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Infaillibilité : Le détournement du catéchisme de saint Pie X

Publié le par Clément LECUYER

> Article PDF à lire-télécharger en cliquant ICI

 Auteur : Nicolas Magne

Les minimalistes en matière d'infaillibilité ne sont pas rares. Nous les connaissons bien : il s'agit de ces "traditionalistes" récusant Vatican II mais non point ses pontifes, et ne craignant rien tant que de verser dans le "sédévacantisme" abhorré. Ils ont trouvé depuis long feu la solution à leurs tourments : réduire l'infaillibilité de l'Eglise en général, et celle du pape en particulier, à presque rien ("une ou deux fois par siècles" disait l'un d'eux). Et hop, le tour est joué ! Il leur devient alors loisible de pouvoir vomir sur Vatican II et ses pontifies. Tout en continuant à reconnaître, à tort, le qualificatif de papes à ces derniers.

 Et peu importe que pour ce faire on piétine allègrement la doctrine catholique !

 L'une de leurs trouvailles favorites est donc une certaine citation dudit catéchisme de saint Pie X:

« Quand est-ce que le Pape est infaillible ?
« Le Pape est infaillible seulement lorsque, en sa qualité de Pasteur et de Docteur de tous les chrétiens, en vertu de sa suprême autorité apostolique, il définit, pour être tenue par toute l’Église, une doctrine concernant la foi et les mœurs. »

 Voilà l'objet de leur détournement. Ils s'en vont fiers et contents répétant cette phrase jusqu'à plus soif, voulant croire (à tort) qu'elle leur donne raison et qu'elle dirime à elle seule toute discussion.

 Hé bien non ! Non parce qu'ils attribuent à cette réponse de catéchisme un sens et une autorité qu'elle ne possède pas.

 Concernant la référence tirée dudit "Catéchisme de saint Pie X", il convient de faire un certain nombre de précisions...

 Voici la référence en question :

« Quand est-ce que le Pape est infaillible ?
« Le Pape est infaillible seulement lorsque, en sa qualité de Pasteur et de Docteur de tous les chrétiens, en vertu de sa suprême autorité apostolique, il définit, pour être tenue par toute l’Église, une doctrine concernant la foi et les mœurs. »

Là-dessus, les "minimalistes" patentés concluent : voyez, il est certain, en raison de cette seule référence, que le Pape n'est infaillible que dans ses jugements solennels...

Cette lecture est gravement abusive...

> 1° point : Le catéchisme traite ici de la seule infaillibilité doctrinale du Pape, assistance infaillible absolue inhérente à la proposition de l'objet de la foi, lors même qu'il est également certain que le Pape jouit d'une infaillibilité pratique, assistance prudentielle infaillible, notamment dans la promulgation des lois universelles de l'Eglise.

 

Wernz-Vidal : "Les pontifes sont infaillibles dans l’élaboration de lois universelles concernant la discipline ecclésiastique, en sorte qu’elles ne peuvent jamais établir quoi que ce soit contre la foi et la morale, même si elles n’atteignent pas le suprême degré de la prudence." (Jus canonicum, Grégorienne, Rome 1923, t.2 p.410)


> 2° point : Le catéchisme ne limite nullement l'infaillibilité doctrinale du Pape aux seuls jugements solennels, mais aux cas où le Pape, parlant en tant que Pape, définit "une doctrine concernant la foi et les mœurs" et qui alors "doit être tenue par toute l'Eglise".


a) La Constitution Pastor Aeternus n'identifie nullement strictement jugements solennels du Pape et définitions ex cathedra. Les jugements solennels du Pape sont bien évidemment des définitions ex cathedra, mais il n'est nulle part signifié que les définitions ex cathedra se limitent aux seuls jugements solennels.

b) Nous savons que lorsque le Pape confirme les évêques, ils proposent ensemble infailliblement, d'une assistance infaillible absolue, l'objet de la foi, tant dans leurs jugements solennels qu'au moyen de leur magistère ordinaire et universel :
 

Concile du Vatican, Constitution Dei Filius, (d 1792, fc 93, ep 341) : "On doit croire de foi divine et catholique tout ce qui est contenu dans la parole de Dieu écrite ou transmise par tradition, et que l’Église, soit dans un jugement solennel, soit par son magistère ordinaire et universel propose à croire comme vérité révélée."


 Voilà pour l'infaillibilité de l'Eglise hiérarchique, les évêques confirmés par le Pape.

 Or la Constitution Pastor Aeternus appuie notamment sa définition de l'infaillibilité ex cathedra du Pape sur le principe fondamental suivant : "le Pape jouit de la même infaillibilité que l'Eglise", ce qui est l'évidence même compte tenu du fait que le Pape confirme et n'est pas confirmé, l'infaillibilité de l'Eglise hiérarchique reposant sur celle du Pape.

 Par conséquent, puisque l'Eglise hiérarchique est infaillible dans ses jugements solennels, mais peut également proposer infailliblement l'objet de la foi au moyen de son magistère ordinaire, il va de soi que le Pape, seul, soit infaillible dans ses jugements solennels, mais également puisse proposer infailliblement l'objet de la foi au moyen de son magistère ordinaire.
 

Pie XI : « Le magistère de l'Eglise, établi ici-bas d'après le dessein de Dieu pour garder perpétuellement intact le dépôt des vérités révélées et en assurer la connaissance aux hommes s'exerce CHAQUE JOUR par le Pontife Romain et les évêques en communion avec lui. Mais il comporte encore toutes les fois qu'il est nécessaire pour s'opposer plus efficacement aux erreurs et aux attaques des hérétiques ou développer avec plus de clarté ou de détails certains points de la doctrine sacrée, afin de les faire mieux pénétrer dans l'esprit des fidèles, la mission de procéder par décrets à des définitions opportunes et solennelles. » (Lettre-encyclique Mortalium animos, 6 janvier 1928)

Pie XI : « Rien ne convient moins en effet à un chrétien... que de regarder l'Eglise, envoyée par Dieu cependant, pour enseigner et régir toutes les nations, comme médiocrement informée des choses présentes et de leurs aspects actuels, ou même jusqu'à n'accorder son assentiment et son obéissance qu'aux définitions plus solennelles dont nous avons parlé, comme si l'on pouvait prudemment penser que les autres définitions de l'Eglise sont entachées d'erreurs ou n'ont pas un fondement suffisant de vérité et d'honnêteté. » (Lettre-encyclique Casti Connubi, 31 janvier 1930)


> 3° point : Lecture gravement abusive enfin, parce que d'une part ledit "Catéchisme de saint Pie X", ou catéchisme de 1905, ne ressortit pas de l'exercice du magistère pontifical proprement dit, et que d'autre part la restriction qui se trouve dans le catéchisme de 1905 ne se retrouve pas dans le catéchisme de 1912.


a) Le catéchisme de 1905

« L'autre grande initiative de Pie X en matière catéchétique fut l'édition d'un nouveau catéchisme. Deux mois après l'encyclique citée [Lettre-Encyclique Acerbo nimis, 15 avril 1905], il fit imprimer, pour les diocèses de la province de Rome, un Abrégé de la doctrine chrétienne, qui sera appelé plus communément Catéchisme de Rome (ou Catéchisme romain). Cet Abrégé de la doctrine chrétienne, dans sa partie centrale, était un texte dérivé du catéchisme publié en 1765 par Mgr Michele Casati, évêque de Mondovi. [...]

« Ce Catéchisme de Rome était, selon le vœu du pape, "obligatoire pour l'enseignement public et privé dans le Diocèse de Rome" mais aussi il avait "confiance que les autres Diocèses voudront aussi l'adopter pour arriver ainsi à ce texte unique, au moins pour l'Italie, qui est dans le désir de tous (
Lettre au Cardinal Respighi, Vicaire de Rome, en date du 14 juin 1905, et qui figure en tête de toutes les éditions de cet Abrégé de la Doctrine chrétienne). De fait, il se diffusa dans toute l'Italie mais connut aussi des traductions étrangères. En France, dès 1906, l'évêque de Langres fit traduire ce catéchisme (Catéchisme de Rome ou Abrégé de la Doctrine chrétienne, Langres, éditions Martin-Berret, 1906 ; une autre édition suivra : Paris, Letthielleux, 1907. C'est cette traduction de 1906 qui a été reprise dans l'édition faite par la revue Itinéraires (n°116, septembre-octobre 1967) sous le titre Catéchisme de saint Pie X). »

Yves CHIRON, Saint Pie X, réformateur de l’Église, Courrier de Rome, 1999.

De ces quelques explications, nous pouvons retenir ceci :

- Ledit catéchisme de 1905, publié "pour les diocèses de la province de Rome", n’est pas un catéchisme de destination universelle, et ce, contrairement au Catéchisme du Concile de Trente.
- Ce faisant, saint Pie X publiant le catéchisme de 1905 agit en tant qu’Evêque d’une partie de l’Église, et non pas en tant que Souverain Pontife, dans l’exercice de son pouvoir suprême.
- Le catéchisme de 1905, contrairement au Catéchisme du Concile de Trente, ne peut donc être considéré comme un acte relevant du pouvoir de magistère du Pape sur l’Église universelle.
- L’extrait (trop souvent) excipé ne peut être considéré comme commentaire autorisé et définitif de la définition solennelle de Pastor Æternus relative à l’infaillibilité pontificale.

 

 Il faut également noter et souligner que ledit catéchisme de 1905 est lui-même un "texte dérivé" d’un catéchisme de 1765. Catéchisme de saint Pie X est donc une qualification discutable pour désigner le catéchisme de 1905.


b) Le catéchisme de 1912

"Pourtant, Pie X n'était pas entièrement satisfait de cet Abrégé de la Doctrine chrétienne [...]. L'ouvrage était trop long [...]. Son plan n'était pas sans défaut. Qui plus est, il [ne] s'adressait qu'aux enfants et aux jeunes gens, et pas aux adultes. Pour ces derniers, on l'a vu, Pie X avait dû recommander le Catéchisme du Concile de Trente. Dès 1909, le pape créa une Commission catéchétique chargée de préparer, sous ses directives, un nouveau catéchisme. [...] En 1912, enfin, parut l'édition du Catechismo della dotrina cristiana."

Yves CHIRON, Saint Pie X, réformateur de l’Église, Courrier de Rome, 1999


Là encore, retenons ceci : Saint Pie X n’était pas « entièrement satisfait » par le catéchisme de 1905.

- Ce faisant, le Pape confia à une commission créée à cet effet la rédaction d’un autre catéchisme. Nous savons également, grâce au témoignage de Mgr Faberi, membre de ladite Commission catéchétique, que "le texte fut entièrement et minutieusement examiné et corrigé" (Processus Ordinarius Romanus, II (p. 1002) ; Summarium in Positio super Virtutibus, Romæ, 1949 (p. 376). Cité in Pierre FERNESSOLE, Pie X, essai historique, t. II, Lethielleux, Paris, 1953 (p. 55). Au passage, pour Fernessole, le catéchisme de saint Pie X est le catéchisme de 1912 (abstraction faite du catéchisme de 1905)) par saint Pie X.

 "Deux versions du catéchisme furent éditées. Une version brève intitulée Premiers Eléments de la doctrines chrétienne, qu'on appellera plus simplement le Petit Catéchisme, est destinée aux enfants qui se préparent à la confession et à la première communion. [...] La version longue, intitulée Catéchisme de la doctrine chrétienne comporte 814 questions et réponses, ordonnées selon un plan qui était déjà celui du Catéchisme du Concile de Trente : I. La Foi (le Credo) ; II. La Loi (les Commandements de Dieu, les préceptes de l'Eglise, les vertus) ; III. La Grâce (les sacrements, la prière) (nous nous référons à la dernière édition italienne : Catechismo di San Pio X, Salpan Editore, Matino, 1991). 

  Pie X, en approuvant ce catéchisme, ne le rendit obligatoire que pour le diocèse de Rome et pour les diocèses de la province ecclésiastique de Rome. Mais, comme pour le précédent, il émettait le vœu que les autres diocèses d'Italie l'adoptent aussi. C'est ce qui se passa. La clarté de l'exposé autant que son ordonnance cohérente séduisirent au-delà des frontières. Dès 1913, des traductions en furent faites en espagnol, en allemand, en français (une à Paris et une autre à Annecy) et en anglais. Mais tous les pays ne l'adoptèrent pas officiellement. […]   

  Enfin, on signalera qu'en 1913 Pie X songea à réaliser un catéchisme universel, utilisé par l'ensemble de l'Eglise [...]. Déjà au Ier Concile du Vatican un projet semblable avait vu le jour, mais n'avait pas abouti à cause de la suspension du Concile."

 Yves CHIRON, Saint Pie X, réformateur de l’Église, Courrier de Rome, 1999

 

- Le catéchisme de 1912 est un autre catéchisme que celui de 1905 : son ordonnancement est différent.
- Toutefois, le catéchisme de 1912 ne jouit pas d’une autorité supérieure à celui de 1905, dans la mesure où, publiant ce nouveau catéchisme, saint Pie X agit là encore en tant qu’Evêque d’une partie de l’Église, et non pas en tant que Souverain Pontife. Ni le catéchisme de 1905, ni celui de 1912 ne peuvent être considérés comme des actes du magistère. Il en aurait été tout autrement du « catéchisme universel » projeté par saint Pie X.
- Il existe néanmoins une différence non négligeable entre les deux catéchisme : celui de 1912, contrairement à celui de 1905, est en tout et pour tout Catéchisme de saint Pie X. On pourra par conséquent à bon droit préférer le catéchisme de 1912 à celui de 1905.

 Mais revenons à notre extrait du catéchisme de 1905 relatif à l’infaillibilité pontificale, et comparons avec ce que peut nous dire le Catéchisme de saint Pie X à ce même sujet.
 

Catéchisme de 1905 :

Catéchisme de 1912 :

" Quand est-ce que le Pape est infaillible ?

" Le Pape est infaillible seulement lorsque, en sa qualité de Pasteur et de Docteur de tous les chrétiens, en vertu de sa suprême autorité apostolique, il définit, pour être tenue par toute l’Église, une doctrine concernant la foi et les mœurs. "

" Le Pape peut-il errer quand il enseigne, lui seul, les vérités révélées par Dieu ?

" Le Pape ne peut pas errer quand il enseigne, lui seul, les vérités révélées par Dieu ; il est infaillible comme l’Église, lorsque, comme Pasteur et Maître de tous les chrétiens, il définit les doctrines touchant la foi ou les mœurs."


> Conclusion : Le catéchisme de 1905 est restrictif là où le catéchisme de 1912 ne l’est pas. Si l’on veut à bon droit s’en tenir de préférence à la pensée de saint Pie X sur ce sujet, même au simple titre d’Evêque d’une partie de l’Église, on se référera au catéchisme de 1912, parce que (répétons-le encore une fois) il s’agit là à proprement parler du Catéchisme de saint Pie X.

 Où l'on voit, là encore, avec ce mythe du Catéchisme de saint Pie X qui serait restrictif et minimaliste, que les "traditionalistes" ont été abusés et s'abusent eux-mêmes à jet continu.


> Précisions :

 Concernant le Catéchisme du Concile de Trente...

- Il s'agit d'un catéchisme de destination universelle ; tel a été le dessein des Pères du Concile de Trente, qui ont ordonné la mise en œuvre d'un catéchisme pour l'Eglise universelle.
- Ledit catéchisme a été élaboré sous la direction de saint Charles Borromée, selon la décision du Pape Pie IV.
- Saint Pie V en a ordonné la publication en 1566.
 

 Que ce catéchisme ait été publié par un Pape comme étant de destination universelle, à l'initiative des Pères du Concile de Trente, voilà qui suffit à en faire un acte du magistère suprême.

 En tant qu'il est un acte du magistère suprême, ce catéchisme ne saurait aller contre la foi et les mœurs (assistance prudentielle infaillible, autrement appelée infaillibilité négative). Dans la mesure où il entend ici et là attester que telle ou telle proposition est révélée ou fondée sur la Révélation, il y a proposition infaillible de l'objet de la foi (assistance infaillible absolue, autrement appelée infaillibilité positive).

Sacre épiscopal de Mgr Joseph Selway

Publié le par Clément LECUYER

Vous trouverez dans la présente vidéo une sélection de photos du sacre épiscopal de Mgr Joseph Selway par Mgr Donald Sanborn, 22 février 2018 au Séminaire de la Très Sainte Trinité, Brooksville, Floride, Etats-Unis.

« Le 22 février 2018, le très révérend Donald J. Sanborn, assisté des très révérends Daniel L. Dolan et Geert Stuyver, ont consacré le révérend Joseph S. Selway à l’épiscopat. Le rite a eu lieu au cours de la messe pontificale, au séminaire de la Très Sainte Trinité, à Brooksville, en Floride.

La consécration, que Mgr Sanborn avait annoncé en novembre, était destinée à assurer la continuité dans la fourniture de prêtres et de sacrements aux futures générations de fidèles catholiques, et en particulier l’apostolat de Mgr Sanborn, à savoir de former correctement des séminaristes pour le sacerdoce.

Mgr Sanborn a été rejoint par deux évêques co-consécrateurs qui ont conjointement conféré le sacrement avec lui : Mgr Dolan, à la consécration duquel Joseph Selway, quinze auparavant, était présent il y a un quart de siècle en novembre, et Mgr Stuyver, membre de l’Institut de la Mère du Bon Conseil qui travaille dans sa Belgique natale.

La consécration fut une occasion heureuse et solennelle, attirant des centaines d’âmes de tous les États-Unis, ainsi que d’Angleterre et d’Australie. La musique a été fournie par le séminaire Gregorian Schola et les Sœurs de Saint Thomas d’Aquin, qui ont chanté des œuvres de William Byrd, Thomas Tallis, Marc-Antoine Charpentier et le Révérend Anthony Cekada. La cérémonie a été suivie d’un dîner pour tous les participants, servi par les étudiants de l’Académie de la Reine de Tous les Saints sous une énorme tente érigée sur le terrain du séminaire.

L’évêque Selway, 40 ans, a étudié au séminaire Saint-Pierre-Martyr de Verrua Savoia, en Italie, et au séminaire de la Très Sainte Trinité. Il a été ordonné prêtre en décembre 2001. Par la suite, le Père Selway a supervisé la création de l’église et de l’académie Notre-Dame-Reine-des-Saints à Brooksville, ainsi que la fondation des Sœurs de Saint Thomas d’Aquin. Ses projets les plus récents ont consisté à superviser la fondation de l’Académie de la Reine de Tous les Saints et à préparer la construction d’une maison mère pour les Sœurs de Saint-Thomas à côté des terrains du séminaire.

Mgr Selway, expert en latin et en grec, parle couramment l’italien, le français et l’espagnol et enseigne la philosophie et la théologie dogmatique au séminaire de la Très Sainte Trinité. Il joue également du violon.

Nous félicitons Mgr Selway pour sa consécration, et l’assurons de nos prières pour un long et fructueux apostolat.

Une vidéo de la consécration est actuellement en préparation, mais en attendant, nous vous proposons quelques photos de l’événement pour vous mettre en appétit. »

Révérend Anthony Cekada.

Traduction proposée par le site Militesvirginismariae

Source (texte en anglais).

Réponse aux divagations d’Avrillé

Publié le par Clément LECUYER

 Au printemps 2001, les religieux bien connus du couvent de La Haye-aux-Bonshommes publiaient dans leur revue Le Sel de la terre (n°36) un "Petit Catéchisme du sédévacantisme" signé "Dominicus". Depuis lors, nos bonshommes n’ont cessé de remettre le couvert : nouvelle parution du "Petit Catéchisme" dans leur revue, amorce de controverse avec l’un de leurs contradicteurs (l’Abbé Ricossa), édition sous forme de brochure, complaisamment distribuée à destination du public traditionaliste, et présentée comme la réfutation prétendument savante et définitive du sédévacantisme. Avec le "Petit Catéchisme", les bons lefebvristes sont censés dormir sur leurs deux oreilles. Les bonshommes sont censés avoir terrassé le terrible sédévacantisme. 

 Et pourtant… Ce qui se voulait la réfutation savante et définitive a été elle-même décisivement réfutée par les contributions respectives des Abbés Ricossa (revue Sodalitium, n°52 et n°55, en 2002 et 2003) Zins (revue Sub tuum Praesidium, n°66 et n°112, notamment) ou Grossin. Mais bien entendu, de cela, nos bons lefebvristes n’entendront jamais ou si peu parler, car il faut, on l’a dit, que les bonnes gens puissent dormir sur leurs deux oreilles, ce pourquoi on traitera, comme d’habitude, tout cela par le silence ou par le mépris. Que la vérité et la justice ne trouvent guère leurs droits dans le traitement que lui réservent les faiseurs d’opinion de la planète lefebvriste est tout au mieux le cadet de leurs soucis. Tout ce qui compte, c’est que la supposée piétaille traditionaliste soit tenue bien à l’abri des vérités un peu trop franches sur l’état présent de l’Église par ceux qui sont censés penser pour le bon peuple "tradi".  C’est pourquoi, il n’est pas surprenant de voir ici et là, et notamment lorsque les traditionalistes s’empoignent sur internet, quelques naïfs "de tradition" agiter comme autant de fines lames (croient-ils) les épées en vérité bien émoussées forgées à Avrillé. 

 Telle a été l’occasion de ce texte : répondre à la énième remontée à la surface d’un "Petit Catéchisme" qui ne résiste pas à l’examen, et qui a déjà été maintes fois réfuté.

> Lire-télécharger la Réponse aux divagations d’Avrillé de N. Magne en cliquant ICI

Source : Milites Virginis Mariae

Sacre épiscopal de l'abbé Selway

Publié le par Clément LECUYER

Monseigneur Donald J. Sanborn, ayant eu récemment de graves soucis de santé, dont il s'est bien remis, Dieu merci, a pris la grave décision de consacrer au plus tôt un successeur. L'abbé Joseph Selway sera donc consacré évêque le 22 février 2018, au Séminaire de la Très Sainte Trinité (en Floride, aux États-Unis). Nous publions ici la traduction du passage de la dernière Newsletter annonçant la consécration (la date n'était alors pas encore déterminée) :

L'abbé Selway sera consacré au printemps. Évidemment tôt ou tard il fallait que je choisisse quelqu'un qui me succède dans ce que je fais et dis. J'aurais soixante-huit ans en février. J'ai pensé faire cette consécration depuis un bon moment, et la Providence divine a maintenant indiqué, il me semble, le temps opportun.

L'abbé Selway est le candidat tout désigné pour être évêque. Il est sous ma tutelle depuis ses six ans. Il connaît profondément nos principes et nos manières de faire. Il jouit déjà du respect de tous les prêtres associés avec nous dans l'Institut Catholique Romain. Il a une excellente réputation. Je ne connais personne qui présenterait la moindre objection à ce choix. De nombreux prêtres se fient déjà à sa direction.

Ordonné en 2001, il célébrera son 16ème anniversaire d'ordination ce 8 décembre. Il aura quarante ans en janvier. Il a donc et l'âge et l'expérience pour être évêque.

C'est un homme de foi ferme et de piété profonde, et un travailleur déterminé. Il sera un grand atout pour le mouvement traditionnel.

Je n'ai pas encore fixé de date pour la consécration, puisqu'un évêque a besoin d'un bon nombre de choses. Il doit aussi apprendre les différents rites sacramentels propres à l'évêque.

Veuillez prier pour l'abbé Selway. Être évêque aujourd'hui n'est pas facile. C'est une lourde charge.

La consécration de l'abbé Selway ne signifie pas que je me mettrais en retraite. Avant Vatican II, les prêtres et les évêques ne se mettaient jamais vraiment en retraite ; ils ralentissaient seulement.

Je n'ai pas l'intention de ralentir, mais avoir un autre évêque disponible pour aller aux nombreux endroits qui requièrent mes services allégera mon fardeau.

L'abbé Selway et Monseigneur Sanborn

 

Mgr Guérard des Lauriers a longuement expliqué la nécessité des consécrations épiscopales à notre époque.1 L'importance de la consécration d'évêques fidèles, pour la continuation de la Mission de l’Église, est cruciale. Le pouvoir d'ordre et de juridiction doivent toujours se trouver dans l’Église, mais de façon différente. Si, dans une situation de vacance, le pouvoir de juridiction n'existe plus qu'en puissance, le pouvoir d'ordre, lui, doit toujours demeuré en acte dans l’Église. Il suffit (et il est nécessaire) à l'indéfectibilité de l’Église que soit toujours conservé la possibilité d'élire un nouveau Pape, et de cette façon le pouvoir suprême peut être conservé dans l’Église seulement en puissance ; c'est-à-dire que, n'existant pas actuellement, il peut être acquis à l'avenir. Les électeurs ne donnent pas en effet le pouvoir de juridiction suprême à l'élu du conclave, mais seulement la désignation. Notre Seigneur Lui-même confère l'autorité à l'élu qui a dûment accepté l'élection (voir les nombreux articles sur le sujet). Le pouvoir d'ordre, par contre, ne peut pas être préservé seulement en puissance : il faut qu'il se trouve toujours en acte, c'est-à-dire qu'il faut qu'il y ait jusqu'à la fin du monde des hommes actuellement investis du pouvoir des saints ordres, et qui transmettent ce pouvoir d'âge en âge. La préservation de l'ordre exige la préservation de l'épiscopat, sans lequel les saints ordres finiraient par disparaître.

L'abbé Francesco Ricossa, dans le Sodalitium n°44, a amplement répondu aux objections soulevées contre les consécrations épiscopales sans mandat apostolique. Les évêques ainsi consacrés sont évêques quant à l'ordre, mais non quant à la juridiction.

Source : Etudes-anti-modernistes

1Mgr Guérard des Lauriers O.P., Consacrer des évêques ? paru dans le Sodalitium n°16, de mars-avril 1988, republié dans Le Problème de l'Autorité et de l’Épiscopat dans l’Église, Collection Cassiciacum, Tome II, CLS Verrua Savoia, 2006.

> Voir aussi notre dossier concernant les sacres sans mandat en cliquant ICI

 

Papauté : Le faux argument du reniement de saint Pierre

Publié le par Clément LECUYER

 L'infaillibilité pontificale n'a jamais été aussi attaquée depuis la promulgation de ce dogme en 1870. Aujourd'hui, on entend souvent dans les rangs des catholiques dits "traditionalistes" que le premier Pape, saint Pierre, a commis un acte public d’apostasie en reniant Notre Seigneur le vendredi saint. Ainsi, pour eux, il en découle qu'il est donc possible à un Pape de renier publiquement des principes catholiques et de perdre la foi. Et hop, le tour est joué !  Le seul ennui est que rien de tout cela n'est vrai!

larmes-st-pierre.jpg

"Saint Pierre a pleuré toute sa vie son reniement, il pleurait encore à l'heure de sa mort, en se ressouvenant de son péché" (sermon du saint curé d'Ars)

 

  Que ce soit dans leurs sermons ou dans leurs écrits, les prêtres de la Fraternité Saint Pie X par exemple avancent cet "argument" régulièrement :

  "Faut-il oublier que le premier Pape, saint Pierre, a renié le Christ trois fois avant que le coq chante" ( Savoir et Servir. Supplément au n° 10 publié sur le site DICI)

  Sur le site Aveclimmaculée, il est fait un parallèle entre le reniement de saint Pierre et la situation actuelle de la papauté :

"O St Pierre, souvenez-vous de cet instant de faiblesse que vous avez eu, lorsque vous avez, sous l'emprise de la peur, renié Jésus par trois fois. Actuellement le pape renie également Notre-Seigneur. Saint Pierre, nous vous aimons et nous vous suivons parce que vous avez amèrement pleuré votre péché."

 Emettre ce parallèle est une absurdité qu'il convient de rejeter avec force. Bien avant nous, certains pirates de la foi, peu enclin à reconnaître l'infaillibilité pontificale dans toute son étendue, avançaient avec une assurance ce faux exemple du "reniement de saint Pierre".

 Au XII° siècle, saint François d'Assise tentait déjà de tordre  le cou à cette idée pernicieuse  :

  "Le reniement fait par saint Pierre le jour de la Passion ne doit pas vous troubler ici, car saint Pierre n’a pas perdu la foi, mais il a seulement péché quant à la confession de la foi. La peur lui a fait désavouer ce qu’il croyait. Il croyait bien, mais il a mal parlé." (La Controverse Catholique)

 Plus tard, au XIX° siècle, le R.P Marin de Boylesve (1813-1892), jésuite, anéantit cette objection dans un de ses ouvrages :

"Le Pape est infaillible dans la foi, c'est à lui d'y affermir les autres évêques, et non aux autres évêques de l'affermir et de le rendre infaillible. Mais, peu d'heures après, Pierre a failli trois fois, il a renié son Maitre. On ne s'explique pas comment cette objection a pu être posée avec quelque sérieux. Les solutions surabondent.

reniement-de-saint-pierre.jpg

1°  Pierre alors était-il vicaire de Jésus-Christ? Était-il déjà investi de la souveraineté pontificale, et chargé d'enseigner l'Église ? Évidemment non, puisque Jésus vivait encore et se trouvait présent sur la terre. Pierre n'a pu entrer en charge qu'après l'Ascension de son divin Maître, ou du moins, et tout au plus, après l'investiture expresse que nous entendrons dans un instant.

2° ... Ce n'était certes pas comme docteur universel, mais tout à fait comme particulier et pour son compte personnel, qu'il disait: Je ne connais pas cet homme. Tremblant pour lui-même, il ne songeait pas le moins du monde à enseigner quoi que ce soit à qui que ce fût ; très peu préoccupé, en ce moment, de ce qu'il fallait ou ne fallait pas croire pour être sauvé, il n'avait devant lui que de misérables valets dont pas un n'appartenait à l'Église, qui du reste n'existait pas encore et n'était pas encore formée. Jésus avait dit, il est vrai, que cet apôtre était la pierre sur laquelle il bâtirait son Église ; mais si les matériaux de l'édifice étaient amassés, et si la première pierre était désignée, elle n'était pas encore posée, et le fondement n'était pas établi.

3° Enfin, en cette triste circonstance, la foi a-t-elle manqué à Pierre ? Voyez-vous cette table servie en gras et entourée de convives, qui tous, à l'exception le ce jeune homme, catholique mais timide, sont plus qu'indifférents à l'égard de la loi de l'abstinence. Aujourd'hui c'est vendredi. Le bon jeune homme, fort embarrassé de se trouver là, accepte ce qu'on lui offre et fait gras. Un convive qui, à son embarras même, l'a reconnu pour ce qu'il est, lui rappelle, avec un sourire légèrement railleur, que c'est vendredi. — "Monsieur, répond le jeune homme avec une apparente hardiesse, Monsieur, je ne sais ce que vous dites". — Absolument comme Simon-Pierre !  Oh ! ce n'est pas la foi qui manque à ce chrétien-là, c'est autre chose. Non, mille fois non, Pierre n'a point manqué de foi ; c'est le courage qui chez lui fit défaut.

 Or si Jésus-Christ a garanti à Pierre l'infaillibilité dans la foi. il ne lui a point promis l'impeccabilité dans la conduite et dans la parole. Placés dans des circonstances analogues, d'autres Papes pourront aussi faiblir ; mais pas un ne faillira dans sa foi et dans son enseignement pontifical. (Réponses aux principales objections contre la puissance et contre l'infaillibilité du Pape, R.P. Marin de Boylesve, 1877)

  Peu après, c'est au tour  du Père Garrigou-Lagrange, dominicain et éminent philosophe et théologien thomiste du vingtième siècle de remettre les pendules à l'heure sur ce sujet :

"Le péché de Pierre – un triple reniement du Christ au cours de Sa Passion – fut un péché contre la confession extérieure de la foi : “Je ne connais pas le Christ”. Ce ne fut pas une perte de la foi. L’Apôtre aurait perdu la foi et péché mortellement contre l’acte intérieur obligatoire de la Foi s’il avait admis ce reniement dans son cœur ou s’il avait délibérément douté d’une quelconque vérité révélée au sujet de laquelle il avait reçu une instruction suffisante. Ses imprécations et jurements extérieurs, émis sous le coup de la peur, ne sont nullement une indication que tel eût été le cas."  (Les Vertus Théologiques, R.P. Garrigou-Lagrange, Vol. 1 : Sur la Foi)

 Il y a de quoi être surpris quand de soit-disant traditionalistes se plaisent à propager allégrement des idées fausses maintes fois réfutées dans le passé, au lieu de défendre et rétablir la vérité ! 

 Ainsi donc, au regard de ce que nous enseignent ces auteurs, affirmer que "le premier Pape a renié Notre Seigneur Jésus-Christ" constitue indéniablement :

- une calomnie envers saint Pierre,

- une attaque scandaleuse contre l'institution de la Papauté,

- un argument fallacieux et pernicieux des "minimalistes" en matière d'infaillibilité qui tentent de nous faire croire que le Siège apostolique peut commettre des actes d'apostasie.

 

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 Comparer les faux "papes" de Vatican II avec saint Pierre est un abominable blasphème !

 Saint Pierre, lui, a préféré souffrir le martyre et donner sa vie pour Notre-Seigneur. Jean-Paul II et Benoît XVI, eux, ont organisé et présidé tour à tour les plus spectaculaires des apostasies à Assises où toutes les grandes religions païennes du monde s’assemblèrent pour prier leurs "dieux" aux côtés des différentes communautés "chrétiennes".

 Saint Pierre, sauvez l'Eglise !

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Saint Thomas d'Aquin et l'Immaculée Conception

Publié le par Clément LECUYER

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"Tous les enfants d'Adam sont conçus en péché, excepté la très pure et très digne Vierge Marie, qui a été entièrement préservée de tout péché originel et véniel." (Commentaires sur le chapitre troisième de l'Épître aux Galates, leçon sixième, premières éditions)
"On peut trouver quelque créature si pure, qu'il ne puisse rien être de plus pur parmi les choses créées. Telle a été la pureté de la bienheureuse Vierge, qui a été exempté de tout péché originel et actuel. (I Sent., dist. 44, quaest 1, art 3.)

 Saint Thomas d'Aquin n'était pas infaillible en tant que tel – puisque le charisme de l'infaillibilité n'appartient qu'aux Souverains Pontifes. Cependant, l'Eglise nous dit, par la voix du Pape Benoît XIV, que "ses écrits exempts de toute erreur, sont plus lumineux que le soleil, [...] l'Eglise, qui admire son érudition, reconnaît en avoir été éclairée" (Bref adressé à l'Ordre des Frères Prêcheurs). Et pourtant, dans le monde théologique, saint Thomas d'Aquin et son école ont passé pour les adversaires du privilège de l'Immaculée Conception accordé à la Bienheureuse Vierge Marie. Cet avis, partagé maintenant par "l'opinion publique", est pourtant loin d'être exacte. Plus d'une fois, les disciples de saint Thomas et les fils de saint Dominique ont voulu combattre cette opinion communément exagérée. C'est ainsi qu'encore, en 1854, le Révérend-Père François Gaude, de l'Ordre des frères prêcheurs, recteur du séminaire Pontifical du cardinal Pie, s'en plaignait hautement :

"Je ne sais par quelle fatalité l'opinion que lesreligieux de notre Ordre et les disciples de notre école sont les adversaires du sentiment de l'Immaculée Conception s'est répandue dans le public. Et ce bruit accusateur, qui a su faire a son chemin, est tellement accrédité dans plusieurs esprits, qu'il n'est rien  de plus commun et de plus ordinaire que de l'entendre répéter. Pour le détruire et le ruiner rien n'a réussi : ni ceux de nos auteurs qui ont professé clairement leur croyance à ce privilège, ni la foule assez nombreuse de nos théologiens qui l'ont enseigné et dont on cite soit les paroles soit les noms, ni  les panégyriques prononcés sur ce mystère, ni l'expression d'Immaculée Conception elle-même, introduits dans la liturgie... "

D'éminents auteurs, tels que le Cardinal Gousset, saint Jean Eudes, le R.P Spada ont démontré qu'il était pour le moins douteux de soutenir que saint Thomas d'Aquin avait nié l'Immaculée Conception :

"Si nous considérons bien sérieusement la doctrine de l'Angélique docteur, nous verrons sans en pouvoir douter qu'il a réellement enseigné l'Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie" car sa "doctrine constamment enseignée conduit inévitablement à professer le privilège de l'immaculée conception"

 Le R.P Spada, maître en théologie et procureur général de l'Ordre des frères prêcheurs, démontre dans un important ouvrage (Saint Thomas et l'Immaculée Conception) qu'il était "impossible que l'Angélique docteur ait admis, dans la Bienheureuse Vierge, la tache originelle, après l'avoir déclarée simplement exempte de la tache du péché véniel." La conclusion de sa complète et très sérieuse étude est sans appel :

"De tout ce que nous avons dit jusqu'à présent, il est pleinement évident que notre Angélique maître a expressément enseigné, dans le premier livre des Sentences, que la Bienheureuse Vierge a été exempte du péché originel et du péché actuel, et qu'il n'a point rétracté cette doctrine dans ses ouvrages postérieurs; bien mieux, que les principes de la doctrine exposée dans la Somme de théologie conduisent à établir cette immunité."

 Beaucoup rétorqueront que saint Thomas d'Aquin a cependant nié formellement l'Immaculée Conception de la Très Sainte Vierge Marie dans deux voire trois passages de ses manuscrits (précisons en premier lieu qu'à cette époque, ce dogme n'avait pas été encore proclamé). Non seulement il a été démontré que des erreurs d'analyse et d'interprétation ont été développées par beaucoup mais que les écrits cités ne figuraient pas dans les éditions primitives publiées de saint Thomas. Le passage le plus souvent cité contre l'Immaculée Conception se trouverait dans la troisième Somme théologique ; dans les éditions récentes de la Somme (part. III, 9, 27, art. 2), on fait dire au Docteur Angélique que Marie "n'a été sanctifiée et purifiée du péché originel, ni avant l'animation, ni dans l'animation, mais après l'animation" tandis que ces paroles ne se lisent point au lieu cité dans les premières éditions , ni dans le manuscrit de Séville, ni dans celui qui se conservait au couvent des Dominicains de Marseille, ni dans d'autres.

"La difficulté [de supposées contradictions] disparaît si l'on compare entre elles les éditions anciennes et modernes de ses oeuvres, et si l'on reconnaît, comme on est forcé de le reconnaître, que plusieurs de ses ouvrages, notamment ceux où il parle de la Conception de Marie, ont subi des suppressions ou d'évidentes altérations. Ce fait s'appuie sur le témoignage aussi détaillé qu'authentique de plusieurs savants Dominicains." (Cardinal GOUSSET, La croyance générale et constante de l'Eglise touchant l'Immaculée Conception)

"Si vous nous faites voir quelque autre lieu, dans les livres de saint Thomas, où il semble parler contre la Conception immaculée de notre divine Mère, nous aurons droit de le soupçonner de corruption, vu particulièrement que ce saint Docteur s'explique si clairement dans ses Commentaires sur le premier des Sentences où il dit que la bienheureuse Vierge a été pure de tout péché, et qu'elle a possédé le souverain degré de la pureté, c'est-à-dire, qu'elle est, comme dit saint Anselme, la plus éclatante pureté qui se puisse imaginer, après la pureté infinie de Dieu" (Saint Jean Eudes, L'enfance admirable de la Très Sainte Mère de Dieu)

"Nous ne serions pas surpris que, comme on l'a prétendu, le texte de saint Thomas n'ait été falsifié dans toute cette question, où l'on ne retrouve pas sa logique habituelle. Il est certain qu'il n'a pas mis la dernière main à cette troisième partie de la Somme théologique, qui n'a paru qu'assez longtemps après sa mort: aussi n'en trouve-t-on que de rares manuscrits, tandis que ceux de la deuxième partie et surtout de la première abondent.... Il est également certain qu'il a professé la doctine de l'Immaculée Conception dans son Commentaire sur l'Epitre aux Galates, où, s'exprimant comme le concile de Trente, il dit: "On excepte la Vierge très digne de louanges, la très-pure Marie, qui fut exempte du péché originel et du péché acctuel"." (Petite Somme théologique de saint Thomas d'Aquin: à l'usage des ecclésiastiques et des gens du monde, T. IV, 1862)

 Nous mettons donc en ligne trois documents (pdf) reprenant les écrits de saint Jean Eudes et du Cardinal Gousset ainsi que la remarquable étude du R.P Spada :

Publié dans Spiritualité

FSSPX : Minuit moins une !

Publié le par Clément LECUYER

 La technique du "deux pas en avant, un en arrière" est entrain de payer peu à peu. La Fraternité dite de Saint Pie X est désormais reconnue par Rome depuis fin juin 2016.

 Mgr Alfonso Ruiz de Galarreta, F$$PX, l’a révélé lors de son sermon à St-Nicolas-du-Chardonnet pour l’Ordination de l’abbé Sabur :

Afficher l'image d'origine"Et alors certains, évidemment, disent que nous avons tort et que nous sommes des schismatiques, que nous sommes des illégaux dans l’Église, et déjà, cher Abbé vous avez eu un peu à rentrer, comme un bon soldat du Christ, dans les combats de Dieu. Donc vous avez dû donc souffrir cette persécution dont nous parle saint Paul : « Ceux qui veulent vivre pieusement dans le Christ Jésus souffriront persécution ».

 Et alors le Patriarche de Babylone, qui est chaldéen, dit que nous sommes schismatiques. Et l’Ordinaire en France pour les Églises orientales dit que nous sommes des illégaux. Or le Pape lui-même dit que la Fraternité, nous sommes des catholiques. Alors nous sommes des catholiques ou nous sommes des schismatiques ? J’ai avec moi la lettre qui m’a été donnée par Son Excellence Monseigneur Fellay, où la Congrégation de la Doctrine de la Foi nous dit, a dit à Monseigneur, que nous pouvons procéder aux ordinations sans demander la permission des Ordinaires du lieu ; qu’il suffit de leur donner les noms des ordonnés, chose que nous ferons bien sûr, opportunément. Alors nous ne sommes ni schismatiques, ni des illégaux.

Alors pourquoi agitent-ils cet épouvantail - vous voyez de la légalité, si nous sommes en règle canoniquement ou pas - du schisme alors qu’il n’y en a pas et que Rome même le reconnaît ?" (Mgr de Galarreta, le 2 juillet 2016 à St-Nicolas-du-Chardonnet)

 On est très loin des propos du consécrateur de Mgr de Galaretta, Mgr Lefebvre, qui déclarait, sous les applaudissements : "merci, nous préférons être excommuniés par cette mafia" (sermon du dimanche 10 juillet 1988) ou encore : "ils sont anti-Christ, c'est sûr, absolument certain. Alors, devant une situation comme celle-là, je crois que nous n'avons pas à nous préoccuper des réactions de ces gens-là, qui, nécessairement, sont contre nous" (conférence du 4 septembre 1987 à Ecône).

 Par ailleurs, Guido Pozzo, le président de « Commission Pontificale Ecclesia Dei » du Vatican a reconnu il y a quelques jours que Mgr Fellay avait accepté la prélature personnelle, bien qu'il reste quelques détails à régler avant de rendre public le nouveau statut canonique de ladite Fraternité :

- Pourquoi a-t-il été proposé à la FSSPX la perspective de l’établissement d’une "prélature personnelle" ?
- Guido Pozzo : Cela semblait être la forme canonique [la plus] appropriée. Mgr Fellay a accepté cette proposition, bien qu’il nous reste quelques détails à régler au cours des prochains mois. Seul l’Opus Dei jouit [actuellement] de ce statut ; c’est là une grande marque de confiance témoignée à la FSSPX. Il est clair qu’une formule canonique présuppose la résolution des questions doctrinales.

(Source :  http://www.christundwelt.de/detail/artikel/seid-gehorsam-bitte/ )

 Histoire de calmer les quelques (rares) esprits rebelles de son organisation, Mgr Fellay a publié un communiqué dans lequel il certifie que "la reconnaissance canonique n'est pas prioritaire". Mais comment peut-on faire confiance à ce sinistre et sournois personnage qui n'a jamais cessé de se contredire et de manipuler prêtres et fidèles  ?

 Sur son compte public LinkedIn, voici les causes qui lui importent  :

FSSPX : Minuit moins une !

Le côté sédévacantiste de Mgr Lefebvre

Publié le par Clément LECUYER

 Malgré l'impression contraire que beaucoup de traditionalistes peuvent avoir, Monseigneur Marcel Lefebvre a fait beaucoup de déclarations qui tendent au sédévacantisme.

  M. l'Abbé Anthony Cekada, prêtre qui était séminariste à Ecône dans les premiers jours de la Fraternité, et qui connaissait personnellement l’archevêque, fournit une sélection de ces déclarations dans cette vidéo, et présente une perspective historique du sédévacantisme dans la Fraternité.

 Ceci constitue une part importante de l'histoire de Mgr Lefebvre, la FSSPX et le mouvement traditionnel, une part qui a été négligée, voire intentionnellement occultée, et c'est une histoire qui a besoin d'être rappelée.

  M. l'Abbé Cekada discute aussi de True or False Pope (Vrai ou Faux Pape), un nouveau livre contre le sédévacantisme, financé et publié par le séminaire américain de la Fraternité, et hautement loué par Monseigneur Bernard Fellay.

  Les faits présentés dans cette vidéo surprendront les prêtres, séminaristes et soutiens laïcs de la Fraternité, et seront d'un grand intérêt également pour les autres Catholiques traditionnels.

> Source : Etudes antimodernistes, nouveau site tenu par des séminaristes français du séminaire américain de Mgr Sanborn

Martyre ou châtiment ?

Publié le par Clément LECUYER

 En ces temps troublés, il convient de revenir sur ce tragique événement qui nous a tous choqué: l'assassinat du Père Hamel par deux islamistes. Il va sans dire que cet acte barbare constitue, en plus d'un meurtre, un sacrilège puisqu'il est commis à l'encontre d'un prêtre (validement ordonné en 1958). Sans surprise, l'ensemble de la hiérarchie moderniste a logiquement déclaré ce prêtre martyr. La Fraternité, par la voix de l'abbé Boucharcourt (Supérieur du District de France) parle quant à elle du "premier martyr, pour le XXIe siècle en France" :

"Un homme a été tué, égorgé, non plus prétendument pour des raisons politiques, mais bel et bien en haine de la foi. C’était dans une église, cela s’est passé durant une messe, il s’agissait d’un prêtre, et le meurtre a été réalisé en même temps qu’une profession de foi islamique. Le martyre au sens canonique est donc parfaitement caractérisé."

 Peut-on parler de martyre ? Pas du tout ! Une fois de plus, la FSSPX déraille à force de se "bergogliser". Voici en réponse le communiqué de l'Institut Mater Boni Consilii :

Martyre ou châtiment ?

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 Comme tout le monde le sait, deux militants mahométans ont égorgé, dans l’église paroissiale de Saint-Étienne-du-Rouvray, en Normandie, un prêtre, l’abbé Jacques Hamel. Inutile de dire qu’il s’agit d’un crime horrible et sacrilège, et que nous prions pour l’âme de ce confrère dans le sacerdoce (il avait été ordonné en 1958). Nombre de baptisés se sont demandés si l’on ne pouvait pas parler de martyre, au sens strict et “canonique” du terme : ainsi par exemple le supérieur du district de France de la Fraternité Saint-Pie X, Christian Bouchacourt, qui considère la pauvre victime un martyr de l’Islam, tué à l’église “durant une messe”.

 Toutefois, les témoignages sur la vie et le ministère du vieux prêtre français, parlent d’autre chose. L’abbé Hamel, comme tous les fidèles adeptes de Vatican II, était activement engagé dans le “dialogue interreligieux” avec les négateurs de la Trinité et de la divinité du Christ. Et la “messe” que la victime célébrait était la messe réformée que le fondateur de la société religieuse de l’abbé Bouchacourt appelait, a juste titre, la “messe de Luther”. À moins de devenir adeptes du wojtylien “œcuménisme du martyre”, on ne peut reconnaître chez un moderniste, même s’il a été tué en tant que chrétien, un “martyr de la foi”, en particulier au sens strict et canonique du terme. Le martyr témoigne en effet par le sang, de la vérité et de la foi professée pendant sa vie et au moment de sa mort. Les Pères de l’Église ont toujours dénié aux baptisés hérétiques ou schismatiques, même s’ils souffraient et étaient tués en tant que chrétiens, le statut de martyrs. L’ignorance invincible (non coupable) peut rendre exempt de péché (formel) celui qui tombe dans l’erreur contre la foi, mais ne peut en faire un témoin de la vérité.

 On peut se demander alors si ce qui s’est produit, et qui peut-être se produira encore (à Dieu ne plaise), n’est pas plutôt un châtiment, non tant à l’égard de la personne elle-même victime de l’odieux sacrilège (cf. Luc XIII, 1-5), qu’au regard du modernisme, pour sa bienveillance impie envers les ennemis de la divinité de Jésus-Christ et de la Foi en la Très Sainte Trinité. Le Seigneur avertit : “Si vous ne faites pénitence, vous périrez tous”. Ces paroles font trembler, si l’on pense que l’invitation à la pénitence, l’avertissement du Seigneur, avec ses châtiments, à abandonner l’esprit apostat de la déclaration Nostra ætate – qui donne des fruits évidents pour tout le monde – n’a pas été écouté. Au contraire ! Dimanche 31 juillet, les musulmans ont été invités à prêcher dans les églises catholiques profanées de France et d’Italie ! Aucun catholique qui ne veut pas tomber dans la fosse ne peut prendre comme guide des aveugles qui guident d’autres aveugles. Aucun catholique qui veut se sauver, et ne pas périr pour l’éternité, ne peut suivre ceux qui considèrent sans importance – au moins de fait – de croire ou de ne pas croire à la divinité du Christ et à la Très Sainte Trinité. Que Dieu nous sauve, sauve la foi des catholiques du modernisme, et nous sauve des justes châtiments avec lesquels le Seigneur punit et punira l’offense faite à Son Nom.

Verrua Savoia, 1er août 2016, Saint Pierre aux Liens

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  Que le Père Hamel ait adhéré de bonne foi - ce que seul Dieu sait - aux erreurs modernistes ne change rien. Voici l'extrait du Dictionnaire de Théologie Catholique qui traite de cette question  :

"Celui qui n'a pas la foi, ne peut mourir pour la foi. Benoit XIV parle ensuite de l'hérétique invincibiliter, c'est-à-dire de celui qui est « de bonne foi » dans l'erreur ; s'il meurt pour un vrai point de foi, peut-il être considéré comme martyr ? Benoît XIV répond par une distinction importante : il le sera coram Deo [aux yeux de Dieu], mais non coram Ecclesia [non aux yeux de l'Eglise] . Il le sera coram Deo, pourvu qu'il soit habituellement disposé croire tout ce qui lui serait proposé par l'autorité légitime, car il n'est pas coupable d'après la parole de saint Jean : Si non venissem et locutus fuissem eis, peccatum non haberent, xv, 22 ; il ne le serait pas coram Ecclesia qui ne juge que de l'extérieur, et qui, constatant l'hérésie externe, en est réduite à conjecturer l'hérésie interne." DICTIONNAIRE DE THÉOLOGIE CATHOLIQUE - 1937 - Page 233

 

> Sur le même sujet, relire notre article La pernicieuse hérésie de l'"œcuménisme du sang" de François
> Pour aller plus loin, se reporter à ce dossier : Celui qui est tué dans l’hérésie ou dans le schisme peut-il être considéré un martyr?

 

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