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34 articles avec infaillibilite de l'eglise et du pape

Saint Alphonse de Liguori : un hérétique ne peut pas être pape

Publié le par c.m

http://www.magnificat.ca/cal/gifs/0802.jpg Tout comme les Papes, Pères et docteurs de l'Eglise, Saint Alphonse de Liguori (grand docteur) enseigne qu'un hérétique ne peut pas être pape :

« Si jamais le pape, comme personne privée, tombait dans l'hérésie, il serait à l'instant déchu du pontificat ;  car, comme il serait alors hors de l'Eglise, l'Eglise de­vrait non pas le déposer, puisque personne n'a d'autorité sur le pape, mais le déclarer (déjà) déchu du pontificat.»

(Oeuvres complètes T. IX p. 232)


« Il est hors de doute que si un pape était hérétique déclaré, comme le serait celui qui définirait publiquement une doctrine opposée à la loi divine,  il pourrait, non pas être déposé par un concile, mais être déclaré déchu du pontificat en sa qualité d'hérétique.»

(Oeuvres complètes T. IX p. 262).

Saint Robert Bellarmin : un non-catholique ne peut pas être pape

Un non catholique ne peut pas être pape

Publié le par clovis

Les non-catholiques ne peuvent pas être pape pour 5 raisons :


http://www.azureva.com/italie/images/images-mags/rome/saint-pierre/Statue-Saint-Pierre.jpg

St Pierre

  •  Il existe une « loi divine », c’est-à-dire enracinée dans l’Écriture. D’après l’Écriture, aucun non-catholique ne peut devenir (Matthieu XVI, 15) ou demeurer (Tite III, 10 - 1l et 2. Jean 10 - 1l) le chef des catholiques. Une loi de droit divin oblige indépendam­ment du droit ecclésiastique (comme le précise le canon 6, no 6).  Article détaillé : 1. Une loi de droit divin

Celui qui dévie de la foi n’est pas papabile: telle est la loi catholique. Faisons maintenant l’application pratique de cette loi.

Résumé: ceux qui ont dévié de la foi catholique avant leur élection ne sont pas papabiles.

1. Une loi de droit divin

Publié le par clovis

http://www.virgo-maria.org/mystere-iniquite/documents/chapters/documents_published/image1/Chaire-de-st-Pierre.jpg CHAPITRE : UN NON-CATHOLIQUE, UN HERETIQUE, NE PEUT PAS ÊTRE PAPE !



   Qui est éligible au conclave ?


    « Sont éligibles tous ceux qui, de droit divin ou ecclé­siastique, ne sont pas exclus. Sont exclus les femmes, les enfants, les déments, les non-baptisés, les hérétiques et les schismatiques » (Raoul Naz: Traité de droit canonique, Paris 1954, t. 1, p. 375, repris par le Dictionnaire de théologie catholique, article « élection »).

    « C’est une opinion commune que l’élection d’une femme, d’un enfant, d’un dément ou d’un non-membre de l’Église (non-baptisé, hérétique, apostat, schismatique) serait nulle par loi divine ».[1]

    L’opinion selon laquelle un homme hérétique occupant le Siège de Pierre puisse néanmoins être pape est rejeté pratique­ment à l’unanimité par tous les docteurs et théologiens de toutes les époques. « Cette opinion est défendue par un seul théologien, parmi les 136 anciens et modernes dont nous avons pu vérifier la position sur ce sujet. Nous parlons du canoniste français D. Bouix (mort en 1870) » (Arnaldo Xavier da Silveira: La nouvelle messe de Paul VI: Qu’en penser?, p. 246).

    Même les protestants savent que les conclaves sont ré­gis par le principe, de catholicité des candidats à la tiare. « Est éligible tout chrétien (même un laïc) mâle, catholique, non tombé dans 1 ‘hérésie » (Realencyclopädie fiir protestantische Theologie und Kir­che, troisième édition, Leipzig 1904, article « Papstwahf »).


    La clause de catholicité régissant les conclaves est une loi de droit divin. Notre Seigneur a donné l’exemple: avant de mettre saint Pierre à la tête de l’Église, il lui a demandé d’abord de faire sa profession de foi. Ce n’est qu’après s’être as­suré de l’orthodoxie du « papabile » que le Christ le désigne comme pierre de fondement de l’Église. « «Et pour vous», leur dit-il, «qui suis-je?». Simon-Pierre prit la parole: «Tu es le Christ », dit-il, «le Fils du Dieu vivant!». Alors Jésus prit la parole à son tour et lui dit: «Tu es heureux, Simon, fils de Jonas, car ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux. Et moi, je te déclare: Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle» » (Matthieu XVI, 15 - 18).

    Que la clause de catholicité des candidats à la tiare soit une loi de droit divin fut bien mis en valeur par le jésuite espagnol Francisco Suarez (1548 - 1617). Suarez était célèbre comme philo­sophe, théologien et juriste. Après avoir montré, en se basant sur des passages de l’Écriture, que la foi est le fondement de l’Église, Sua­rez écrit: « C’est pourquoi, si la foi est le fondement de l’Église, elle est aussi le fondement du pontificat et de l’ordre hiérarchique de l’Église. Cela est confirmé par le fait que telle est la raison qu’on donne pour expliquer pourquoi le Christ avait demandé à Saint Pierre une profession de foi avant de lui promettre la papauté (Matthieu XVI, 13 - 20) » (Francisco Suarez: De fide, disputatio X, section VI, no 2, in: Opera omnia, Paris 1858, t. XII, p. 316).

    Parmi les théologiens catholiques, le plus célèbre est sans conteste le docteur angélique. Son ouvrage majeur, la Somme théologique, fut mise sur l’autel lors du concile de Trente. Or dans cette Somme, on trouve deux passages particulièrement intéressants:

    Saint Thomas enseigne que l’élection d’un candidat mauvais (et tout hérétique est mauvais!) est juridiquement contestable: « D’après le droit (in Glos. in ch. Custos) il suffit de choisir ce qui est bon, mais il n’est pas nécessaire qu’on se décide pour ce qu’il y a de mieux. [...] Pour qu’on ne puisse pas attaquer une élection devant le tribunal ecclésiastique, il suffit que celui qui a été élu soit homme de bien, mais il n’est pas nécessaire qu’il soit le meilleur, parce que dans ce cas toute élection pourrait être contes­tée » (Somme théologique, II-II, q. 63, a. 2).

    Ailleurs, le docteur angélique enseigne que ni les schismatiques, ni les hérétiques ne peuvent gouverner l’Église: « Saint Cyprien (Lettre 52) dit que celui qui n’observe ni l’unité de l’esprit, ni l’union de la paix, et qui se sépare de l’Église et de l’assemblée des prêtres, ne peut avoir ni lâ puissance, ni la dignité épiscopale. Quoique les schismatiques puissent avoir le pouvoir d’ordre, ils sont néanmoins privés de celui de juridiction. [...] La puissance de juri­diction [..,] ne s’attache pas d’une manière immuable à celui qui la reçoit. Elle n’existe donc pas chez les schismatiques et les héréti­ques; par conséquent, ils ne peuvent ni absoudre, ni excommunier, ni accorder des indulgences, ni rien faire de semblable. S’ils font ces choses, elles sont nulles. Ainsi, quand on dit que les schismatiques et les hérétiques n’ont pas de puissance spirituelle, on doit entendre par là la puissance de juridiction » (Somme théologique II-II, q. 39, a. 3).

* * *

    Nos ancêtres dans la foi ont parfois contesté l’élection de tel ou tel faux pape. L’histoire ecclésiastique est si riche en en­seignements!

    À l’époque paléochrétienne, les Pères de l’Église sont unanimes au sujet de l’incompatibilité radicale entre l’hérésie et le souverain pontificat. Exemple: l’antipape Novatien, qui était schis­matique et hérétique, fut déclaré déchu de la cléricature par saint Cy­prien. « Il ne peut avoir l’épiscopat, et s’il a été d’abord évêque, il s’est séparé [par son hérésie] du corps épiscopal de ses confrères et de l’unité de l’Église » (Saint Cyprien: livre IV, épître 2).

    Au Moyen Âge, la voie suivie par les catholiques fut la suivante: non pas déposer un pape, mais contester la validité de l’élection d’un antipape intrus. L’historien allemand Zimmer­mann, après avoir analysé une à une les dépositions des antipapes successifs, résume ainsi les principes du procédé: « Il apparaissait comme parfaitement légitime d’éloigner un tel hérétique de sa posi­tion usurpée et de faire abstraction, dans ce cas, de la maxime juri­dique «le premier Siège n’est jugé par personne». Ce que l’on pre­nait à un tel pape, on ne le lui enlevait qu’en apparence, car il ne l’avait en réalité jamais possédé; c’est pourquoi son pontificat était illégitime dès le début et lui-même n’était à considérer que comme un envahisseur [invasor] du Saint-Siège. Dans les sources sur les dépositions de papes, on peut lire - encore plus fréquemment que le soupçon de simonie, et sans doute pas par hasard - le reproche de l’usurpation [invasio], ce qui mettait en doute un pontificat dans sa racine, puisque l’on exprimait ainsi que ledit accusé n’avait ja­mais été occupant légitime du «premier Siège» ou n’aurait jamais eu le droit de se considérer comme tel. C’est pourquoi le mot «invasio» revient régulièrement dans les sources, en tant que terme technique pour un pontificat qu’il faut considérer comme illégitime » (Harald Zimmermann: Papstabsetzungen des Mittelalters, Graz, Vienne et Cologne 1968, p. 175).

    La même remarque est faite dans le Dictionnaire de théologie catholique (article « déposition »): quand on privait des an­tipapes schismatiques de leur office, on ne les déposait pas du pon­tificat, mais, nuance importante, on leur enlevait un pontificat qu’ils n’avaient jamais possédé depuis le début. « En fait, les papes schis­matiques ont été simplement traités comme usurpateurs et dépossé­dés d’un siège qu’ils ne possédaient pas légitimement (cf. le décret contre les simoniaques du concile de Rome de 1059, Hardouin, t. VI, col. 1064; Gratien, dist. LXXIX, c. 9; Grégoire XV: constitution Aeterni Patris (1621), sect. XIX, Bullarium romanum, t. III, p. 446). Les conciles qui les ont frappés n’ont fait qu’examiner leurs titres à la tiare. Ce ne sont pas les papes qu’ils ont jugés, mais l’élection et l’acte des électeurs ».

2. Un principe constant de la législation apostolique bimillénaire

Publié le par clovis

CHAPITRE : UN NON-CATHOLIQUE, UN HERETIQUE, NE PEUT PAS ÊTRE PAPE !

1. Une loi de droit divin


2. Un principe constant de la législation apostolique bimillénaire :


Les non-catholiques sont « irréguliers »
, ce qui les exclut non seulement du souverain pontificat, mais encore de la cléricature tout court. « Les irrégularités sont des défauts contraires aux règles canoniques, par lesquels on est éloigné des ordres ou de leurs fonc­tions » (Louis Thomassin: Ancienne et nouvelle discipline de l’Église, Bar-le-duc 1864 - 1867, 1. VII, p. 564). Les défauts se divi­sent en:

·        irrégularités ex defectu (défaut corporel: épilepsie, débilité mentale, etc.) et en

·        irrégularités ex delicto (délit: hérésie, homicide, avortement, bigamie, etc.).


    Le droit ecclésiastique en vigueur jusqu’à Saint Pie X frappait d’irrégularité les apostats et les hérétiques (canon Qui in aliquo, distique 51 et canon Qui bis. de consecratione, distique 4). Cette disposition fut reprise par saint Pie XSont irréguliers ex delicto: les hérétiques, les apos­tats de la foi et les schismatiques » (Codex iuris canon ici, 1917, canon 985, nO 1). dans son nouveau code de droit canonique: « 

    Que les non-catholiques soient irréguliers est un prin­cipe constant de la législation ecclésiastique bimillénaire. Celui qui n’est pas catholique ne peut devenir ni prêtre, ni évêque, ni pape. Cette règle est absolue et ne souffre aucune exception. Citons quel­ques documents législatifs à ce sujet:

    Le premier document provient d’un pape ayant connu personnellement saint Pierre. Le pape saint Clément 1erConstitu­tions apostoliques. Un chapitre, intitulé « Comment doivent être ceux qui seront ordonnés », énumère les critères de recrutement du clergé. « Choisissez des évêques, prêtres et diacres dignes du Seigneur, à sa­voir des hommes pieux, justes, doux, pas avares, amis de la vérité, ayant fait leurs preuves, saints, qui ne font pas acception de person­nes, qui sont forts pour enseigner le langage de la piété, ET QUI SE MONTRENT D’UNE PARFAITE RECTITUDE (« qui coupent droit ») À L’ÉGARD DES DOGMES DU SEI­GNEUR » (Saint Clément 1er: Constitution es apostolicae, livre VII, ch. 31). (mort en l’an 90) mit par écrit les règles de l’Église catholique dans ses

    Les Statua Ecc/esiae Antiqua (milieu ou fin du Ve siè­cle) prescrivent un examen de la foi avant le sacre épiscopal. « Celui qui doit être ordonné évêque sera examiné auparavant pour savoir [...] s’il affirme avec des mots simples les enseignements de la foi. [... suit une énumération des nombreux points de doctrine sur les­quels il faut interroger le candidat]. Lorsque, ayant été examiné sur tous ces points, il aura été trouvé pleinement instruit, alors [...] qu’il soit ordonné évêque ».

    Saint Yves de Chartres (1040 - 1116, évêque de Chartres; à ne pas confondre avec le patron des gens de loi Saint Yves (1253 ­1303» participa à l’élaboration du droit canon. On lui doit une vaste collection de lois, intitulée Décrets. Il y cite une loi du pape Saint Léon IV (IXe siècle): « L’élection et la consécration du futur pontife ro­main doivent être faites conformément à la justice ET AUX LOIS CANONIQUES » (Decreti, cinquième partie, ch. 14, dist. 63, ch. In­ter nos). Et la toute première et principale loi canonique est - évi­demment - que le candidat soit catholique! C’est bien la moindre des choses...

    Cette loi est citée également par Gratien (Décret, pre­mière partie, dist. 63, ch. 31). Le moine italien Gratien recueillit les lois éparses et les réunit en une collection juridique connue sous le nom de Décret (1140). Il posa ainsi les fondements de la science du droit canonique. Sa collection de lois fit autorité dès le XIIe siècle; au XVIe siècle, le pape Grégoire XIII en ordonna une publication officielle au nom de l’Église. « Gratien (Dist. LXXXI) refuse l’entrée de la c1éricature aux hérétiques et aux apostats. Aussi sont-ils encore présentement irréguliers » (Thomassin, t. III, p. 591).

http://jesusmarie.free.fr/thomas_d_aquin_colombe.jpg    Saint Thomas d’Aquin, qui cite souvent les lois compul­sées par Gratien, enseigne: « Ceux qui sont irréguliers en vertu du droit de l’Église ne sont pas autorisés à s’élever aux ordres sacrés » (Somme théologique, II-II, q. 187, a. 1; cf. aussi II-II, q. 185, a. 2).

    Le célèbre XIXe concile œcuménique, réuni à Trente de 1545 à 1563, prescrit un examen de l’orthodoxie des candidats au sacerdoce en ces termes: « Lorsque l’évêque voudra donner les or­dres, il fera appeler à la ville, le mercredi d’auparavant ou tel jour qu’il voudra, tous ceux qui désireront les recevoir; et assisté d’hommes versés dans les Saintes Lettres et bien instruits des or­donnances ecclésiastiques, il les examinera soigneusement sur leur famille, leur personne, leur âge, leur éducation, leurs mœurs, leur doctrine et leur foi » (concile de Trente: Décret de réformation, ch. 7, 23e session, 15 juillet 1563).

    La discipline bimillénaire se retrouve dans le pontifical romain. D’après ce vénérable livre, en usage depuis des temps im­mémoriaux, il faut examiner la rectitude doctrinale des candidats à l’épiscopat avant leur sacre. L’examinateur s’adresse ainsi au candi­dat: « L’antique institution des Pères enseigne et prescrit que celui qui est choisi pour l’ordre de l’épiscopat soit auparavant examiné avec le plus grand empressement ». Parmi les questions sur la foi et les mœurs posées au candidat figure celle-ci: « Veux-tu accueillir avec vénération, enseigner et servir les traditions des Pères ortho­doxes, ainsi que les décrétales et les constitutions du Saint-Siège apostolique? » (Pontificale romanum summorum pontificum iussu editum a Benedicto XIV et Leone XIII pontificibus maximis recogni­tum et castigatum, Mechliniae [Malines, Belgique] 1958, cérémonie « De consecratione electi in episcopum », rubrique « Examen »).

    D’après la Tradition bimilténaire, les non-catholiques ne sont admis ni à la prêtrise, ni au gouvernement de l’Église.

    Le non-catholique, avons-nous dit, ne saurait en aucun cas être admis à la cléricature. Mieux encore: l’Église est extrême­ment sévère, puisqu’elle se méfie même des hérétiques convertis: « Ceux qui, quittant l’hérésie ou le schisme, viennent à l’Église ca­tholique ne sont pas admis à la cléricature » (Saint Augustin: De unice Baptismo, ch. 12).

    Depuis le début du christianisme jusqu’à nos jours, en effet, même les hérétiques convertis au catholicisme (!) sont irrégu­liers. L’un des premiers conciles, celui d’Elvire en Espagne (v. 300­303), avait déclaré cette irrégularité d’un air si affirmatif et si sévère, que c’est une marque qu’elle était très ancienne. « Si quelqu’un, ve­nant de n’importe quelle hérésie, nous rejoint en tant que fidèle (laïc), il ne devra pas du tout être promu clerc. Quant à ceux qui ont été ordonnés auparavant [lorsqu’ils étaient encore dans la secte hé­rétique], ils doivent assurément être radiés de la cléricature » (concile d’Elvire, canon 51).

    Le pape saint Innocent 1er (401 - 417) statue: « La loi de notre Église catholique est d’imposer les mains et d’accorder seule­ment la communion laïque [ne pas admettre dans les rangs du clergé] aux baptisés qui viennent à nous après avoir quitté les héré­tiques et de ne pas choisir quelqu’un parmi eux pour lui conférer les honneurs de la cléricature ». Et le pape de préciser que cette manière d’agir est conforme à la Tradition, à savoir « les anciennes règles, transmises (traditas) soit par les apôtres, soit par les hommes apos­toliques, que l’Église romaine garde et commande de garder » (Saint Innocent 1er: lettre Magna me gratulatio, 18 décembre 414, adressée aux évêques de la Macédoine).

    Celui qui est né dans une secte hérétique, mais se convertit plus tard, ne saurait donc être admis à la cléricature. Le catholique qui devient hérétique, mais se rétracte ensuite, ne saurait pas non plus devenir prêtre. « Quant à celui qui passe de la foi catho­lique à l’hérésie ou à l’apostasie », poursuit Saint Innocent 1er (ibidem), « mais qui, [ensuite] se repent et veut revenir [à l’Église catholique], est-ce qu’il pourrait être autorisé à être admis dans les rangs du clergé? Lui, dont le crime ne pourra être effacé, à moins qu’il ne fasse une longue pénitence? Après sa pénitence, il ne lui sera pas permis de devenir clerc, en vertu des lois ecclésiastiques (canones) qui font autorité ».

    Si déjà les anciens hérétiques convertis au catholicisme sont, par principe, non admis à la prêtrise, on comprendra aisément que les hérétiques qui persistent dans leur hérésie ne pourront, en aucun cas et sous aucun prétexte, être admis à la cléricature, voire au souverain pontificat!!!

3. La constitution apostolique Cum ex apostolatus (1559) du pape Paul IV

Publié le par clovis

CHAPITRE : UN NON-CATHOLIQUE, UN HERETIQUE, NE PEUT PAS ÊTRE PAPE !

1. Une loi de droit divin


2. Un principe constant de la législation apostolique bimillénaire


3. La constitution apostolique Cum ex apostolatus (1559) du pape Paul IV :

  http://www.patrickpollock.com/carafa.jpg
Cet enseignement traditionnel fut codifié juridiquement au XVIe siècle par le pape Paul IV. Le pape Paul IV rédigea un texte législatif, pour éviter qu’un cardinal soupçonné d’hérésie pût se faire élire pape. Il confia à l’un de ses proches: « Pour vous dire la vérité, nous avons voulu nous opposer aux dangers qui menaçaient le der­nier conclave et prendre de notre vivant des précautions pour que le diable n’asseye pas À L’AVENIR un des siens sur le Siège de saint Pierre » (in: Louis Pastor: Histoire des papes depuis la fin du Moyen Âge, Paris 1932, t. XIV, p. 234).

    Que s’était-il passé « au dernier conclave »? Le cardinal hérétique Morone, qui faisait de l’œcuménisme avec les protestants, avait failli être élu pape, mais avait été écarté suite à l’intervention énergique du préfet du Saint Office de l’inquisition, le cardinal Carafa (futur Paul IV). Carafa avait ouvert secrètement des procès contre certains cardinaux, dont Morone. À la mort du pape Jules III (1555), les cardinaux Carafa, Pio de Carpi et Juan Alvarez apportèrent au conclave un dossier des procès contre plusieurs sujets papabiles. Les accusations d’hérésie graves et documentées contre Morone, Pole et Bertano empêchèrent leur éventuelle élection (cf. Massimo FIRPO: Inquisizione romana e Controriforma. Studi sul cardinal Giovanni Morone e il suo processo di eresia, Bologne 1992, p. 312).

    Carafa fut élu et prit le nom de Paul IV. Il fit incarcérer Morone et rédigea la bulle Cum ex apostolatus (15 février 1559), d’après laquelle l’élection d’un homme qui aurait, ne fût-ce qu’une fois, erré en matière de foi avant l’élection, ne pouvait être valide.

    La constitution apostolique sous forme de bulle Cum ex aposto­latus du 15 février 1559 du pape Paul IV stipule, au § 6, qu’un homme ayant dévié de la foi ne saurait en aucun cas devenir pontife, quand bien même tous les cardinaux seraient d’accord, quand bien même les catholiques du monde entier lui prête­raient joyeuse obéissance durant des décennies. Tous les actes et décisions d’un tel pseudo-pontife seraient juridiquement nuls et non avenus, et cela ipso facto, sans qu’il faille une autre déclara­tion de la part de l’Église.

    Voici les principaux passage du texte de Paul IV[1] :

    « La charge apostolique, à nous confiée par Dieu malgré notre indignité, nous impose le soin général du troupeau du Sei­gneur. Pour le garder dans la foi et le conduire dans la voie du salut, nous devons, en berger attentif, veiller sans cesse et pourvoir soi­gneusement à écarter de la bergerie du Seigneur ceux qui, à notre époque, livrés aux péchés, confiant en leurs propres lumières, s’insurgent avec une rare perversité contre la règle de la vraie foi et, faussant la compréhension des Saintes Écritures, s’efforcent de dé­chirer l’unité de l’Église catholique [...]. S’ils dédaignent d’être des disciples de la vérité, ils ne doivent pas continuer à enseigner l’erreur.

        § 1. Devant la situation actuelle si grave et si dange­reuse, il ne faut pas que l’on puisse reprocher au pontife romain de dévier dans la foi. Il est sur terre le Vicaire de Dieu et de Notre Sei­gneur Jésus-Christ; il a la plénitude de l’autorité sur les nations et les royaumes; il est le juge universel et n’a à être jugé par personne ici-bas. D’ailleurs, plus le danger est grand, plus la vigilance doit être entière et attentive, pour que les faux prophètes, ou même d’autres hommes, revêtus d’une juridiction séculière, ne puissent prendre lamentablement dans leurs filets les âmes simples et entraî­ner avec eux à la perdition et à la ruine de la damnation les peuples innombrables confiés à leur soin et à leur direction, au spirituel comme au temporel; aussi pour que nous ne soyons jamais témoins de «l’abomination de la désolation dans le lieu saint» annoncée par le prophète Daniel, alors que nous désirons de tout notre pouvoir avec l’aide de Dieu, selon notre charge pastorale, capturer les re­nards qui s’ingénient à saccager la vigne du Seigneur et écarter les loups des bergeries, afin de ne pas ressembler à des chiens muets in­capables d’aboyer, ni nous perdre avec les mauvais agriculteurs, ni être comparé à un mercenaire.

        § 2. Après mûre délibération à ce sujet avec nos véné­rables frères, les cardinaux de la Sainte Église romaine, sur leur conseil et avec leur assentiment unanime, de par notre autorité apostolique, nous approuvons et renouvelons toutes et chacune des sentences, censures et peines d’excommunication, suspense, interdit et privation qu’ont promulguées et portées, de quelque façon que ce soit, contre les hérétiques et les schismatiques:

·        tous les pontifes romains, nos prédécesseurs [..] jus­que par leurs lettres extravagantes[2] ;

·        les saints conciles de l’Église de Dieu;

·        les saints Pères dans leurs décrets et statuts;

·         les saints canons, constitutions et ordonnances apos­toliques;

    et nous voulons qu’elles soient observées à perpétuité et remises en pleine vigueur, si besoin en est, et qu’elles le demeu­rent.

    Elles s’appliquent à tous ceux qui, jusqu’ici, auront été pris sur le fait, auront avoué ou auront été convaincus d’avoir dévié de la foi catholique ou d’être tombés en quelque hérésie ou d’avoir encouru le schisme ou de l’avoir suscité ou commis. Elles s’appliquent encore [...] à ceux qui, à l’avenir, ou bien dévieront, ou bien tomberont dans l’hérésie, ou bien encourront le schisme [...].

        § 3. [...] En vertu de cette constitution nôtre, VALIDE À PERPÉTUITÉ, par haine d’un si grand crime, le plus grave et le plus pernicieux possible dans l’Église de Dieu, dans la plénitude de notre pouvoir apostolique, nous décidons, statuons, décrétons et définissons[3]:

        [§ 4 et 5: les clercs ou princes séculiers hérétiques sont déchus de leurs offices; le § 6 traite du conclave:]

        § 6. [...] que si jamais il advient qu’un évêque, même ayant fonction d’archevêque, de patriarche ou de primat; qu’un car­dinal de l’Église romaine, même légat; qu’un souverain pontife même, avant leur promotion ou leur élévation au cardinalat ou au souverain pontificat, ont dévié de la foi catholique ou bien sont tombés dans quelque hérésie, la promotion ou l’élévation, même si cette dernière a eu lieu avec l’assentiment unanime de tous les car­dinaux, est NULLE, INVALIDE, VAINE, et on ne pourra dire qu’elle est devenue valide ou qu’elle deviendrait valide parce que l’intéressé accepte la charge, reçoit la consécration, ou entre ensuite en possession du gouvernement et de l’administration ou par l’intronisation du pontife romain, ou par l’acte d’agenouillement fait devant lui, ou par l’acte d’obédience à lui rendu par tous, et ce quelle que soit la durée de cette situation[4].

    On ne pourra tenir l’élection pour légitime en aucune de ses parties, et elle ne confère ni ne peut être censée conférer quelque pouvoir de commander, ni dans le domaine spirituel, ni dans le domaine temporel, à de tels hommes, promus évêques, ar­chevêques, patriarches ou primats, ou élevés au cardinalat ou au souverain pontificat. Toutes leurs paroles, tous leurs faits et gestes, tous leurs actes administratifs, avec tout ce qui en découle, N’ONT PAS LE MOINDRE EFFET JURIDIQUE, et ne confèrent à per­sonne le moindre droit. Ces personnes ainsi promues ou élevées se­rait, par le fait même, SANS QU’IL FAILLE QUELQUE AU­TRE DÉCLARATION ULTÉRIEURE, privées de toute dignité, position, honneur, titre, autorité, fonction et pouvoir à la fois [...].

        § 7. [Il est licite] de se dégager impunément de l’obéissance et du service envers eux [les non-catholiques promus pseudo-pape] et de les éviter comme magiciens, païens, publicains, hérésiarques [...]; et pour une plus grande confusion de ces hommes ainsi promus ou élevés, s’ils veulent continuer à gouverner ou à administrer, il sera licite de faire appel contre eux au bras séculier [...].

        § 8. Nonobstant... etc. [formule habituelle de promul­gation; idem au § 9]

        § 10. En conséquence, il ne sera permis à aucune per­sonne d’enfreindre ce texte de notre approbation, innovation, sanc­tion, statut, dérogation, volonté et décret avec une téméraire audace. Si quelqu’un avait la présomption de le tenter, qu’il sache que cela lui fera encourir l’indignation de Dieu tout-puissant et des bien­heureux apôtres Pierre et Paul ».

[1] Cette bulle figure dans les Codicis Juris Canonici Fontes, Typis Polyglottis Vaticanis, Rome 1947, t. 1, p. 163 - 166. Comme l’indique le titre de ce recueil, il s’agit d’une collection des « sources » (fontes) ofticielles du droit ecclé­siastique, édité par le cardinal Gasparri, membre de la commission pontificale (présidée par SI. Pie X) qui élabora le code de 1917. Typis Polylottis Vaticanis est la maison d’édition du Saint-Siège. Dans ce recueil, le texte de la bulle est reproduit jusqu’au § 7 in­clusivement. Le contenu est ainsi repris, car les § 8 sqq. sont seulement les/ormu­les stéréotypées de promulgation, identiques pour tous les textes pontificaux. Afin de gagner de la place, ces paragraphes stéréotypés finaux ne sont pas imprimés dans les Fontes, mais seulement sous-entendus par un début de citation suivi de la mention « etc. ». Le Bullarium roman/IIII reproduit la bulle en entier (§ 1 - 10, plus les signatures du pape et des cardinaux).

[2] On appelle « lettres extravagantes » celles qui ne sont pas contenues dans le droit canonique.

[3] « … perpetuum valitura constitutione [...], de apostolicae potestatis plenitudine sancimus, statuimus, decernimus et definimus... »

[4] « … si ullo umquam tempore apparuerit [...] romanum pontificem ante eius pro­motionem [...] a fide catholica deviasse, aut in aliquam haeresim incidisse, promo­lio, seu assumptio de eo etiam in concordia, et de unanimi omnium cardinalium assensu facta, nulla, irrita, et inanis existat… »

4. Paul IV a porté un jugement ex cathedra

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CHAPITRE : UN NON-CATHOLIQUE, UN HERETIQUE, NE PEUT PAS ÊTRE PAPE !

1. Une loi de droit divin


2. Un principe constant de la législation apostolique bimillénaire


3. La constitution apostolique Cum ex apostolicum (1559) du pape Paul IV


4. Paul IV a porté un jugement ex cathedra :

 La constitution apostolique de Paul IV est une défini­tion dogmatique solennelle ex cathedra, qui remplit les quatre conditions de l’infaillibilité fixées par le premier concile du Vatican, savoir:


·     EN VERTU DE SA SUPRÊME AUTORITÉ APOS­TOLIQUE: « dans la plénitude de notre pouvoir apostolique »


·     LE PAPE DÉFINIT: « Nous [...] définissons »

 

·     UNE DOCTRINE SUR LA FOI: le document concerne bel et bien la foi, puisque ce terme revient de nombreuses fois dans le texte. C’est même le souci principal de Paul IV: protéger la foi contre les hérétiques. En outre, la bulle ne donne aucune indi­cation sur le mode électoral (donc disciplinaire). Elle ne précise pas que les électeurs sont les cardinaux, qu’ils doivent délibérer dans telle ou telle salle etc...

    L’historien Pastor prétendait que le texte de Paul IV serait disciplinaire, et non dogmatique. Cette interprétation n’est plus soutenable à notre époque, car, depuis que Pastor a écrit son Histoire des papes depuis la fin du Moyen age, l’Église a fourni une « interprétation authentique » du texte de Paul IV. Depuis Saint Pie X, en effet, les théologiens sont dans l’obligation de tenir ce texte comme étant non pas disciplinaire, mais doctrinal (relatif à la foi). Pourquoi? Parce que l’Église l’a mis en relation avec une bonne douzaine de canons du code de droit canonique de 1917 relatifs à l’hérésie, à la rectitude doctrinale, à la renonciation à la foi, à la pro­pagation de doctrines condamnées.


·     QUI DOIT ÊTRE TENUE PAR TOUTE L’ÉGLISE: « Nous décidons, statuons, décrétons » une doctrine « valable à perpé­tuité », donc irréformable par elle-même, et que tout le monde doit observer sous peine d »’encourir l’indignation de Dieu tout-puissant et des bienheureux apôtres Pierre et Paul ».


    Ajoutons encore que le pape Paul IV choisit d’exprimer sa volonté par une constitution apostolique sous forme de bulle, c’est-à-dire sous une forme extérieure constituant le sommet de la solennité d’un document pontifical. « La constitution apostolique se distingue par sa portée générale et son degré élevé de solennité »; elle est « un instrument normatif essentiel aux mains du souverain pon­tife » (Philippe Levillain: Dictionnaire historique de la papauté, Pa­ris 1994, article « constitution apostolique »).

Paul IV, parlant solennellement ex cathedra, porta donc un jugement dogmatique infaillible. Sa décision, irréformable par elle-même, RESTERA EN VIGUEUR JUSQU’À LA FIN DES TEMPS.

5. Le pape Saint Pie V ordonne que les prescriptions de Paul IV soient observées inviolablement

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1. Une loi de droit divin


2. Un principe constant de la législation apostolique bimillénaire


3. La constitution apostolique Cum ex apostolicum (1559) du pape Paul IV


4. Paul IV a porté un jugement ex cathedra



5. Le pape Saint Pie V ordonne que les prescriptions de Paul IV soient observées inviolablement :



http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/fd/Pius_V.jpg/240px-Pius_V.jpg À la mort de Paul IV, les archives de l’Inquisition fu­rent incendiées par la populace, de sorte que, faute de preuves, le procès contre le cardinal Morone fut arrêté. Le cardinal sortit de pri­son. À la mort du pape Pie IV (1565), il risquait de monter sur la chaire de Pierre. Le cardinal Michel Ghislieri (futur pape Saint Pie V), voulut éviter à tout prix l’élection de Morone. Il ressortit le dossier de son procès, qu’il avait jalousement gardé et tenu pendant des années dans les pans de sa bure. Ghislieri intervint en ces termes contre Morone: « Le nouveau pontife ne doit avoir aucune réputation de condescendance à l’égard de l’hérésie, et sous cet aspect Morone n’offre pas au sacré collège les garanties nécessaires » (in: cardinal Georges Grente: Le pape des grands combats saint Pie V, Paris 1956, p. 35). Le conclave élut non pas le cardinal Morone, mais le cardinal Ghislieri, qui prit le nom de « Pie V ».

    Ghislieri fut le deuxième successeur de Paul IV. Avant de devenir pape, le cardinal Ghislieri avait travaillé sous les ordres de Paul IV, qui l’avait promu préfet de l’Inquisition. Il admirait le combat intransigeant du saint vieillard contre les hérétiques et contre la corruption des mœurs. Le jour de son élévation au souverain pontificat, on lui demanda quelle allait être la ligne directrice de son pontificat. Saint Pie V répondit avec enthousiasme: « Celle de Paul IV! » (in: Carlo Bromato: Storia di Paolo IV Pontefice Massimo, Ravenne 1748, deuxième édition 1753, t. II, p. 616).

    Le pape saint Pie V commanda solennellement que les prescriptions de Paul IV fussent fidèlement observées. « De notre propre mouvement et de science certaine, et dans la plénitude de notre puissance apostolique [...], concernant la constitution de Paul IV, [...] donnée en date du 15 février 1559, nous en renouvelons la teneur présentement, et encore nous la confirmons. Et nous voulons et commandons qu’elle soit observée inviolablement et avec le plus grand soin, selon son enchaînement et sa teneur » (Saint Pie V: motu proprio Inter multiplices curas, 21 décembre 1566, § 1).

Le terme « series », employé par Saint Pie V, signifie « enchaînement, suite, déroulement ». Cela signifie qu’il faut tenir compte de la bulle de Paul IV dans son enchaînement logique et continu, de A à Z, du début jusqu’à la fin.

6. Le pape saint Pie X fait insérer la bulle de Paul IV dans le code de droit canon

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3. La constitution apostolique Cum ex apostolicum (1559) du pape Paul IV


4. Paul IV a porté un jugement ex cathedra


5. Le pape Saint Pie V ordonne que les prescriptions de Paul IV soient observées inviolablement


6. Le pape saint Pie X fait insérer la bulle de Paul IV dans le code de droit canon :


http://img253.imageshack.us/img253/3360/stpiexct7.jpg Saint Pie X, lui aussi, désirait que la bulle de Paul IV fût observée, puisqu’il la prit pour référence du nouveau code de droit canonique.

    Ladite bulle a une indéniable valeur juridique de nos jours encore, puisqu’elle fut reprise dans le code de droit canonique de 1917. Ce code fut élaboré par une commission pontificale prési­dée par saint Pie X. Il fut promulgué par le pape Benoît XV (constitution apostolique Providentissima, 27 mai 1917).

    Désirant réunir en un code unique les lois ecclésiasti­ques, Saint Pie X décida: « 1. Nous instituons un conseil, ou, comme on dit, une commission pontificale, à laquelle seront remises la direc­tion et la charge de toute cette affaire. Elle se composera d’un cer­tain nombre de Leurs Révérendissimes Éminences les cardinaux, qui seront désignés nominalement à cet effet par le pontife. 2. Ce Conseil sera présidé par le pontife, et, en son absence, par le cardinal doyen des cardinaux assistants. [...] » (Saint Pie X: motu proprio Ar­duum salle, 19 mars 1904).

    Cette commission, dont saint Pie X était le président, avait un double objectif, comme l’expliqua le secrétaire de la commission, le cardinal Gasparri:

1. « distribuer méthodiquement tout le droit canonique en canons ou articles, à la manière des codes modernes »;

2. « faire un recueil de tous les documents [...] auxquels lesdits canons ou articles auront été empruntés » (cardinal Gasparri: lettre du 5 avril 1904, in: F. Cimetier: Les sources du droit ecclé­siastique, Paris 1930, p. 195).

    La bulle de Paul IV fut rangée explicitement et nom­mément dans ce recueil des Sources du code de droit canonique (Codicis Juris Canonici Fontes. cura emi. Petri card. Gasparri editi, Rome 1947, 1. J, p. 163 - 166). Cela a son importance: selon la lettre du cardinal Gasparri, citée ci-dessus, cela signifie donc que le code a « emprunté » quelque chose à la bulle de Paul IV. Autrement dit: le fait que la bulle de Paul IV figure dans les Fontes... indi­que que ses dispositions ont été reprises par le droit ecclésiasti­que de 1917.

    Outre les Sources..., on peut consulter le Codex iuris canonici lui-même. Il en existe deux sortes d’éditions: soit le texte des lois seul, soit le texte des lois avec leurs sources. Ces éditions annotées sont peu connues, mais extrêmement précieuses! L’équipe de canonistes ayant travaillé sous la direction de saint Pie X nota avec soin le nom des documents législatifs antérieurs ayant servi de base pour élaborer chaque nouveau canon. Le secrétaire de cette commission pontificale, le cardinal Gasparri, publia le code en ajoutant, pour chaque canon, en bas de page, les documents du magistère ayant servi de source pour élaborer le texte. Le recueil avec ces précieuses « fontium annotatione » (notes avec les sources) a pour titre: Codex iuris canon ici, Pii X pontificis maximi iussu diges­tus, Benedicti papae XV auctoritate promulgatus, praefatione, fontium annotatione et indice analytico-alphabetico ab emo. Petro card. Gasparri auctus. Il s’agit d’une édition officielle, faite par le secrétaire de la commission pontificale qui élabora le code, publiée par la maison d’édition du Saint-Siège Typis Polyglottis Vaticanis (voir reproduction en fac-similé en annexe B).

    En compulsant les « fontium annotatione » du Codex... (et aussi en consultant l’index général des Codicis Juris Canon ici Fontes..., 1. IX), on s’aperçoit que la constitution apostolique sous forme de bulle de Paul IV a été insérée dans le droit ecclésiastique pas moins de QUINZE FOIS! Quinze canons s’y réfèrent EXPLICITEMENT. En haut figure le texte même du canon; dessous, dans la note en bas de page, figurent toutes les références ayant servi à élaborer ledit canon (voir reproduction en fac-similé en annexe B).

  Tous et chacun des paragraphes de la bulle (1, 2, 3, 4, 5, 6 et 7) sont mentionnés dans le code. La bulle a été reprise dans son intégralité.

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7. Le pape Pie XII confirme l'inégibilité des non-catholiques au souverain pontificat

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1. Une loi de droit divin


2. Un principe constant de la législation apostolique bimillénaire


3. La constitution apostolique Cum ex apostolicum (1559) du pape Paul IV


4. Paul IV a porté un jugement ex cathedra


5. Le pape Saint Pie V ordonne que les prescriptions de Paul IV soient observées inviolablement


6. Le pape saint Pie X fait insérer la bulle de Paul IV dans le code de droit canon



7. Le pape Pie XII confirme l'inégibilité des non-catholiques au souverain pontificat :

http://www.geocities.com/Vienna/Strasse/5816/piusxii.jpgUne bulle pontificale n’a aucunement besoin d’être confirmée par le successeur du pape défunt pour demeurer en vigueur. Exemple: « Le bruit s’était répandu que Clément XII étant mort, la peine d’excommunication portée par sa bulle [In eminenti, 4 mai 1738, contre les francs-maçons] serait sans effet, puisque cette bulle n’avait pas été expressément confirmée par son successeur. Assurément il était ABSURDE de prétendre que les bulles des anciens pontifes dussent tomber en désuétude si elles n’étaient pas expressément approuvées par leurs successeurs » (Léon XII: Lettre apostolique Quo graviora, 13 mars 1826).

    La bulle de Paul IV, « valide à perpétuité » n’a point besoin d’être confirmée par qui que ce soit. Si elle fut toutefois confirmée par Saint Pie V et Saint Pie X, c’était tout simplement pour qu’elle ne tombât point dans l’oubli et qu’elle fût scrupuleusement observée.

* * *

    La bulle de Paul IV aurait été abrogée, entend-on dire parfois. Mais abrogée par qui? Et quand? Que l’on nous cite donc le pape qui aurait explicitement abrogé cette bulle! Jusqu’à ce jour, personne n’a pu fournir un pareil document. Cette bulle figure offi­ciellement dans le code des lois de l’Église catholique (cf. annexe B). Donc elle n’a pas été abrogée, bien au contraire!

    Pour qu’une loi ecclésiastique perde sa valeur juridi­que, il faut qu’elle soit explicitement abrogée par un pape. « Pour qu’une loi dans l’Église soit supprimée, il faut qu’un document le déclare expressément. Cela ressort des 30 premiers chapitres du code publié par Benoît XV. Or, aucun document officiel ne sup­prima la bulle de Paul IV, rangée au contraire officiellement dans le corps des lieux canoniques » (abbé Mouraux, in: Bonum certamen, no 80].

 

* * *

    En 1945, le pape Pie XII publia un nouveau règlement régissant le conclave (constitution Vacantis Apostolicae Sedis, 8 dé­cembre 1945, in: Documentation catholique du 26 octobre 1958). Il y confirme que les lois énoncées dans le droit canon doivent être ob­servées, puisqu’il présuppose que le prétendant ait été élu conformément au droit ecclésiastique avant de ceindre la tiare. C’est ce qui ressort de l’expression « après l’élection canoniquement faite » (Pie XII: constitution Vacantis Apostolicae Sedis, § 100). Les termes « canoniquement faite » signifient conformément aux « canons » (= règles, lois) édictés par le code de droit canonique.

    Au § 101 de la constitution de Pie XII, on est pré­cisément renvoyé en note au canon 219, où il est parlé du pontife romain nouvellement élu. « Le pontife romain légitimement élu... ». Le mot « légitimement » est synonyme de « canoniquement », c’est-à-dire selon les lois ecclésiastiques (« legitime electus » a pour étymologie lex, legis = la loi).

    Celui qui n’a pas été élu légitimement ne devient pas pape du tout! Au canon 109, en effet, il est précisé explicitement que, « de par le droit divin, on accède au souverain pontificat, SOUS CONDITION QUE L’ÉLECTION AIT ÉTÉ LÉGITIME »!

    Quelles sont donc les lois à observer lors d’un conclave pour que l’élection du souverain pontife soit légitime, canonique, valide, juridiquement inattaquable?

    Le canon 167, § l, traitant de l’élection des ecclésiasti­ques, stipule ceci: « Ne peuvent pas donner de suffrages [...] 4° ceux qui ont donné leur nom à une secte hérétique ou schismatique ou bien qui y adhèrent publiquement ». Si déjà les non-catholiques se voient refuser le droit d’élire, on peut présumer que l’intention du législateur était, a fortiori, de les priver du droit d’être élus. On ob­jectera que ce n’est pas dans le texte de la loi et nous en convenons. À l’époque où le code fut élaboré, il allait de soi qu’un candidat à un office ecclésiastique dût être catholique. Qu’il faille prouver une telle évidence de nos jours montre simplement la perversion mentale de notre époque. Mais il est fort aisé d’en faire la démonstration!

    Un laïc pourrait être élu validement pape, mais il est plus convenable que l’élu soit pris parmi les cardinaux. Or les cardi­naux, est-il précisé dans le code, doivent être « éminents en doctrine » (canon 232, § 1). Puisqu’il leur est demandé de surpasser les autres clercs par l’éminence de leur doctrine, on est en droit d’exiger d’eux, au minimum, la simple rectitude doctrinale. C’est la moindre des choses.

    Si un cardinal adhérait, par exemple, à une secte protes­tante, il deviendrait, par là même, inéligible. Car, d’après le droit, les clercs qui adhèrent à une secte non-catholique « sont ipso facto infàmes » (canon 2314, § l, no 3). Or « celui qui est frappé d’une in­famie de droit est [...] inhabile à obtenir des bénéfices, pensions, of­fices et dignités ecclésiastiques » (canon 2294, § 1, avec un renvoi, en note, au § 5 de la bulle de Paul IV).

    Qu’il faille professer la foi catholique pour être papa­bile ressort encore de bien d’autres textes législatifs. Selon le canon 343, l’évêque doit veiller à la sauvegarde de l’orthodoxie dans son diocèse. Comment l’évêque de Rome pourrait-il veiller au maintien de la foi dans son diocèse et aussi dans le monde entier, s’il était farouchement opposé à la foi catholique? D’ailleurs, avant de pou­voir devenir évêque, il faut auparavant avoir prononcé une profes­sion de foi catholique (canon 332, § 2). De même, le canon 1406 prescrit la récitation d’une profession de foi approuvée par le Saint-Siège par ceux qui viennent d’être promus évêques, cardinaux etc.. Si déjà un évêque doit professer la vraie foi, n’est-il pas naturel et évident que le pape, qui est aussi évêque, doive avoir la foi?

    Que tout candidat au souverain pontificat doive avoir la foi ressort du principe juridique d’ « irrégularité » des non-catholiques. Canon 985, no 1: « Sont irréguliers ex de/icto: les hérétiques, les apostats de la foi et les schismatiques ». Leur crime d’hérésie ayant entraîné une irrégularité de nature perpétuelle (canon 983), les an­ciens hérétiques demeurent irréguliers même après leur conversion au catholicisme (Commission pontificale pour l’interprétation au­thentique du Codex iuris canonici, 30 juillet 1934, in: Acta Aposto­/icae Sedis, Rome 1934, p. 494).

    Les hérétiques convertis (!) peuvent certes, moyennant une dispense spéciale réservée au Saint-Siège, accéder à la prêtrise, mais ils ne sont pas pour autant habilités à accéder à l’épiscopat. Car selon le canon 991, § 3, « l’irrégularité qui a fait l’objet d’une dis­pense (!) permet d’accéder aux ordres mineurs, voire à la prêtrise, mais rend inhabile au cardinalat, à l’épiscopat, à l’abbatiat, à la prélature nullius, à la charge de supérieur dans une religion cléricale exempte ». Or tout pape est évêque de Rome! Leur « irrégularité » empêche les hérétiques convertis (sans parler des non-catholiques) d’accéder à l’épiscopat et, par voie de conséquence, au souverain pontificat. L’élection au souverain pontificat d’un « irrégulier » est juridiquement NULLE ET NON A VENUE!

    Canon 2335: « Ceux qui donnent leur nom à la secte maçonnique ou à d’autres associations de ce genre qui conspirent contre l’Église ou les pouvoirs civils légitimes encourent par le fait même l’excommunication réservée au Siège apostolique ».

    Canon 2336: « § 1. Des clercs qui ont commis un délit prévu aux canons 2334 ou 2335, en sus des peines statuées par les­dits canons, doivent être suspens ou privés de leur office, bénéfice, dignité, pension ou revenu, s’ils en ont. Les religieux doivent être punis par la privation de l’office et la perte du droit d’élection actif ou passif, et par d’autres peines conformément aux règles de leur ordre monastique. § 2. De plus, des clercs ou des religieux, qui ad­hèrent à la maçonnerie ou à d’autres associations semblables, doi­vent être dénoncés à la sacrée congrégation du Saint Office ». Le Saint Office (autrefois appelé « Inquisition ») a pour tâche de démas­quer et de châtier les hérétiques.

    Le canon 2336 stipule donc qu’un franc-maçon ne saurait être pape.

    Le canon 188 est capital. « En vertu d’une renonciation tacite admise par le droit lui-même, n’importe quel office est vacant par le fait même et sans aucune déclaration, si le clerc [...] 4° se détache (defecerit) publiquement de la foi catholique ». Un non-catholique ne saurait donc devenir pape, puisque, en raison de sa non-catholicité, il y a « renonciation tacite » au souverain pontificat.

    Ce canon peut être invoqué pour contester la validité de l’élection d’une personne n’étant plus catholique, et ce même depuis la constitution de Pie XII. Car Pie XII n’annule en rien le droit ca­non, bien au contraire, puisqu’il reprend explicitement dans sa constitution ces règles du droit ecclésiastique. Pourtant, objec­tera-t-on encore, Pie XII parle de « vrai pape » après l’acceptation de l’élection. D’après Pie XII (Vacantis Apostolicae Sedis, § 100 et § 101), il faut que la personne élue par le conclave accepte son élec­tion. « Acceptez-vous l’élection qui vient d’être faite canoniquement de votre personne comme souverain pontife? Ce consentement donné [...] l’élu est immédiatement VRAI pape et il acquiert par le fait même et peut exercer une pleine et absolue juridiction sur l’univers entier ». Certes, mais regardons-y à deux fois! Pie XII dit bel et bien « l’élection qui vient d’être faite canoniquement ».

    Un homme non-catholique est inapte à recevoir le pontificat. En effet, la défection dans la foi constitue automatique­ment une « renonciation tacite » à tout office ecclésiastique (canon 188, no 4). Cette renonciation tacite empêche l’acceptation de l’élection par l’élu. Même s’il accepte en paroles son élection, ces paroles sont invalidées par sa non-catholicité et il n’est pas pape du tout. Ce raisonnement relève de la logique élémentaire: il est im­possible d’accepter le pontificat si en même temps on y renonce pour raison de d’abandon de la foi!

    Que le canon 188 puisse et doive être appliqué lors du conclave ressort clairement des « fontium annotatione » (voir fac-similé à la page suivante, et aussi les fac-similés au format plus grand en annexe B). Ces « annotations » ont été faites par le législa­teur pour chaque canon, en vue de fournir des repères incontestables pour interpréter correctement la loi. Tout canon comporte, en bas de page, une note qui doit servir d’aide à l’interprétation. Elle indique plusieurs « fontes » (« sources », c’est-à-dire des textes doctrinaux ou législatifs qui doivent servir de référence pour comprendre le canon en question). Or au canon 188 figurent plusieurs « sources » doctrina­les, et notamment les § 3 et 6 de la bulle de Paul IV, qui traitent justement de l’élection du souverain pontife!

    Ci-dessous la reproduction photographique d’une édition annotée du code de droit canonique, élaboré par Saint Pie X et promulgué par Be­noît XV le 27 mai 1917. En vue d’une meilleure compréhension, nous avons ajouté quelques explications en marge (voir aussi l’annexe B à la fin de notre ouvrage).

    Fac-similé de la page 47 du Codex iuris canonici. Pii X pontificis maximi iussu digestus. Benedicti papae XV auctoritate promlugatus. paeefatione. fontium anno­tatione et indice analytico-alphabetico ab emo. Petro card. Gasparri auctus, Typis Polyglottis Vaticanis, Rome 1918.

    Tout se tient: Pie XII renvoie au droit canonique, et le droit cano­nique renvoie a son tour à la bulle de Paul IV. Ainsi donc le conclave DOIT observer les dis­positions des § 3 et 6 de la constitution Cum ex apostolatus de Paul IV, et ce SOUS PEINE DE NULLITÉ DE L’ÉLEC­TION!

    Une question reste encore à être résolue. Pie XII a bien spécifié que même l’excommunication d’un élu ne pouvait invalider l’élection. « Aucun cardinal ne peut d’aucune manière être exclu de l’élection active et passive du souverain pontife sous le prétexte ou par le motif de n’importe quelle excommunication, suspense, in­terdit ou autre empêchement ecclésiastique. Nous suspendons ces censures seulement pour cette élection; elles conserveront leurs ef­fets pour tout le reste » (Pie XII: Vacantis apostolicae sedis, § 34).

    Cela ne veut pas dire pour que les hérétiques (excommuniés en vertu du canon 2314) soient devenus éligibles pour autant! Car Pie XII n’a pas du tout écrit: « Nous autorisons les hérétiques à se faire élire pape »! Il n’a jamais rien écrit de sembla­ble. Il a simplement levé toute excommunication pour le temps que dure le conclave.

    Pourquoi avoir levé toute excommunication? Il est im­possible que le pape ait pu penser aux hérétiques, car les clercs non-catholiques sont déchus automatiquement de leur charge (canon 188) et n’ont pas le droit de voter (canon 167). C’est pourquoi Pie XII pense seulement aux cardinaux excommuniés pour un délit autre que 1 ‘hérésie. On peut, en effet, être non-hérétique, mais excommu­nié. Voici quelques délits punis d’excommunication par le droit ca­nonique: trafic de fausses reliques (2326), violation de la clôture monastique (2342), usurpation des biens de l’Église (2345), avorte­ment (2350), etc.. Imaginons qu’un cardinal, par cupidité, se soit li­vré au trafic de fausses reliques. Son excommunication est levée durant le conclave. S’il est catholique, ce cardinal est éligible.

    Par contre, un homme non-catholique demeure inéligi­ble. Car il a devant lui un DOUBLE obstacle:

1. son excommunication et

2. sa non-catholicité.

    Pie XII lève certes (pour le temps que dure le conclave) toutes les excommunications. Mais l’homme hérétique, même s’il n’est pas excommunié temporairement, ne fait pas pour autant partie des candidats papabiles, car un autre obstacle, la clause de catholi­cité, lui est opposable toujours et encore.

    Que Pie XII soit très attaché à la clause de catholicité est évident pour quiconque connaît bien ce pape de sainte mémoire. Mentionnons quatre indices:

. Pour Pie XII, il y a « un patrimoine de l’Église » pré­cieux, « constitué principalement par la foi, que récemment nous ve­nons de défendre contre de nouveaux dangers » (allocution au pre­mier congrès international des religieux, 8 décembre 1950). Com­ment ce pape, qui tient à la défense du patrimoine de la foi comme àla prunelle de ses yeux, aurait-il pu vouloir faire fi du principe de catholicité lors de l’élection pontificale?!

.  Ce pape avait un tel souci de maintenir l’intégrité de la foi qu’il passait chaque jour des heures et des heures derrière sa machine à écrire (il ne se couchait pas avant une heure du matin) pour exposer la saine doctrine et réfuter les erreurs. Pour se docu­menter, Pie XII « disposait d’une énorme bibliothèque de manuels spécialisés, d’encyclopédies et d’abrégés des sciences, en tout plus de cinquante mille volumes. Il était assisté dans ses recherches par le Père Hentrich et le toujours fidèle Père Robert Leiber, ainsi que par une troupe improvisée de jésuites de bonne volonté. Intransigeant sur l’exactitude, il n’hésitait pas à malmener ses auxiliaires, véri­fiant et revérifiant chaque référence et chaque citation. Il dit un jour à un monsignor: «Le pape a le devoir de faire toute chose mieux dans tous les domaines; à d’autres, il est possible de par­donner leurs imperfections, au pape, jamais. Non!» » (John Cornwell: Le pape et Hitler. L ‘histoire secrète de Pie XII, Paris 1999, p. 437). Comment ce « maniaque » de la vérité, cet ennemi acharné de la moindre erreur même involontaire, aurait-il pu suppor­ter l’idée que, après son décès, d’aucuns se serviraient de son nom pour soutenir qu’il aurait autorisé un hérétique à devenir pape?!

. Ce pape enrichit le missel, en créant un office qui n’existait pas avant lui: le « commun des papes ». Bien entendu, la secte conciliaire se hâta de supprimer cet office. Pourquoi? Parce que cet office contient deux prières extraordinaires, qui constituent un rempart puissant pour les catholiques désireux de rester intégra­lement catholiques.

Voici le texte de la secrète: « Munera quae tibi, Domine, laetantes offerimus, suscipe benignus, et praesta ut, intercedente beato N, Ecclesia tua et fidei integritate laetetur, et temporum tran­quillitate semper exsultet » (« Accueillez avec bonté, Seigneur, les présents qu’avec joie nous vous offrons, afin que par l’intercession du bienheureux N., votre Église connaisse le bonheur d’une FOI INTÉGRALE et des temps à jamais paisibles »).

Voici le texte de la postcommunion: « Refectione sancta ellutritam gubema, quaesumus, Domine, tuam placatus Ecclesiam: ut potenti moderatione directa, et incrementa libertatis accipiat et in religionis integritate persistat » (« Cette Église dont vous avez refait les forces par ce repas sacré, guidez-là, Seigneur, avec bonté, en sorte que, sous votre impulsion souveraine, elle voie sa liberté croÎître sans cesse et qu’elle persévère dans L’INTÉGRITÉ DE LA RE­LIGION »).

Voilà ce que souhaitait le pape Pie XII pour le « commun des pontifes »: qu’ils persévèrent dans la foi catholique in­tégrale et que la Sainte Église conserve l’intégrité de la religion! Comment aurait-il voulu abolir la clause de catholicité régissant le conclave, puisque cette clause fait partie intégrante de la foi?

. Un an avant sa mort, Pie XII statua: « Si un laïc était élu pape, il ne pourrait accepter l’élection qu’à condition d’être apte à recevoir l’ordination et disposé à se faire ordonner; le pouvoir d’enseigner et de gouverner, ainsi que le charisme de l’infaillibilité, lui seraient accordés dès l’instant de son acceptation, même avant son ordination » (Allocution au deuxième Congrès mondial de l’apostolat des laïcs, 5 octobre 1957).

    Or nous avons vu plus haut que pour être apte à rece­voir l’ordination, il faut être catholique (canon 985). Un non-catholique est inapte. Si l’élu du conclave n’est pas apte à rece­voir l’ordination, dit Pie XII (5 octobre 1957, cité ci-dessus), il ne peut pas accepter le pontificat. Ainsi donc, PIE XII A CONFIRMÉ EXPRESSÉMENT LA CLAUSE DE CATHOLICITÉ EN 1957.

    Et rappelons que ce même Pie XII avait déjà confirmé la clause de catholicité en 1945, en demandant que l’élection fût « canoniquement faite », à savoir conformément au canon 188, qui renvoie à la bulle de Paul IV.

* * *

    Et que dit saint Pie X? Il dit: « Après l’élection canoni­quement faite... » Non, il n’y a pas de coquille d’imprimerie. Cette phrase est bel et bien de lui! « Post electionem canonice Jactam consensus electi per cardinalem decanum nomine totius S. Collegii requiratur » (Saint Pie X: constitution Vacante Sede Apostolica, 25 dé­cembre 1904, § 87, avec en note un renvoi au Ceremoniale roma­num, livre 1, titre 1, De conclavi et electione papae, § 34).

* * *

    Résumons la situation juridique. Selon le canon 241, « le Siège apostolique étant vacant, le sacré collège des cardinaux et la curie romaine n’ont pas d’autre pouvoir que celui défini dans la constitution Vacante Sede Apostolica du 25 décembre 1904 de Pie X ». Saint Pie X a donné le pouvoir aux cardinaux d’élire canonique­ment le nouveau pape. Les cardinaux n’ont pas le pouvoir d’élire non canoniquement un non-catholique. Une telle élection non ca­noniquement faite constitue un abus de pouvoir, qui rend le conclave juridiquement nul et non avenu.

    Nota bene: Les haereticis (« hérétiques » = ceux qui contestent sciemment la doctrine catholique) aussi bien que les errantes (« errants » = ceux qui errent dans la foi par igno­rance) sont exclus du souverain pontificat par Paul IV. Sont, en ef­fet, exclus des élections ceux qui « ont dévié de la foi catholique OU BIEN (aut) sont tombés dans quelque hérésie ».

    Ainsi donc, pour contester l’élection de tel ou tel can­didat, il suffit de constater qu’il a « dévié de la foi », peu importe qu’il ait dévié sciemment ou par ignorance, et peu importe qu’il ait ou non reçu un avertissement de la part de ses supérieurs (monition canonique individuelle). Si les écrits ou discours du candidat contiennent une erreur dans la foi, cela suffit amplement à invalider l’élection, car la constitution Cum ex apostolatus rend inéligibles non seulement les hérétiques formels, mais aussi ceux qui dévient de la foi par ignorance du magistère. Une seule erreur dans la foi - in­volontaire ou volontaire - et l’élection est nulle « par le fait même, sans qu’il faille quelque autre déclaration ultérieure » (Cum ex apos­tolatus, § 6).

    Pour ceux que cela intéresserait, nous avons fait une étude qui définit ce qu’est un homme « hérétique », explique en quoi consiste la « pertinacité » et prouve que Roncalli, Montini, Luciani, Wojtyla sont « pertinaces » [à venir]

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