôtre (1.  Corinthiens I,10), si les questions soulevées au sujet de la loi n’étaient définies par le chef de l’Église, le souverain pontife » (Somme théologique, II-II, q. 1, a.10).

    « Une fois que les choses ont été décidées par l’autorité de l’Église universelle celui qui refuserait opiniâtrement de se soumettre à cette décision, serait hérétique. Cette autorité de l’Église réside principalement dans le souverain Pontife.  Car il est dit (Décret.  XXIV, q. I., ch. 1.2): «Toutes les fois qu’une question de foi est agitée, je pense que tous nos frères et tous nos collègues dans l’épiscopat ne doivent s’en rapporter qu’à Pierre, c’est-à-dire à l’autorité de son nom et de sa gloire ».  Ni les Augustin, ni les Jérôme, ni aucun autre docteur n’ont défendu leur sentiment contrairement à son autorité.  C’est pourquoi saint Jérôme disait au pape Damase (in expo. symbol.) : «Telle est la foi, très-saint Père, que nous avons apprise dans l’Église catholique: si dans notre exposition il se trouvait quelque chose de peu exact ou de peu sûr, nous vous prions de le corriger, vous qui possédez la foi et le siège de Pierre.  Mais si notre confession reçoit l’approbation de votre jugement apostolique, quiconque voudra m’accuser prouvera qu’il est ignorant ou mal intentionné, on qu’il n’est pas catholique.  Mais il ne prouvera pas que je suis hérétique » (Somme théologique II-II. q 11.a.2).

    « Il faut s’en tenir à la sentence du Pape à qui il appartient de prononcer en matière de foi, plutôt qu’à l’opinion de tous les sages » (Quaetiones quodlibetales q. 9.a 16)

    Dans le Psaume XXXIX. 10 il est écrit: « J’ai annoncé ta justice dans la grande assemblée ».  Voici le commentaire de St. Thomas.  Le psalmiste a parlé « dans la grande assemblée », c’est-à-dire dans l’Église catholique, qui est grande par son pouvoir et sa fermeté: « Les portes de l’enfer ne  prévaudront point contre elle» (Matthieu XVI, 18) » (St.  Thomas: Commentaire sur les psaume).  Cette « fermeté », l’Église la doit en première ligne à la foi sans faille du pontife romains comme il est expliqué dans l’un des Opuscules du saint docteur:

    L’Église est une, sainte, catholique et « ferme ». « Quatrièmement, elle est ferme. Une maison est ferme 1. quand ses fondations sont solides ».  La véritable fondation de l’Église est le Christ (1.  Corenthiens III, 2) et les douze apôtres (Apocalypse XXI, 14).  Pour suggérer la fermeté, Pierre est appelé le roc.  « 2.  La fermeté d’une maison apparaît en outre quand elle ne peut être renversée par une secousse ». L’Eglise  n’a pu être renversée ni par les persécuteurs, ni par les séductions du monde, ni par les hérétiques. D’après Matthieu, XVI, 18, les « portes de l’enfer » (= les hérétiques) peuvent l’emporter sur telle ou telle église locale, mais point contre l’Église de Rome où réside le pape. « C’est pour cette raison que seulement l’Église de Pierre (à qui fut attribué l’Italie lors de l’envoi des disciples) demeurera toujours ferme dans la foi.  Et tandis qu’ailleurs la foi n’y est pas du tout, ou bien mêlée avec beaucoup d’erreurs, l’Église de Pierre, elle, est forte dans la foi et pure de toutes les erreurs, ce qui n’est pas étonnant, vu que le Seigneur a dit à Pierre: «J’ai prié pour toi, pour que ta foi ne défaille point» » (St. Thomas: Opuscula, opuscule intitulé Expositio symboli apostolorum, passage relatif à l’article « je crois... en l’Église catholique » du symbole des apôtres). 


    L’enseignement du docteur angélique peut donc se résumer ainsi: la foi du pape est d’une fermeté absolu et permanente.


 La doctrine du docteur angélique doit être « tenue religieusement » (sancte) par tous les professeurs de séminaires (canon 1366, § 2)!  L’Église donne à entendre par là combien elle juge nécessaire que les jeunes séminaristes (qui plus tard formeront le bas et le haut clergé) suivent en tout le docteur commun.  Saint Pie X disait: « S’écarter de St. Thomas ne va jamais sans grave danger » (motu proprio Sacrorum antistitum 1er septembre 1910).  Et encore: « Ceux qui s’éloignent de saint Thomas sont par là même conduits à cette extrémité qu’ils se détachent de l’Église » (Lettre Delata Nobis, 17 novembre 1907, adressée au Père Thomas Pègues).

CONCLUSION : SAINT THOMAS D'AQUIN DEMONTRE QU'UN PAPE NE PEUT PAS DEVIER DE LA FOI

Infaillibilité pontificale PERMANENTE : Arguments des papes

Publié le par clovis

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Arguments des Pères de l'Eglise


Arguments de Saint Thomas d'Aquin



ARGUMENTS DES PAPES :


     St. Lucius pape et martyr (253 - 254), enseigne: « L’Église romaine, sainte et apostolique, est la mère de toutes les Églises, et il est constaté qu’elle ne s’est jamais écartée du sentier de la tradition apostolique, conformément à cette promesse que le Seigneur lui-même lui a faite, en disant: « «J’ai pitié pour toi, afin que ta foi ne défaille points » (Lettre adressée aux évêques de la Gaule et de l’Espagne, no 6)

    St. Innocent Ier (401 - 417) assimila l’Église de la ville de Rome à une source pure de toute souillure hérétique, qui vivifiait les églises locales, « comme les eaux qui jaillissent de leur source originelle et qui s’écoulent dans toutes les régions du monde par de purs ruisseaux venus de la source non pollué » (lettre In requirendis, 7 janvier 417, adressée aux évêques du concile de Carthage).

  

  St. Sixte III (432 - 440) dit que saint Pierre « a reçu une foi pure et toute faite, une foi qui n’est sujette à aucune controverse ».


  St. Léon Ier le Grand (440 - 461) laissait entendre que saint Pierre vivait et enseignait par la bouche de ses successeurs: « Le bienheureux Pierre, conservant toujours cette consistance de pierre qu’il a reçue, n’a pas abandonné le gouvernail de l’Église [...]. Si donc nous faisons, quelque chose de bon, si nous pénétrons avec justesse dans les questions, [...], c’est l’œuvre, c’est le mérite de celui dont la puissance vit et dont l’autorité commande dans son Siège » (In anniversario Assumptionis suae, sermon 3).  Pierre et ses successeurs étaient, assurés d’une rectitude doctrinale inébranlable: « Le messie est annoncé comme devant être la pierre choisie, angulaire, fondamentale (Isaïe XXVIII, 16), C’est donc son propre nom que Jésus donne à Simon, comme s’il luidisait: «Je suis la pierre inviolable, la pierre angulaire, qui réunit en un deux choses; je suis le fondement auquel nul n’en peut substituer un autre; mais toi aussi, tu es pierre, car ma force devient le principe de ta solidité, en sorte que ce qui m’était propre et personnel à ma puissance, te devient commun avec moi par participation, (St Léon : In anniversario Assumptionis suae, sermon 4)


    Ce pape dit encore « Au cours de tant de siècles, aucune hérésie ne pouvait souiller ceux qui étaient assis sur la chaire de Pierre, car c’est le Saint-Esprit qui les enseigne » (Sermon 98).  Les Pères du concile de Chalcédoine déclarèrent formellement au sujet de saint Léon: « Dieu, dans sa providence, s’est choisi, dans la personne du pontife romain un athlète invincible, impénétrable à toute erreur, lequel vient d’exposer la vérité avec la dernière évidence ».


    St. Gélase Ier (492 - 490) adressa une décrétale aux Grecs: « Pierre brilla dans cette capitale [Rome] par la sublime puissance de sa doctrine, et il eut 1’honneur d’y répandre glorieusement son sang.  C’est là qu’il repose pour toujours, et qu’il assure à ce Siège béni par lui de n’être jamais vaincu par les portes de l’enfer » (Décrétale 14 intitulée De responsione ad Graecos).


    St. Hormisdas (514 - 523) rédigea une profession de foi le 11 août 515, qui fut acceptée par toute l’Église, et repris aux conciles de Constantinople IV et Vatican I. Après avoir rappelé que le Christ avait « bâti l’Eglise sur la pierre » contre laquelle l’enfer ne prévaudrait point (Matthieu XVI, 18), le pape commenta avec assurance: « Cette affirmation se vérifie dans les faits, car la religion catholique a toujours été gardée sans tache dans le Siège Apostolique ».


 St. Agathon (678 - 681) rédigea un texte capital, qui fut lu et approuvé par le VIe concile oecuménique (concile oecuménique = concile général, à ne pas confondre avec « oecuménique » relatif à l’oecuménisme).


   St. Léon IX (1049 – 1054), après avoir dit que l’Église bâtie sur Pierre ne pouvait aucunement « être dominée par les portes de l’enfer, c’est-à-dire par les disputes des hérétiques » (cf.  Matthieu XVI, 18) et après cité la promesse du Christ à Pierre (Luc XXII,32), tança les schismatiques grecs Michel Cérulaire et Léon d’Achrida dans sa lettre In terra pax du 2 septembre 1053: « Quelqu’un sera-t-il donc assez fou pour oser penser que la prière de celui pour qui vouloir c’est pouvoir puisse être sans effet sur un point?  Le Siège du prince des apôtres l’Eglise romaine, n’a-t-il pas, soit par Pierre lui-même, soit par ses successeurs, condamné, réfuté et vaincu toutes les erreurs des hérétiques?  N’a-t-il pas confirmé les coeurs des frères dans la foi de Pierre, qui jusqu’à maintenant n’a pas failli et qui, jusqu’à la fin ne faillira pas »?


 Pie IX (1846 - 1878) affirma dès son élévation au souverain pontifical (dans le Discours de son exaltation) qu’un pape ne pouvait « JAMAIS » (nunquam) dévier de la foi !  Il écrivit encore la même chose dans son encyclique Qui pluribus du 9 novembre 1846.  Pour interpréter l’Écriture, les hommes ont besoin d’une autorité infaillible: Pierre, dont le Christ « a promis que la foi ne défaillira jamais ». L’Eglise romaine « a toujours gardé intègre et inviolée la foi reçue du Christ Seigneur, et l’a enseignée fidèlement ».  Même mot dans la lettre In suprema Petri du 6 janvier 1848: « jamais ». Ainsi que dans l’encyclique Nostis et noviscum du 8 décembre 1849: « jamais ».


  Léon XIII (1878 - 1903) réaffirma l’antique croyance dans son encyclique Satis cognitum du 29 juin 1896: jamais un pontife romain n’a dévié dans la foi.  Son encyclique sur le Saint-Esprit contient un commentaire mémorable sur l’évangile selon St. Jean. Le jour de la Pentecôte, « le  Saint-Esprit commença à produire ses bienfaits dans le corps mystique du Christ.  Ainsi se réalisait la dernière promesse du Christ à ses apôtres, relative à l’envoi de l’Esprit Saint [... ]: «Lorsque cet Esprit de Vérité sera venu, il vous enseignera toute la vérité [JeanXVI.12].  Cette vérité il l’accorde et la donne à l’Église, et, par sa présence CONTINUE, il veille à ce que jamais elle ne succombe à l’erreur » (encyclique Divinum  illud. 9 mai1897).


http://pagesperso-orange.fr/thomiste/pstpied.jpg   Saint Pie X (1903-1914) enseigna : « Le premier et le plus grand critérium de la foi, la règle suprême et inébranlable de l’orthodoxie est l’obéissance au magistère TOUJOURS vivant et infaillible de l’Église, établie par le Christ «la colonne et le soutien de la vérité» [1. Timothée III,15].

    [... ] Saint Paul dit : « Fides ex auditu – La foi vient non par les yeux, mais parles oreilles», par le magistère vivant de l’Église, société visible composée de maîtres et de disciples [... ]. Jésus-Christ lui-même a enjoint à ses disciples d’écouter les leçons des maîtres [... et] il a dit aux maîtres: «Allez enseigner toutes les nations.  L’Esprit de Vérité vous enseignera toute vérité.  Voici que je suis avec vous jusqu’à la consommation des siècles » (St. Pie X: allocution Con vera soddisfazione aux étudiants catholiques, 10 mai 1909).

    « Les fils dévoués du pape sont ceux qui obéissent à sa PAROLE et le suivent en TOUT, non ceux qui étudient les moyens d’éluder ses ordres » (allocution aux nouveaux cardinaux, 27 mai 1914).

    Le dictionnaire de théologie catholique(article « infaillibilité du pape ») soutient que le pape Innocent III (1198-1216) se serait prononcé contre l’infaillibilité perpétuelle de la papauté.  Pour preuve, le dictionnaire cite cette phrase: « J’ai surtout besoin de la foi, parce que  je ne relève pour toutes les autres fautes que du tribunal de Dieu; pour les fautes contre la foi, au contraire, je puis être jugé par L’Eglise ».

    On pourrait interpréter ce passage en ce sens qu’un pape peut errer dans la foi et par conséquent pourrait être jugé par l’Église (un concile général par exemple).  Cependant, il est à noter que le Dictionnaire de théologie catholique s’est livré à une falsification du texte. Le procédé est vieux comme le monde: on tire la citation de son contexte et on lui donne un sens opposé à celui donné par l’auteur lui-même.  Quel lecteur se donnera la peine d’aller aux sources pour vérifier!  Voici le texte non amputé :

    « Si moi-même je n’avais pas une foi solide, comment pourrais-je affermir les autres dans la foi?  Et c’est là une des parties principales de mes fonctions, car le Seigneur n’a pas dit à saint Pierre: «J’ai prié pour toi, afin que ta foi ne chancelle pas», et: «Si tu te convertissais un jour, fortifie alors les tes frères ». Il pria, et il fut exaucé dans tout à cause de son obéissance.  La foi du Saint-Siège ne chancela donc jamais dans les temps de troubles mais elle demeura toujours ferme et inébranlable, afin que le privilège de saint Pierre demeurât inviolable.  Mais précisément pour cette raison j’ai surtout besoin de la foi, parce que je ne relève pour toutes les autres fautes que du tribunal de Dieu; pour les fautes contre la foi, au contraire, je puis être jugé par l’Église. J’ai la foi et une foi constante, parce qu’elle est apostolique » (Innocent III :  principal discours au peuple après son sacre; traduction française in: J.B.J. Champagnac: Philippe Auguste et son siècle, Paris 1847 p. 264).

    Le Dictionnaire de théologie catholique (article « infaillibilité pontificale ») a donc menti en amputant une partie du sermon d’Innocent III.  Dans un autre article (« déposition »), le même dictionnaire pèche encore par omission, en citant une phrase tirée d’un autre texte d’Innocent III, sans indiquer que, dans ce même texte, Innocent défend l’orthodoxie de la papauté (« Pierre a renié de bouche mais non de cœur »). Voilà comment ce dictionnaire travestit la pensée d’Innocent III!

    Afin de ne laisser subsister aucun doute sur la pensée authentique de ce pape, nous citerons maintenant un autre texte de lui.  Innocent III, après avoir rappelé la promesse à saint Pierre (« J’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point »), fit le commentaire suivant: « Notre Seigneur insinue évidemment par ces paroles que les successeurs de Pierre ne s’écarteraient EN AUCUN TEMPS de la foi catholique, mais qu’ils y ramèneraient plutôt les autres; par là, il lui accorde le pouvoir d’affermir les autres, afin de leur imposer l’obligation d’obéir » (lettre Apostolicae Sedis primatus à l’évêque de Constantinople, 12 novembre 1199). Ce passage est capital, car l’expression « en aucun temps » (nullounquam tempore) rend la thèse de l’infaillibilité perpétuelle du souverain pontife absolument irréfutable !


    Conclusion du premier chapitre : Les évangélistes et les représentants de la Tradition (Pères, St. Thomas, papes et conciles) clament à l’unanimité que le pontife romain ne peut à AUCUN moment faillir dans la foi.


    RÉSUMÉ : UN PAPE NE FERA JAMAIS NAUFRAGE DANS LA FOI, PARCE QUE TOUS LES PAPES CONCILES ET PÈRES DE L’ÉGLISE L’ONT DIT.

 

Source : Mystère d'iniquité

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