Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

3. La constitution apostolique Cum ex apostolatus (1559) du pape Paul IV

Publié le par clovis

CHAPITRE : UN NON-CATHOLIQUE, UN HERETIQUE, NE PEUT PAS ÊTRE PAPE !

1. Une loi de droit divin


2. Un principe constant de la législation apostolique bimillénaire


3. La constitution apostolique Cum ex apostolatus (1559) du pape Paul IV :

  http://www.patrickpollock.com/carafa.jpg
Cet enseignement traditionnel fut codifié juridiquement au XVIe siècle par le pape Paul IV. Le pape Paul IV rédigea un texte législatif, pour éviter qu’un cardinal soupçonné d’hérésie pût se faire élire pape. Il confia à l’un de ses proches: « Pour vous dire la vérité, nous avons voulu nous opposer aux dangers qui menaçaient le der­nier conclave et prendre de notre vivant des précautions pour que le diable n’asseye pas À L’AVENIR un des siens sur le Siège de saint Pierre » (in: Louis Pastor: Histoire des papes depuis la fin du Moyen Âge, Paris 1932, t. XIV, p. 234).

    Que s’était-il passé « au dernier conclave »? Le cardinal hérétique Morone, qui faisait de l’œcuménisme avec les protestants, avait failli être élu pape, mais avait été écarté suite à l’intervention énergique du préfet du Saint Office de l’inquisition, le cardinal Carafa (futur Paul IV). Carafa avait ouvert secrètement des procès contre certains cardinaux, dont Morone. À la mort du pape Jules III (1555), les cardinaux Carafa, Pio de Carpi et Juan Alvarez apportèrent au conclave un dossier des procès contre plusieurs sujets papabiles. Les accusations d’hérésie graves et documentées contre Morone, Pole et Bertano empêchèrent leur éventuelle élection (cf. Massimo FIRPO: Inquisizione romana e Controriforma. Studi sul cardinal Giovanni Morone e il suo processo di eresia, Bologne 1992, p. 312).

    Carafa fut élu et prit le nom de Paul IV. Il fit incarcérer Morone et rédigea la bulle Cum ex apostolatus (15 février 1559), d’après laquelle l’élection d’un homme qui aurait, ne fût-ce qu’une fois, erré en matière de foi avant l’élection, ne pouvait être valide.

    La constitution apostolique sous forme de bulle Cum ex aposto­latus du 15 février 1559 du pape Paul IV stipule, au § 6, qu’un homme ayant dévié de la foi ne saurait en aucun cas devenir pontife, quand bien même tous les cardinaux seraient d’accord, quand bien même les catholiques du monde entier lui prête­raient joyeuse obéissance durant des décennies. Tous les actes et décisions d’un tel pseudo-pontife seraient juridiquement nuls et non avenus, et cela ipso facto, sans qu’il faille une autre déclara­tion de la part de l’Église.

    Voici les principaux passage du texte de Paul IV[1] :

    « La charge apostolique, à nous confiée par Dieu malgré notre indignité, nous impose le soin général du troupeau du Sei­gneur. Pour le garder dans la foi et le conduire dans la voie du salut, nous devons, en berger attentif, veiller sans cesse et pourvoir soi­gneusement à écarter de la bergerie du Seigneur ceux qui, à notre époque, livrés aux péchés, confiant en leurs propres lumières, s’insurgent avec une rare perversité contre la règle de la vraie foi et, faussant la compréhension des Saintes Écritures, s’efforcent de dé­chirer l’unité de l’Église catholique [...]. S’ils dédaignent d’être des disciples de la vérité, ils ne doivent pas continuer à enseigner l’erreur.

        § 1. Devant la situation actuelle si grave et si dange­reuse, il ne faut pas que l’on puisse reprocher au pontife romain de dévier dans la foi. Il est sur terre le Vicaire de Dieu et de Notre Sei­gneur Jésus-Christ; il a la plénitude de l’autorité sur les nations et les royaumes; il est le juge universel et n’a à être jugé par personne ici-bas. D’ailleurs, plus le danger est grand, plus la vigilance doit être entière et attentive, pour que les faux prophètes, ou même d’autres hommes, revêtus d’une juridiction séculière, ne puissent prendre lamentablement dans leurs filets les âmes simples et entraî­ner avec eux à la perdition et à la ruine de la damnation les peuples innombrables confiés à leur soin et à leur direction, au spirituel comme au temporel; aussi pour que nous ne soyons jamais témoins de «l’abomination de la désolation dans le lieu saint» annoncée par le prophète Daniel, alors que nous désirons de tout notre pouvoir avec l’aide de Dieu, selon notre charge pastorale, capturer les re­nards qui s’ingénient à saccager la vigne du Seigneur et écarter les loups des bergeries, afin de ne pas ressembler à des chiens muets in­capables d’aboyer, ni nous perdre avec les mauvais agriculteurs, ni être comparé à un mercenaire.

        § 2. Après mûre délibération à ce sujet avec nos véné­rables frères, les cardinaux de la Sainte Église romaine, sur leur conseil et avec leur assentiment unanime, de par notre autorité apostolique, nous approuvons et renouvelons toutes et chacune des sentences, censures et peines d’excommunication, suspense, interdit et privation qu’ont promulguées et portées, de quelque façon que ce soit, contre les hérétiques et les schismatiques:

·        tous les pontifes romains, nos prédécesseurs [..] jus­que par leurs lettres extravagantes[2] ;

·        les saints conciles de l’Église de Dieu;

·        les saints Pères dans leurs décrets et statuts;

·         les saints canons, constitutions et ordonnances apos­toliques;

    et nous voulons qu’elles soient observées à perpétuité et remises en pleine vigueur, si besoin en est, et qu’elles le demeu­rent.

    Elles s’appliquent à tous ceux qui, jusqu’ici, auront été pris sur le fait, auront avoué ou auront été convaincus d’avoir dévié de la foi catholique ou d’être tombés en quelque hérésie ou d’avoir encouru le schisme ou de l’avoir suscité ou commis. Elles s’appliquent encore [...] à ceux qui, à l’avenir, ou bien dévieront, ou bien tomberont dans l’hérésie, ou bien encourront le schisme [...].

        § 3. [...] En vertu de cette constitution nôtre, VALIDE À PERPÉTUITÉ, par haine d’un si grand crime, le plus grave et le plus pernicieux possible dans l’Église de Dieu, dans la plénitude de notre pouvoir apostolique, nous décidons, statuons, décrétons et définissons[3]:

        [§ 4 et 5: les clercs ou princes séculiers hérétiques sont déchus de leurs offices; le § 6 traite du conclave:]

        § 6. [...] que si jamais il advient qu’un évêque, même ayant fonction d’archevêque, de patriarche ou de primat; qu’un car­dinal de l’Église romaine, même légat; qu’un souverain pontife même, avant leur promotion ou leur élévation au cardinalat ou au souverain pontificat, ont dévié de la foi catholique ou bien sont tombés dans quelque hérésie, la promotion ou l’élévation, même si cette dernière a eu lieu avec l’assentiment unanime de tous les car­dinaux, est NULLE, INVALIDE, VAINE, et on ne pourra dire qu’elle est devenue valide ou qu’elle deviendrait valide parce que l’intéressé accepte la charge, reçoit la consécration, ou entre ensuite en possession du gouvernement et de l’administration ou par l’intronisation du pontife romain, ou par l’acte d’agenouillement fait devant lui, ou par l’acte d’obédience à lui rendu par tous, et ce quelle que soit la durée de cette situation[4].

    On ne pourra tenir l’élection pour légitime en aucune de ses parties, et elle ne confère ni ne peut être censée conférer quelque pouvoir de commander, ni dans le domaine spirituel, ni dans le domaine temporel, à de tels hommes, promus évêques, ar­chevêques, patriarches ou primats, ou élevés au cardinalat ou au souverain pontificat. Toutes leurs paroles, tous leurs faits et gestes, tous leurs actes administratifs, avec tout ce qui en découle, N’ONT PAS LE MOINDRE EFFET JURIDIQUE, et ne confèrent à per­sonne le moindre droit. Ces personnes ainsi promues ou élevées se­rait, par le fait même, SANS QU’IL FAILLE QUELQUE AU­TRE DÉCLARATION ULTÉRIEURE, privées de toute dignité, position, honneur, titre, autorité, fonction et pouvoir à la fois [...].

        § 7. [Il est licite] de se dégager impunément de l’obéissance et du service envers eux [les non-catholiques promus pseudo-pape] et de les éviter comme magiciens, païens, publicains, hérésiarques [...]; et pour une plus grande confusion de ces hommes ainsi promus ou élevés, s’ils veulent continuer à gouverner ou à administrer, il sera licite de faire appel contre eux au bras séculier [...].

        § 8. Nonobstant... etc. [formule habituelle de promul­gation; idem au § 9]

        § 10. En conséquence, il ne sera permis à aucune per­sonne d’enfreindre ce texte de notre approbation, innovation, sanc­tion, statut, dérogation, volonté et décret avec une téméraire audace. Si quelqu’un avait la présomption de le tenter, qu’il sache que cela lui fera encourir l’indignation de Dieu tout-puissant et des bien­heureux apôtres Pierre et Paul ».

[1] Cette bulle figure dans les Codicis Juris Canonici Fontes, Typis Polyglottis Vaticanis, Rome 1947, t. 1, p. 163 - 166. Comme l’indique le titre de ce recueil, il s’agit d’une collection des « sources » (fontes) ofticielles du droit ecclé­siastique, édité par le cardinal Gasparri, membre de la commission pontificale (présidée par SI. Pie X) qui élabora le code de 1917. Typis Polylottis Vaticanis est la maison d’édition du Saint-Siège. Dans ce recueil, le texte de la bulle est reproduit jusqu’au § 7 in­clusivement. Le contenu est ainsi repris, car les § 8 sqq. sont seulement les/ormu­les stéréotypées de promulgation, identiques pour tous les textes pontificaux. Afin de gagner de la place, ces paragraphes stéréotypés finaux ne sont pas imprimés dans les Fontes, mais seulement sous-entendus par un début de citation suivi de la mention « etc. ». Le Bullarium roman/IIII reproduit la bulle en entier (§ 1 - 10, plus les signatures du pape et des cardinaux).

[2] On appelle « lettres extravagantes » celles qui ne sont pas contenues dans le droit canonique.

[3] « … perpetuum valitura constitutione [...], de apostolicae potestatis plenitudine sancimus, statuimus, decernimus et definimus... »

[4] « … si ullo umquam tempore apparuerit [...] romanum pontificem ante eius pro­motionem [...] a fide catholica deviasse, aut in aliquam haeresim incidisse, promo­lio, seu assumptio de eo etiam in concordia, et de unanimi omnium cardinalium assensu facta, nulla, irrita, et inanis existat… »

4. Paul IV a porté un jugement ex cathedra

Publié le par clovis

CHAPITRE : UN NON-CATHOLIQUE, UN HERETIQUE, NE PEUT PAS ÊTRE PAPE !

1. Une loi de droit divin


2. Un principe constant de la législation apostolique bimillénaire


3. La constitution apostolique Cum ex apostolicum (1559) du pape Paul IV


4. Paul IV a porté un jugement ex cathedra :

 La constitution apostolique de Paul IV est une défini­tion dogmatique solennelle ex cathedra, qui remplit les quatre conditions de l’infaillibilité fixées par le premier concile du Vatican, savoir:


·     EN VERTU DE SA SUPRÊME AUTORITÉ APOS­TOLIQUE: « dans la plénitude de notre pouvoir apostolique »


·     LE PAPE DÉFINIT: « Nous [...] définissons »

 

·     UNE DOCTRINE SUR LA FOI: le document concerne bel et bien la foi, puisque ce terme revient de nombreuses fois dans le texte. C’est même le souci principal de Paul IV: protéger la foi contre les hérétiques. En outre, la bulle ne donne aucune indi­cation sur le mode électoral (donc disciplinaire). Elle ne précise pas que les électeurs sont les cardinaux, qu’ils doivent délibérer dans telle ou telle salle etc...

    L’historien Pastor prétendait que le texte de Paul IV serait disciplinaire, et non dogmatique. Cette interprétation n’est plus soutenable à notre époque, car, depuis que Pastor a écrit son Histoire des papes depuis la fin du Moyen age, l’Église a fourni une « interprétation authentique » du texte de Paul IV. Depuis Saint Pie X, en effet, les théologiens sont dans l’obligation de tenir ce texte comme étant non pas disciplinaire, mais doctrinal (relatif à la foi). Pourquoi? Parce que l’Église l’a mis en relation avec une bonne douzaine de canons du code de droit canonique de 1917 relatifs à l’hérésie, à la rectitude doctrinale, à la renonciation à la foi, à la pro­pagation de doctrines condamnées.


·     QUI DOIT ÊTRE TENUE PAR TOUTE L’ÉGLISE: « Nous décidons, statuons, décrétons » une doctrine « valable à perpé­tuité », donc irréformable par elle-même, et que tout le monde doit observer sous peine d »’encourir l’indignation de Dieu tout-puissant et des bienheureux apôtres Pierre et Paul ».


    Ajoutons encore que le pape Paul IV choisit d’exprimer sa volonté par une constitution apostolique sous forme de bulle, c’est-à-dire sous une forme extérieure constituant le sommet de la solennité d’un document pontifical. « La constitution apostolique se distingue par sa portée générale et son degré élevé de solennité »; elle est « un instrument normatif essentiel aux mains du souverain pon­tife » (Philippe Levillain: Dictionnaire historique de la papauté, Pa­ris 1994, article « constitution apostolique »).

Paul IV, parlant solennellement ex cathedra, porta donc un jugement dogmatique infaillible. Sa décision, irréformable par elle-même, RESTERA EN VIGUEUR JUSQU’À LA FIN DES TEMPS.

5. Le pape Saint Pie V ordonne que les prescriptions de Paul IV soient observées inviolablement

Publié le par clovis

  CHAPITRE : UN NON-CATHOLIQUE, UN HERETIQUE, NE PEUT PAS ÊTRE PAPE !

1. Une loi de droit divin


2. Un principe constant de la législation apostolique bimillénaire


3. La constitution apostolique Cum ex apostolicum (1559) du pape Paul IV


4. Paul IV a porté un jugement ex cathedra



5. Le pape Saint Pie V ordonne que les prescriptions de Paul IV soient observées inviolablement :



http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/fd/Pius_V.jpg/240px-Pius_V.jpg À la mort de Paul IV, les archives de l’Inquisition fu­rent incendiées par la populace, de sorte que, faute de preuves, le procès contre le cardinal Morone fut arrêté. Le cardinal sortit de pri­son. À la mort du pape Pie IV (1565), il risquait de monter sur la chaire de Pierre. Le cardinal Michel Ghislieri (futur pape Saint Pie V), voulut éviter à tout prix l’élection de Morone. Il ressortit le dossier de son procès, qu’il avait jalousement gardé et tenu pendant des années dans les pans de sa bure. Ghislieri intervint en ces termes contre Morone: « Le nouveau pontife ne doit avoir aucune réputation de condescendance à l’égard de l’hérésie, et sous cet aspect Morone n’offre pas au sacré collège les garanties nécessaires » (in: cardinal Georges Grente: Le pape des grands combats saint Pie V, Paris 1956, p. 35). Le conclave élut non pas le cardinal Morone, mais le cardinal Ghislieri, qui prit le nom de « Pie V ».

    Ghislieri fut le deuxième successeur de Paul IV. Avant de devenir pape, le cardinal Ghislieri avait travaillé sous les ordres de Paul IV, qui l’avait promu préfet de l’Inquisition. Il admirait le combat intransigeant du saint vieillard contre les hérétiques et contre la corruption des mœurs. Le jour de son élévation au souverain pontificat, on lui demanda quelle allait être la ligne directrice de son pontificat. Saint Pie V répondit avec enthousiasme: « Celle de Paul IV! » (in: Carlo Bromato: Storia di Paolo IV Pontefice Massimo, Ravenne 1748, deuxième édition 1753, t. II, p. 616).

    Le pape saint Pie V commanda solennellement que les prescriptions de Paul IV fussent fidèlement observées. « De notre propre mouvement et de science certaine, et dans la plénitude de notre puissance apostolique [...], concernant la constitution de Paul IV, [...] donnée en date du 15 février 1559, nous en renouvelons la teneur présentement, et encore nous la confirmons. Et nous voulons et commandons qu’elle soit observée inviolablement et avec le plus grand soin, selon son enchaînement et sa teneur » (Saint Pie V: motu proprio Inter multiplices curas, 21 décembre 1566, § 1).

Le terme « series », employé par Saint Pie V, signifie « enchaînement, suite, déroulement ». Cela signifie qu’il faut tenir compte de la bulle de Paul IV dans son enchaînement logique et continu, de A à Z, du début jusqu’à la fin.

6. Le pape saint Pie X fait insérer la bulle de Paul IV dans le code de droit canon

Publié le par clovis

   CHAPITRE : UN NON-CATHOLIQUE, UN HERETIQUE, NE PEUT PAS ÊTRE PAPE !

1. Une loi de droit divin


2. Un principe constant de la législation apostolique bimillénaire


3. La constitution apostolique Cum ex apostolicum (1559) du pape Paul IV


4. Paul IV a porté un jugement ex cathedra


5. Le pape Saint Pie V ordonne que les prescriptions de Paul IV soient observées inviolablement


6. Le pape saint Pie X fait insérer la bulle de Paul IV dans le code de droit canon :


http://img253.imageshack.us/img253/3360/stpiexct7.jpg Saint Pie X, lui aussi, désirait que la bulle de Paul IV fût observée, puisqu’il la prit pour référence du nouveau code de droit canonique.

    Ladite bulle a une indéniable valeur juridique de nos jours encore, puisqu’elle fut reprise dans le code de droit canonique de 1917. Ce code fut élaboré par une commission pontificale prési­dée par saint Pie X. Il fut promulgué par le pape Benoît XV (constitution apostolique Providentissima, 27 mai 1917).

    Désirant réunir en un code unique les lois ecclésiasti­ques, Saint Pie X décida: « 1. Nous instituons un conseil, ou, comme on dit, une commission pontificale, à laquelle seront remises la direc­tion et la charge de toute cette affaire. Elle se composera d’un cer­tain nombre de Leurs Révérendissimes Éminences les cardinaux, qui seront désignés nominalement à cet effet par le pontife. 2. Ce Conseil sera présidé par le pontife, et, en son absence, par le cardinal doyen des cardinaux assistants. [...] » (Saint Pie X: motu proprio Ar­duum salle, 19 mars 1904).

    Cette commission, dont saint Pie X était le président, avait un double objectif, comme l’expliqua le secrétaire de la commission, le cardinal Gasparri:

1. « distribuer méthodiquement tout le droit canonique en canons ou articles, à la manière des codes modernes »;

2. « faire un recueil de tous les documents [...] auxquels lesdits canons ou articles auront été empruntés » (cardinal Gasparri: lettre du 5 avril 1904, in: F. Cimetier: Les sources du droit ecclé­siastique, Paris 1930, p. 195).

    La bulle de Paul IV fut rangée explicitement et nom­mément dans ce recueil des Sources du code de droit canonique (Codicis Juris Canonici Fontes. cura emi. Petri card. Gasparri editi, Rome 1947, 1. J, p. 163 - 166). Cela a son importance: selon la lettre du cardinal Gasparri, citée ci-dessus, cela signifie donc que le code a « emprunté » quelque chose à la bulle de Paul IV. Autrement dit: le fait que la bulle de Paul IV figure dans les Fontes... indi­que que ses dispositions ont été reprises par le droit ecclésiasti­que de 1917.

    Outre les Sources..., on peut consulter le Codex iuris canonici lui-même. Il en existe deux sortes d’éditions: soit le texte des lois seul, soit le texte des lois avec leurs sources. Ces éditions annotées sont peu connues, mais extrêmement précieuses! L’équipe de canonistes ayant travaillé sous la direction de saint Pie X nota avec soin le nom des documents législatifs antérieurs ayant servi de base pour élaborer chaque nouveau canon. Le secrétaire de cette commission pontificale, le cardinal Gasparri, publia le code en ajoutant, pour chaque canon, en bas de page, les documents du magistère ayant servi de source pour élaborer le texte. Le recueil avec ces précieuses « fontium annotatione » (notes avec les sources) a pour titre: Codex iuris canon ici, Pii X pontificis maximi iussu diges­tus, Benedicti papae XV auctoritate promulgatus, praefatione, fontium annotatione et indice analytico-alphabetico ab emo. Petro card. Gasparri auctus. Il s’agit d’une édition officielle, faite par le secrétaire de la commission pontificale qui élabora le code, publiée par la maison d’édition du Saint-Siège Typis Polyglottis Vaticanis (voir reproduction en fac-similé en annexe B).

    En compulsant les « fontium annotatione » du Codex... (et aussi en consultant l’index général des Codicis Juris Canon ici Fontes..., 1. IX), on s’aperçoit que la constitution apostolique sous forme de bulle de Paul IV a été insérée dans le droit ecclésiastique pas moins de QUINZE FOIS! Quinze canons s’y réfèrent EXPLICITEMENT. En haut figure le texte même du canon; dessous, dans la note en bas de page, figurent toutes les références ayant servi à élaborer ledit canon (voir reproduction en fac-similé en annexe B).

  Tous et chacun des paragraphes de la bulle (1, 2, 3, 4, 5, 6 et 7) sont mentionnés dans le code. La bulle a été reprise dans son intégralité.

L'image “http://www.virgo-maria.org/mystere-iniquite/documents/chapters/documents_published/doc6/images/Canon3.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

7. Le pape Pie XII confirme l'inégibilité des non-catholiques au souverain pontificat

Publié le par clovis

   CHAPITRE : UN NON-CATHOLIQUE, UN HERETIQUE, NE PEUT PAS ÊTRE PAPE !

1. Une loi de droit divin


2. Un principe constant de la législation apostolique bimillénaire


3. La constitution apostolique Cum ex apostolicum (1559) du pape Paul IV


4. Paul IV a porté un jugement ex cathedra


5. Le pape Saint Pie V ordonne que les prescriptions de Paul IV soient observées inviolablement


6. Le pape saint Pie X fait insérer la bulle de Paul IV dans le code de droit canon



7. Le pape Pie XII confirme l'inégibilité des non-catholiques au souverain pontificat :

http://www.geocities.com/Vienna/Strasse/5816/piusxii.jpgUne bulle pontificale n’a aucunement besoin d’être confirmée par le successeur du pape défunt pour demeurer en vigueur. Exemple: « Le bruit s’était répandu que Clément XII étant mort, la peine d’excommunication portée par sa bulle [In eminenti, 4 mai 1738, contre les francs-maçons] serait sans effet, puisque cette bulle n’avait pas été expressément confirmée par son successeur. Assurément il était ABSURDE de prétendre que les bulles des anciens pontifes dussent tomber en désuétude si elles n’étaient pas expressément approuvées par leurs successeurs » (Léon XII: Lettre apostolique Quo graviora, 13 mars 1826).

    La bulle de Paul IV, « valide à perpétuité » n’a point besoin d’être confirmée par qui que ce soit. Si elle fut toutefois confirmée par Saint Pie V et Saint Pie X, c’était tout simplement pour qu’elle ne tombât point dans l’oubli et qu’elle fût scrupuleusement observée.

* * *

    La bulle de Paul IV aurait été abrogée, entend-on dire parfois. Mais abrogée par qui? Et quand? Que l’on nous cite donc le pape qui aurait explicitement abrogé cette bulle! Jusqu’à ce jour, personne n’a pu fournir un pareil document. Cette bulle figure offi­ciellement dans le code des lois de l’Église catholique (cf. annexe B). Donc elle n’a pas été abrogée, bien au contraire!

    Pour qu’une loi ecclésiastique perde sa valeur juridi­que, il faut qu’elle soit explicitement abrogée par un pape. « Pour qu’une loi dans l’Église soit supprimée, il faut qu’un document le déclare expressément. Cela ressort des 30 premiers chapitres du code publié par Benoît XV. Or, aucun document officiel ne sup­prima la bulle de Paul IV, rangée au contraire officiellement dans le corps des lieux canoniques » (abbé Mouraux, in: Bonum certamen, no 80].

 

* * *

    En 1945, le pape Pie XII publia un nouveau règlement régissant le conclave (constitution Vacantis Apostolicae Sedis, 8 dé­cembre 1945, in: Documentation catholique du 26 octobre 1958). Il y confirme que les lois énoncées dans le droit canon doivent être ob­servées, puisqu’il présuppose que le prétendant ait été élu conformément au droit ecclésiastique avant de ceindre la tiare. C’est ce qui ressort de l’expression « après l’élection canoniquement faite » (Pie XII: constitution Vacantis Apostolicae Sedis, § 100). Les termes « canoniquement faite » signifient conformément aux « canons » (= règles, lois) édictés par le code de droit canonique.

    Au § 101 de la constitution de Pie XII, on est pré­cisément renvoyé en note au canon 219, où il est parlé du pontife romain nouvellement élu. « Le pontife romain légitimement élu... ». Le mot « légitimement » est synonyme de « canoniquement », c’est-à-dire selon les lois ecclésiastiques (« legitime electus » a pour étymologie lex, legis = la loi).

    Celui qui n’a pas été élu légitimement ne devient pas pape du tout! Au canon 109, en effet, il est précisé explicitement que, « de par le droit divin, on accède au souverain pontificat, SOUS CONDITION QUE L’ÉLECTION AIT ÉTÉ LÉGITIME »!

    Quelles sont donc les lois à observer lors d’un conclave pour que l’élection du souverain pontife soit légitime, canonique, valide, juridiquement inattaquable?

    Le canon 167, § l, traitant de l’élection des ecclésiasti­ques, stipule ceci: « Ne peuvent pas donner de suffrages [...] 4° ceux qui ont donné leur nom à une secte hérétique ou schismatique ou bien qui y adhèrent publiquement ». Si déjà les non-catholiques se voient refuser le droit d’élire, on peut présumer que l’intention du législateur était, a fortiori, de les priver du droit d’être élus. On ob­jectera que ce n’est pas dans le texte de la loi et nous en convenons. À l’époque où le code fut élaboré, il allait de soi qu’un candidat à un office ecclésiastique dût être catholique. Qu’il faille prouver une telle évidence de nos jours montre simplement la perversion mentale de notre époque. Mais il est fort aisé d’en faire la démonstration!

    Un laïc pourrait être élu validement pape, mais il est plus convenable que l’élu soit pris parmi les cardinaux. Or les cardi­naux, est-il précisé dans le code, doivent être « éminents en doctrine » (canon 232, § 1). Puisqu’il leur est demandé de surpasser les autres clercs par l’éminence de leur doctrine, on est en droit d’exiger d’eux, au minimum, la simple rectitude doctrinale. C’est la moindre des choses.

    Si un cardinal adhérait, par exemple, à une secte protes­tante, il deviendrait, par là même, inéligible. Car, d’après le droit, les clercs qui adhèrent à une secte non-catholique « sont ipso facto infàmes » (canon 2314, § l, no 3). Or « celui qui est frappé d’une in­famie de droit est [...] inhabile à obtenir des bénéfices, pensions, of­fices et dignités ecclésiastiques » (canon 2294, § 1, avec un renvoi, en note, au § 5 de la bulle de Paul IV).

    Qu’il faille professer la foi catholique pour être papa­bile ressort encore de bien d’autres textes législatifs. Selon le canon 343, l’évêque doit veiller à la sauvegarde de l’orthodoxie dans son diocèse. Comment l’évêque de Rome pourrait-il veiller au maintien de la foi dans son diocèse et aussi dans le monde entier, s’il était farouchement opposé à la foi catholique? D’ailleurs, avant de pou­voir devenir évêque, il faut auparavant avoir prononcé une profes­sion de foi catholique (canon 332, § 2). De même, le canon 1406 prescrit la récitation d’une profession de foi approuvée par le Saint-Siège par ceux qui viennent d’être promus évêques, cardinaux etc.. Si déjà un évêque doit professer la vraie foi, n’est-il pas naturel et évident que le pape, qui est aussi évêque, doive avoir la foi?

    Que tout candidat au souverain pontificat doive avoir la foi ressort du principe juridique d’ « irrégularité » des non-catholiques. Canon 985, no 1: « Sont irréguliers ex de/icto: les hérétiques, les apostats de la foi et les schismatiques ». Leur crime d’hérésie ayant entraîné une irrégularité de nature perpétuelle (canon 983), les an­ciens hérétiques demeurent irréguliers même après leur conversion au catholicisme (Commission pontificale pour l’interprétation au­thentique du Codex iuris canonici, 30 juillet 1934, in: Acta Aposto­/icae Sedis, Rome 1934, p. 494).

    Les hérétiques convertis (!) peuvent certes, moyennant une dispense spéciale réservée au Saint-Siège, accéder à la prêtrise, mais ils ne sont pas pour autant habilités à accéder à l’épiscopat. Car selon le canon 991, § 3, « l’irrégularité qui a fait l’objet d’une dis­pense (!) permet d’accéder aux ordres mineurs, voire à la prêtrise, mais rend inhabile au cardinalat, à l’épiscopat, à l’abbatiat, à la prélature nullius, à la charge de supérieur dans une religion cléricale exempte ». Or tout pape est évêque de Rome! Leur « irrégularité » empêche les hérétiques convertis (sans parler des non-catholiques) d’accéder à l’épiscopat et, par voie de conséquence, au souverain pontificat. L’élection au souverain pontificat d’un « irrégulier » est juridiquement NULLE ET NON A VENUE!

    Canon 2335: « Ceux qui donnent leur nom à la secte maçonnique ou à d’autres associations de ce genre qui conspirent contre l’Église ou les pouvoirs civils légitimes encourent par le fait même l’excommunication réservée au Siège apostolique ».

    Canon 2336: « § 1. Des clercs qui ont commis un délit prévu aux canons 2334 ou 2335, en sus des peines statuées par les­dits canons, doivent être suspens ou privés de leur office, bénéfice, dignité, pension ou revenu, s’ils en ont. Les religieux doivent être punis par la privation de l’office et la perte du droit d’élection actif ou passif, et par d’autres peines conformément aux règles de leur ordre monastique. § 2. De plus, des clercs ou des religieux, qui ad­hèrent à la maçonnerie ou à d’autres associations semblables, doi­vent être dénoncés à la sacrée congrégation du Saint Office ». Le Saint Office (autrefois appelé « Inquisition ») a pour tâche de démas­quer et de châtier les hérétiques.

    Le canon 2336 stipule donc qu’un franc-maçon ne saurait être pape.

    Le canon 188 est capital. « En vertu d’une renonciation tacite admise par le droit lui-même, n’importe quel office est vacant par le fait même et sans aucune déclaration, si le clerc [...] 4° se détache (defecerit) publiquement de la foi catholique ». Un non-catholique ne saurait donc devenir pape, puisque, en raison de sa non-catholicité, il y a « renonciation tacite » au souverain pontificat.

    Ce canon peut être invoqué pour contester la validité de l’élection d’une personne n’étant plus catholique, et ce même depuis la constitution de Pie XII. Car Pie XII n’annule en rien le droit ca­non, bien au contraire, puisqu’il reprend explicitement dans sa constitution ces règles du droit ecclésiastique. Pourtant, objec­tera-t-on encore, Pie XII parle de « vrai pape » après l’acceptation de l’élection. D’après Pie XII (Vacantis Apostolicae Sedis, § 100 et § 101), il faut que la personne élue par le conclave accepte son élec­tion. « Acceptez-vous l’élection qui vient d’être faite canoniquement de votre personne comme souverain pontife? Ce consentement donné [...] l’élu est immédiatement VRAI pape et il acquiert par le fait même et peut exercer une pleine et absolue juridiction sur l’univers entier ». Certes, mais regardons-y à deux fois! Pie XII dit bel et bien « l’élection qui vient d’être faite canoniquement ».

    Un homme non-catholique est inapte à recevoir le pontificat. En effet, la défection dans la foi constitue automatique­ment une « renonciation tacite » à tout office ecclésiastique (canon 188, no 4). Cette renonciation tacite empêche l’acceptation de l’élection par l’élu. Même s’il accepte en paroles son élection, ces paroles sont invalidées par sa non-catholicité et il n’est pas pape du tout. Ce raisonnement relève de la logique élémentaire: il est im­possible d’accepter le pontificat si en même temps on y renonce pour raison de d’abandon de la foi!

    Que le canon 188 puisse et doive être appliqué lors du conclave ressort clairement des « fontium annotatione » (voir fac-similé à la page suivante, et aussi les fac-similés au format plus grand en annexe B). Ces « annotations » ont été faites par le législa­teur pour chaque canon, en vue de fournir des repères incontestables pour interpréter correctement la loi. Tout canon comporte, en bas de page, une note qui doit servir d’aide à l’interprétation. Elle indique plusieurs « fontes » (« sources », c’est-à-dire des textes doctrinaux ou législatifs qui doivent servir de référence pour comprendre le canon en question). Or au canon 188 figurent plusieurs « sources » doctrina­les, et notamment les § 3 et 6 de la bulle de Paul IV, qui traitent justement de l’élection du souverain pontife!

    Ci-dessous la reproduction photographique d’une édition annotée du code de droit canonique, élaboré par Saint Pie X et promulgué par Be­noît XV le 27 mai 1917. En vue d’une meilleure compréhension, nous avons ajouté quelques explications en marge (voir aussi l’annexe B à la fin de notre ouvrage).

    Fac-similé de la page 47 du Codex iuris canonici. Pii X pontificis maximi iussu digestus. Benedicti papae XV auctoritate promlugatus. paeefatione. fontium anno­tatione et indice analytico-alphabetico ab emo. Petro card. Gasparri auctus, Typis Polyglottis Vaticanis, Rome 1918.

    Tout se tient: Pie XII renvoie au droit canonique, et le droit cano­nique renvoie a son tour à la bulle de Paul IV. Ainsi donc le conclave DOIT observer les dis­positions des § 3 et 6 de la constitution Cum ex apostolatus de Paul IV, et ce SOUS PEINE DE NULLITÉ DE L’ÉLEC­TION!

    Une question reste encore à être résolue. Pie XII a bien spécifié que même l’excommunication d’un élu ne pouvait invalider l’élection. « Aucun cardinal ne peut d’aucune manière être exclu de l’élection active et passive du souverain pontife sous le prétexte ou par le motif de n’importe quelle excommunication, suspense, in­terdit ou autre empêchement ecclésiastique. Nous suspendons ces censures seulement pour cette élection; elles conserveront leurs ef­fets pour tout le reste » (Pie XII: Vacantis apostolicae sedis, § 34).

    Cela ne veut pas dire pour que les hérétiques (excommuniés en vertu du canon 2314) soient devenus éligibles pour autant! Car Pie XII n’a pas du tout écrit: « Nous autorisons les hérétiques à se faire élire pape »! Il n’a jamais rien écrit de sembla­ble. Il a simplement levé toute excommunication pour le temps que dure le conclave.

    Pourquoi avoir levé toute excommunication? Il est im­possible que le pape ait pu penser aux hérétiques, car les clercs non-catholiques sont déchus automatiquement de leur charge (canon 188) et n’ont pas le droit de voter (canon 167). C’est pourquoi Pie XII pense seulement aux cardinaux excommuniés pour un délit autre que 1 ‘hérésie. On peut, en effet, être non-hérétique, mais excommu­nié. Voici quelques délits punis d’excommunication par le droit ca­nonique: trafic de fausses reliques (2326), violation de la clôture monastique (2342), usurpation des biens de l’Église (2345), avorte­ment (2350), etc.. Imaginons qu’un cardinal, par cupidité, se soit li­vré au trafic de fausses reliques. Son excommunication est levée durant le conclave. S’il est catholique, ce cardinal est éligible.

    Par contre, un homme non-catholique demeure inéligi­ble. Car il a devant lui un DOUBLE obstacle:

1. son excommunication et

2. sa non-catholicité.

    Pie XII lève certes (pour le temps que dure le conclave) toutes les excommunications. Mais l’homme hérétique, même s’il n’est pas excommunié temporairement, ne fait pas pour autant partie des candidats papabiles, car un autre obstacle, la clause de catholi­cité, lui est opposable toujours et encore.

    Que Pie XII soit très attaché à la clause de catholicité est évident pour quiconque connaît bien ce pape de sainte mémoire. Mentionnons quatre indices:

. Pour Pie XII, il y a « un patrimoine de l’Église » pré­cieux, « constitué principalement par la foi, que récemment nous ve­nons de défendre contre de nouveaux dangers » (allocution au pre­mier congrès international des religieux, 8 décembre 1950). Com­ment ce pape, qui tient à la défense du patrimoine de la foi comme àla prunelle de ses yeux, aurait-il pu vouloir faire fi du principe de catholicité lors de l’élection pontificale?!

.  Ce pape avait un tel souci de maintenir l’intégrité de la foi qu’il passait chaque jour des heures et des heures derrière sa machine à écrire (il ne se couchait pas avant une heure du matin) pour exposer la saine doctrine et réfuter les erreurs. Pour se docu­menter, Pie XII « disposait d’une énorme bibliothèque de manuels spécialisés, d’encyclopédies et d’abrégés des sciences, en tout plus de cinquante mille volumes. Il était assisté dans ses recherches par le Père Hentrich et le toujours fidèle Père Robert Leiber, ainsi que par une troupe improvisée de jésuites de bonne volonté. Intransigeant sur l’exactitude, il n’hésitait pas à malmener ses auxiliaires, véri­fiant et revérifiant chaque référence et chaque citation. Il dit un jour à un monsignor: «Le pape a le devoir de faire toute chose mieux dans tous les domaines; à d’autres, il est possible de par­donner leurs imperfections, au pape, jamais. Non!» » (John Cornwell: Le pape et Hitler. L ‘histoire secrète de Pie XII, Paris 1999, p. 437). Comment ce « maniaque » de la vérité, cet ennemi acharné de la moindre erreur même involontaire, aurait-il pu suppor­ter l’idée que, après son décès, d’aucuns se serviraient de son nom pour soutenir qu’il aurait autorisé un hérétique à devenir pape?!

. Ce pape enrichit le missel, en créant un office qui n’existait pas avant lui: le « commun des papes ». Bien entendu, la secte conciliaire se hâta de supprimer cet office. Pourquoi? Parce que cet office contient deux prières extraordinaires, qui constituent un rempart puissant pour les catholiques désireux de rester intégra­lement catholiques.

Voici le texte de la secrète: « Munera quae tibi, Domine, laetantes offerimus, suscipe benignus, et praesta ut, intercedente beato N, Ecclesia tua et fidei integritate laetetur, et temporum tran­quillitate semper exsultet » (« Accueillez avec bonté, Seigneur, les présents qu’avec joie nous vous offrons, afin que par l’intercession du bienheureux N., votre Église connaisse le bonheur d’une FOI INTÉGRALE et des temps à jamais paisibles »).

Voici le texte de la postcommunion: « Refectione sancta ellutritam gubema, quaesumus, Domine, tuam placatus Ecclesiam: ut potenti moderatione directa, et incrementa libertatis accipiat et in religionis integritate persistat » (« Cette Église dont vous avez refait les forces par ce repas sacré, guidez-là, Seigneur, avec bonté, en sorte que, sous votre impulsion souveraine, elle voie sa liberté croÎître sans cesse et qu’elle persévère dans L’INTÉGRITÉ DE LA RE­LIGION »).

Voilà ce que souhaitait le pape Pie XII pour le « commun des pontifes »: qu’ils persévèrent dans la foi catholique in­tégrale et que la Sainte Église conserve l’intégrité de la religion! Comment aurait-il voulu abolir la clause de catholicité régissant le conclave, puisque cette clause fait partie intégrante de la foi?

. Un an avant sa mort, Pie XII statua: « Si un laïc était élu pape, il ne pourrait accepter l’élection qu’à condition d’être apte à recevoir l’ordination et disposé à se faire ordonner; le pouvoir d’enseigner et de gouverner, ainsi que le charisme de l’infaillibilité, lui seraient accordés dès l’instant de son acceptation, même avant son ordination » (Allocution au deuxième Congrès mondial de l’apostolat des laïcs, 5 octobre 1957).

    Or nous avons vu plus haut que pour être apte à rece­voir l’ordination, il faut être catholique (canon 985). Un non-catholique est inapte. Si l’élu du conclave n’est pas apte à rece­voir l’ordination, dit Pie XII (5 octobre 1957, cité ci-dessus), il ne peut pas accepter le pontificat. Ainsi donc, PIE XII A CONFIRMÉ EXPRESSÉMENT LA CLAUSE DE CATHOLICITÉ EN 1957.

    Et rappelons que ce même Pie XII avait déjà confirmé la clause de catholicité en 1945, en demandant que l’élection fût « canoniquement faite », à savoir conformément au canon 188, qui renvoie à la bulle de Paul IV.

* * *

    Et que dit saint Pie X? Il dit: « Après l’élection canoni­quement faite... » Non, il n’y a pas de coquille d’imprimerie. Cette phrase est bel et bien de lui! « Post electionem canonice Jactam consensus electi per cardinalem decanum nomine totius S. Collegii requiratur » (Saint Pie X: constitution Vacante Sede Apostolica, 25 dé­cembre 1904, § 87, avec en note un renvoi au Ceremoniale roma­num, livre 1, titre 1, De conclavi et electione papae, § 34).

* * *

    Résumons la situation juridique. Selon le canon 241, « le Siège apostolique étant vacant, le sacré collège des cardinaux et la curie romaine n’ont pas d’autre pouvoir que celui défini dans la constitution Vacante Sede Apostolica du 25 décembre 1904 de Pie X ». Saint Pie X a donné le pouvoir aux cardinaux d’élire canonique­ment le nouveau pape. Les cardinaux n’ont pas le pouvoir d’élire non canoniquement un non-catholique. Une telle élection non ca­noniquement faite constitue un abus de pouvoir, qui rend le conclave juridiquement nul et non avenu.

    Nota bene: Les haereticis (« hérétiques » = ceux qui contestent sciemment la doctrine catholique) aussi bien que les errantes (« errants » = ceux qui errent dans la foi par igno­rance) sont exclus du souverain pontificat par Paul IV. Sont, en ef­fet, exclus des élections ceux qui « ont dévié de la foi catholique OU BIEN (aut) sont tombés dans quelque hérésie ».

    Ainsi donc, pour contester l’élection de tel ou tel can­didat, il suffit de constater qu’il a « dévié de la foi », peu importe qu’il ait dévié sciemment ou par ignorance, et peu importe qu’il ait ou non reçu un avertissement de la part de ses supérieurs (monition canonique individuelle). Si les écrits ou discours du candidat contiennent une erreur dans la foi, cela suffit amplement à invalider l’élection, car la constitution Cum ex apostolatus rend inéligibles non seulement les hérétiques formels, mais aussi ceux qui dévient de la foi par ignorance du magistère. Une seule erreur dans la foi - in­volontaire ou volontaire - et l’élection est nulle « par le fait même, sans qu’il faille quelque autre déclaration ultérieure » (Cum ex apos­tolatus, § 6).

    Pour ceux que cela intéresserait, nous avons fait une étude qui définit ce qu’est un homme « hérétique », explique en quoi consiste la « pertinacité » et prouve que Roncalli, Montini, Luciani, Wojtyla sont « pertinaces » [à venir]

Conclusion du chapître sur l'invalidité de Vatican II

Publié le par clovis

 http://www.sspxasia.com/Documents/SiSiNoNo/Images/2003_January/vatican-II.jpg
Fin du chapître
VATICAN II EST UN CONCILE INVALIDE

Vatican II a engagé son infaillibilité, mais néanmoins s’est trompé. Comment expliquer cette défaillance impossible ?

    Montini (Paul VI) affirme avoir CONFIRMÉ « DANS L’ESPRIT-SAINT », alors que Vatican II EST HÉRÉTIQUE en plusieurs endroits. Cela PROUVE qu’il n’a pas pu être pape vérita­ble et que le Saint-Esprit ne l’a pas assisté. S’il avait été pape, l’Église universelle, appuyée sur Pierre n’aurait pas pu errer, comme l’enseigne le docteur angélique (Somme théologique, supplément de la IIIe partie, q. 25, a. 1).

    On connaît la célèbre exclamation des Pères du concile œcuménique de Chalcédoine: « Pierre a parlé par la bouche de Léon! » Eh bien, Pierre a-t-il parlé par la bouche de Montini? Si oui, ceux qui contestent Vatican II ne vaudraient pas mieux que les contestataires nestoriens, qui refusèrent le verdict de Pierre lors de Chalcédoine; si non, Montini n’était pas successeur de Pierre. Ter­tium non datur. (« Il n’y a pas de troisième solution »).

    Dire que Montini n’aurait pas parlé du tout serait ridi­cule, puisqu’il a approuvé tout et chacun des documents conciliaires en son nom personnel. Et prétendre qu’il aurait agi seulement en tant que « docteur privé » serait grotesque: approuver un concile œcumé­nique est un acte public, destiné à être porté à la connaissance du monde entier. Pierre a-t-il parlé par la bouche de Montini? Est est, non non!

    D’ailleurs, Montini lui-même a très clairement établi qu’il engageait son infaillibilité pour certifier l’orthodoxie de Vatican II: « Rien de ce qui a été décrété dans ce concile, comme dans les réformes que nous avons décidées pour le mettre en œuvre, n’est opposé à ce que la Tradition bimillénaire de l’Église comporte de fondamental et d’immuable. De cela, nous sommes garant, en vertu, non pas de nos qualités personnelles, mais de la charge que le Seigneur nous a conférée comme successeur légitime de Pierre et de l’assistance spéciale qu’il nous a promise comme à Pierre: « J’ai prié pour toi afin que ta foi ne défaille pas» (Luc XXII, 32). Avec nous en est garant l’épiscopat universel.

    Et vous ne pouvez pas non plus invoquer la distinction entre dogmatique et pastoral pour accepter certains textes de ce concile et en refuser d’autres. Certes, tout ce qui est dit dans un concile ne demande pas un assentiment de même nature: seul ce qui est affirmé comme objet de foi ou vérité annexe à la foi, par des actes «définitifs», requiert un assentiment de foi. Mais le reste fait aussi partie du magistère solennel de l’Église auquel tout fidèle doit un accueil confiant et une mise en application sincère.

    Il reste qu’en conscience, dites-vous, vous ne voyez toujours pas comment accorder certains textes du concile [...] avec la saine tradition de l’Église [...]. Mais comment une difficulté personnelle intérieure [...] vous permettrait-elle de vous ériger publiquement en juge de ce qui a été adopté légitimement et pratiquement à l’unanimité, et d’entraîner sciemment une pal1ie des fidèles dans votre refus? Si les justifications sont utiles pour faciliter intellectuellement l’adhésion [...], elles ne sont point par elles-mêmes nécessaires à l’assentiment d’obéissance qui est dû au concile œcuménique et aux décisions du pape. C’est le sens ecclésial qui est en cause [...].

    Nous vous disons, frère, que vous êtes dans l’erreur. Et avec toute l’ardeur de notre amour fraternel, COMME AVEC TOUT LE POIDS DE NOTRE AUTORITÉ DE SUCCESSEUR DE PIERRE, nous vous invitons à vous rétracter, à vous reprendre et à cesser d’infliger des blessures à l’Église du Christ.

    [Nous exigeons de vous une rétractation publique de votre refus de Vatican II]. Cette déclaration devra donc affirmer que vous adhérez franchement au concile œcuménique Vatican II et à tous ses textes - sensu obvio -, qui ont été adoptés par les Pères du concile, approuvés et promulgués par notre autorité. Car une telle adhésion a toujours été la règle, dans l’Église, depuis les origines, en ce qui concerne les conciles œcuméniques » (Montini: Lettre à Mgr Lefebvre, 11 octobre 1976).

***

    Certains pensent que Montini a perdu le pontificat en signant Dignitatis humanae. Nous pensons plutôt qu’il ne l’a jamais possédé dès le début, car, s’il avait été élu légitimement pape, le charisme de l’infaillibilité l’aurait justement préservé de tomber dans l’hérésie. S’il n’a jamais été pape depuis le début, cela signifie que son élection dut être invalide. Les raisons de l’invalidité de son élection seront présentées au chapitre 10.

    Mais auparavant, au chapitre 9, nous ferons une étude « bis » sur son successeur Wojtyla.

   

Résumé: Vatican II, en principe infail­lible, se trompa, parce qu’il lui manquait un élément constitutif essentiel: un pape.


Vatican II invalide : Introduction

Publié le par clovis

 

 

http://www.sspx.org/images/Vatican/vaticanII300x327_lr.jpg   Vatican II est le triomphe d’un courant hérétique, ap­pelé « catholiques libéraux » (XIXe siècle), puis « modernistes » (XXe siècle). (Le modernisme et le libéralisme sont des hérésies condamnées par de nombreux  papes).  Les enseignements de Vatican II sont contraires à la foi. Quiconque y adhère se sépare de l’Église catholique.


    On peut établir le raisonnement suivant:


§ l. Un concile général est infaillible (Vatican 1: Dei Filius, ch. 3), à condition qu’il soit confirmé par le pontife romain (Codex iuris canon ici de 1917, canon 227) 


§ 2. Or Vatican II fut un concile général. Mais il se trompa.

 

§ 3. Donc l’homme qui confirma Vatican II ne fut pas un pontife romain.

  

Ainsi donc, Montini n’était pas un vrai Pape et Vatican II n’était pas un  Concile de l'Eglise catholique, mais un conciliabule, c’est-à-dire une as­semblée hérétique dont les actes sont frappés de nullité. [lire : Une centaine de conciabules].

 


***


    Un concile avec le Pape est à l’abri de l’erreur. Si Vati­can II se trompa, cela signifie que paul VI n’était pas Pape. Ce rai­sonnement très simple et clair devrait suffire.


  Certains penseurs tentent d’éviter la conclu­sion de ce raisonnement en procédant ainsi :


§ 1. Ils contestent le dogme de l’infaillibilité des conciles généraux (ils imitent ainsi Luther)

§ 2. Ils prétendent que Vatican II n’aurait pas en­gagé son infaillibilité. Selon eux, cette assemblée aurait eu "un ca­ractère pastoral, mais non dogmatique". Par conséquent, il n’y aurait eu aucune décision infaillible.


 

 

ARGUMENTS :  

 

Source : Livre Mystère d'iniquité

Réponse à l'objection d'un "concile pastorale"

Publié le par clovis

Suite de Vatican II invalide : Introduction


    Qu’entend-on par « pastoral »? Serait-ce synonyme de « disciplinaire »? Mais alors le caractère « disciplinaire » n’exclut pas le caractère dogmatique, et vice-versa, car, de Nicée à Vatican I, tous les conciles œcuméniques s’occupèrent de la foi et tous (sauf le IIe et IIIe de Constantinople) s’occupèrent également de la disci­pline.

    L’adjectif « pastoral » est dérivé du nom commun « pasteur ». Les pasteurs sont les ministres du culte qui ont charge d’âmes. Et la charge d’âmes ne requiert-elle pas que le pasteur parle des dogmes à croire et de la morale à observer ? Le « caractère pasto­ral de Vatican II » est donc loin d’exclure la doctrine, bien au contraire: « Pour s’acquitter de leur charge pastorale, nos prédéces­seurs ont travaillé infatigablement à la propagation de la doctrine » (Vatican I: Pastor aeterniis, ch. 4). « Nous avons considéré comme un devoir de notre charge pastorale d’exposer à tout le peuple chré­tien dans cette lettre encyclique la doctrine... » (Pie XII: Mystici cor­poris, 29 juin 1943). « La charge pastorale du magistère est ainsi or­donnée à veiller à ce que le peuple de Dieu demeure dans la vérité qui libère. Pour accomplir ce service, le Christ a doté les pasteurs du charisme de l’infaillibilité » (Catéchisme de l’Église catholique, Pa­ris 1992, no 890; AVERTISSEMENT: ce catéchisme est hérétique en plusieurs endroits; nous citons néanmoins cette phrase-là, car elle est très vraie).

    Il est vrai que Montini parla du « caractère pastoral » de Vatican II, mais Wojtyla lui attribua un caractère doctrinal: « ...la continuité du concile avec la Tradition, spécialement sur des points de doctrine qui... » (motu proprio Ecc/esia Dei, 2 juillet 1988). Ron­calli, lui aussi, lui attribua un caractère doctrinal, puisqu’il avait as­signé au conciliabule « comme tâche principale de mieux garder et de mieux expliquer le dépôt précieux de la doctrine chrétienne » (Wojtyla: constitution apostolique Fidei depositum, 11 octobre 1992). Le caractère pastoral va de pair avec l’aspect doctrinal: « Les Pères conciliaires ont pu élaborer, au long de quatre années de tra­vail, un ensemble considérable d’exposés doctrinaux et de directives pastorales » (ibidem).

    Il est vrai que plusieurs textes conciliaires sont des « constitutions pastorales ». Mais il existe également deux textes conciliaires qui portent justement le titre: « constitution DOGMA­TIQUE Lumen gentium » et « constitution DOGMATIQUE Dei Verbum »! Comment des « constitutions dogmatiques » pour­raient-elles provenir d’un conciliabule soi-disant « non-dogmatique »???

    De plus, dans Dignitatis humanae figurent des mots indiquant un caractère dogmatique, tels « doctrine, vérité, parole de Dieu, Révélation divine ».

    Vatican II ne fut pas seulement pastoral, mais aussi dogmatique. Vatican II fut pastoral et dogmatique à la fois.

    Vatican II fut aussi dogmatique, car le dogme, d’après l’acception courante du mot, ce sont les vérités de la foi à croire, ti­rées de la Révélation. Or à Vatican II, la liberté des cultes et de la presse fut présentée comme étant contenue dans l’Écriture Sainte, donc comme étant de foi divine. « Ce concile du Vatican scrute la tradition sacrée et la sainte doctrine de l’Église » (Dignitatis huma­nae, § 1); la liberté religieuse a son fondement dans « la parole de Dieu » (§ 2); elle correspond « à l’ordre même établi par Dieu » (§ 3); elle est nécessaire à la société soucieuse « de la fidélité des hommes envers Dieu et sa sainte volonté » (§ 6); agir contre elle serait « agir contre la volonté de Dieu » (§ 6); « cette doctrine de la liberté a ses racines dans la Révélation divine, ce qui, pour les chrétiens, est un titre de plus à lui être fidèle » (§ 9); elle correspond à « la parole et l’exemple du Christ » et « les apôtres suivirent la même voie » (§ Il); c’est pourquoi « l’Église, donc, fidèle à la vérité de l’Évangile, suit la voie qu’ont suivie le Christ et les apôtres lorsqu’elle reconnaît le principe de la liberté religieuse comme conforme à la dignité de l’homme et à la Révélation divine [...]. Cette doctrine, reçue du Christ et des apôtres, elle l’a, au cours des temps, gardée et trans­mise » (§ 12).

Vatican II : Magistère infaillible extraordinaire ou ordinaire ?

Publié le par clovis

Suite de Vatican II invalide : Introduction


    Afin de nier l’infaillibilité de Vatican II, certaines per­sonnes se retranchent derrière la fameuse déclaration que fit Montini le 12 janvier 1966: « Étant donné le caractère pastoral du concile, celui-ci a évité de proclamer selon le mode «extraordinaire» des dogmes affectés de la note d’infaillibilité ». Voilà qui semble donner raison aux opposants de l’infaillibilité de Vatican. Or cette phrase a été tronquée. Ne nous contentons pas du texte amputé du discours de Montini, mais lisons-en également la suite, rapportée dans l’Osservatore romano du 13 janvier 1966: « Étant donné le caractère pastoral du concile, celui-ci a évité de proclamer selon le mode «extraordinaire» des dogmes affectés de la note d’infaillibilité. Ce­pendant, le concile a attribué à ses enseignements l’autorité du magistère suprême ordinaire ». Montini assimila donc Vatican II au magistère ordinaire. Or, comme l’enseigne Vatican I (Dei Filius, ch. 3), le magistère ordinaire est, lui aussi, toujours infaillible. [lire : Arguments : Un pape ne peut pas enseigner une erreur]


    À vrai dire, cette déclaration de Montini est assez étrange: il classe un concile (ou plutôt: « conciliabule »!) dans la ru­brique « magistère ordinaire », commettant ainsi une erreur de classi­fication grossière. Car, par définition, tout concile, et à plus forte raison un concile général, fait toujours partie du magistère extraor­dinaire. Quoi qu’en dise Montini, Vatican II fait partie du magistère extraordinaire, et non du magistère ordinaire. Et on pourrait invo­quer, à l’appui de cette assertion, une phrase de Wojtyla: « Le deuxième concile du Vatican a rappelé SOLENNELLEMENT que le droit à la liberté religieuse est sacré pour tous les hommes » (allocution du 22 décembre 1979). On pourrait encore se référer à son motu proprio Ecclesia Dei du 2 juillet 1988, qui assimile Vati­can Il au magistère extraordinaire, puisqu’il le place parmi les conciles œcuméniques (qui relèvent, par définition, du magistère extraordinaire): « Le résultat auquel a abouti le mouvement promu par Mgr Lefebvre peut et doit être une occasion pour tous les fidèles catholiques de réfléchir sincèrement sur leur propre fidélité à la Tradition de l’Église, authentiquement interprétée par le magistère ecclésiastique, ordinaire et extraordinaire, spécialement dans les conciles œcuméniques, depuis Nicée jusqu’à Vatican II ».

    Alors? Extraordinaire ou ordinaire? À notre avis: extraordinaire. Mais en vérité, peu importe le mode, car qu’il soit ordinaire ou extraordinaire, le magistère doit être considéré comme étant infaillible, selon les paroles de Pie XII: « Dès que se fait en­tendre la voix du magistère de l’Église, tant ordinaire qu’extraordinaire, recueillez-la, cette voix, d’une oreille attentive et d’un esprit docile » (Pie XII aux membres de l’Angelicum, 14 janvier 1958). Ou encore Léon XIII: « Toutes les fois donc que la parole de ce magistère déclare que telle ou telle vérité fait partie de l’ensemble de la doctrine divinement révélée, chacun doit croire avec certitude que cela est vrai » (Léon XIII: encyclique Satis cognitum, 29 juin 1896).

    À la fin de Dignitatis humanae, Montini approuva tout le texte, faisant jouer son autorité suprême de (soi-disant) Vicaire du Christ: « Tout l’ensemble et chacun des points qui ont été édictés dans cette déclaration ont plu aux Pères. Et nous, par le pouvoir apostolique à nous confié par le Christ, en union avec les vénéra­bles Pères, nous les approuvons dans l’Esprit Saint, les décrétons, les établissons et nous ordonnons que ce qui a été établi en concile soit promulgué pour la gloire de Dieu. Rome, à St. Pierre, le 7 dé­cembre 1965. Moi, Paul, évêque de l’Église catholique ».

    D’après Vatican II, la liberté des cultes fait donc partie de la foi catholique, parce qu’elle est contenue dans l’Évangile. Le nier, ce serait, selon les propres termes de Montini cités ci-dessus, aller contre le verdict du Saint-Esprit, qui a parlé par l’organe d’un concile œcuménique infaillible.

    Wojtyla de son côté approuva le Catéchisme de l’Église catholique (Paris 1992), où on peut lire au n° 891: « «L’infaillibilité promise à l’Église réside aussi dans le corps des évêques quand il exerce son magistère suprême en union avec le successeur de Pierre» (constitution dogmatique Lumen gentium, § 25; cf. Vatican 1), surtout dans un concile œcuménique. Lorsque, par son magis­tère suprême, l’Église propose quelque chose «à croire comme étant révélé par Dieu» (constitution dogmatique Dei Verbum, § 10) et comme enseignement du Christ, «il faut adhérer dans l’obéissance de la foi à de telles définitions» (Lumen gentium, § 25) ». Si l’on compare les termes de ce catéchisme avec ceux de Dignitatis huma­nae, il ressort que Vatican II remplit les conditions de l’infaillibilité: « Révélé par Dieu » (C.E.C.) = « racines dans la Révélation divine » (D.H.); « enseignement du Christ » (C.E.c.) = « doctrine reçue du Christ » (D.H.).

    Par ailleurs, le caractère « pastoral » de Vatican II n’enlève en rien son infaillibilité, bien au contraire: « La charge pas­torale du magistère est ainsi ordonnée à veiller à ce que le peuple de Dieu demeure dans la vérité qui libère. Pour accomplir ce service, le Christ a doté les pasteurs du charisme de l’infaillibilité en matière de foi et de mœurs » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 890).

Valeur d'obligation de Vatican II

Publié le par clovis

http://www.uniurb.it/Filosofia/bibliografie/PaoloVI/paolovi_foto.jpg

Suite de Vatican II invalide : Introduction



    Montini imposa aux fidèles d’accepter l’enseignement non seulement de Dignitatis humanae, mais de tous les textes conciliaires. Dans son allocution du 12 janvier 1966, il disait en ef­fet: « Le concile a attribué à ses enseignements l’autorité du magis­tère suprême ordinaire, lequel est si manifestement authentique qu’il doit être accueilli par tous les fidèles selon les normes qu’a assi­gnées le concile, compte tenu de la nature et du but de chaque do­cument ».

    Montini fit annexer à Lumen gentium une déclaration dont il avait déjà ordonné la lecture dans l’aula conciliaire par Felici, secrétaire du conciliabule. « On a demandé quelle qualification théologique doit être attribuée à la doctrine qui est exposée dans ce schéma. La commission doctrinale a répondu qu’on s’en rapporte aux règles générales connues de tous, et renvoie à sa déclaration du 6 mars [1964]: «Compte tenu de la coutume conciliaire et du but pastoral du présent concile, ce saint synode ne définit comme devant être tenus par l’Église que les seuls éléments relatifs à la foi et aux mœurs qu’il aura déclarés ouvertement tels» ».

    Or le vocabulaire employé dans Dignitatis humanae indique bien que la liberté religieuse est un « élément relatif à la foi et aux mœurs » (§ 10: « Il est donc pleinement conforme au caractère propre de la foi qu’en matière religieuse soit exclue toute espèce de contrainte »).

    Et un autre texte conciliaire doit être considéré comme  relatif à la foi: le décret sur l’œcuménisme Unitatis redintegratio. Car le schéma préparatoire dudit décret fut ainsi approuvé par les Pères le 1er décembre 1962: « L’examen du décret sur l’unité de l’Église étant achevé, les Pères du concile l’approuvent comme un document où sont rassemblées les vérités communes de la foi » (in: Documents conciliaires. Concile œcuménique Vatican II. L’Église. L‘œcuménisme. Les Églises orientales, Centurion, Paris 1965, p. 166). Dignitatis humanae et Unitatis redintegratio, en plus des deux constitutions dogmatiques Dei Verbum et Lumen gentium, contenant des éléments relatifs à la foi, doivent être « tenus » (Commission doctrinale, 6 mars 1964, citée ci-dessus).

    Ce conciliabule tout entier a même « une valeur parti­culière d’obligation » (Wojtyla, 1er septembre 1980). Ce concilia­bule est, pour les conciliaires, LE concile par excellence. Il a, à leurs yeux, une infaillibilité et une valeur d’obligation dépassant de très loin tous les autres conciles. Montini s’exclama indigné: « Comment aujourd’hui quelqu’un pourrait-il se comparer à saint Athanase [allusion à Mgr Lefebvre] tout en osant combattre un concile comme le deuxième concile du Vatican, qui ne fait pas moins autorité, qui est même sous certains aspects plus important encore que celui de Nicée? » (Montini: Lettre à Mgr Lefebvre, 29 juin 1975).

Wojtyla de son côté rangea cette réunion dans la caté­gorie des conciles œcuméniques, auxquels tout bon chrétien devait obéir. Selon lui, Vatican II avait défini des vérités de foi en connexion avec la Révélation divine: « Pour sa part, le Siège apos­tolique ne poursuivait qu’un seul but dans ces conversations avec vous [Mgr Lefebvre]: favoriser et sauvegarder cette unité dans l’obéissance à la Révélation divine, traduite et interprétée par le magistère de l’Église, notamment dans les vingt et un conciles œcuméniques, de Nicée à Vatican II » (lettre de Wojtyla à Mgr Le­febvre, 9 juin 1988). D’après Montini et Wojtyla, Vatican II est un concile œcuménique jouissant de la même autorité et de la même infaillibilité que les conciles œcuméniques de Nicée, de Chalcédoine, de Constantinople, du Latran, de Trente, de Vatican I.

<< < 10 20 30 40 50 51 52 53 54 55 56 > >>