Mgr Lefebvre sur le vitrail d'une église

Publié le par Clément LECUYER

 Un certain Don Giorgio Bellei vient de faire réaliser une série de vitraux figuratifs pour embellir son église moderne du Spirito Santo à Modène. Il n'a pas hésité à faire apparaître autour de  Joseph Ratzinger un certain nombre d'éléments mais la figure la plus surprenante est celle de Mgr Lefebvre ! Don Giorgio Bellei explique ceci dans les phrases qui suivent :

 

 "Le pape est au centre avec les évêques, le clergé et le peuple. L'Eglise est représentée dans son universalité faîte d'orient et d'occident. La basilique Ste Sophie avec les deux dates de ses profanations rappelle les 1054 années d'unité et prie pour sa recomposition. Parmi les évêques, apparaît aussi Mgr Lefebvre auteur du schisme des traditionalistes mais mort en communion avec Rome car Jean Paul II l'a absout. Sans lui nous n'aurions pas été incités à redonner sa valeur à la tradition qui n'est pas seulement le latin, mais aussi la doctrine sur le sacerdoce et sur la valeur sacrificielle de la messe. Je n'écrirais pas ces paroles si le pape, qui a retiré les excommunications, et libéralisé le rite antique n'allait lui-même le premier sur cette voie."

 Cela n'a en soit rien d'étonnant. Avec tout le respect qu'on lui doit, Mgr Lefebvre a toujours voulu être en communion avec les modernistes. N'a-t-il pas chassé plusieurs prêtres de la Fraternité qui étaient, avec raison, non una cum  ? Citons-le :
 
Lettre à Jean-Paul II

Séminaire International Saint Pie X, 8 mars 1980

 Très Saint Père, Afin de mettre fin à des doutes qui se répandent actuellement soit à Rome, soit dans certains milieux traditionalistes d’Europe et même d’Amérique concernant mon attitude et ma pensée vis-à-vis du Pape, du Concile et de la Messe du Novus Ordo et craignant que ces doutes ne parviennent jusqu’à Votre Sainteté, je me permets d’affirmer à nouveau ce que j’ai toujours exprimé:
1) Que je n’ai aucune hésitation sur la légitimité et la validité de Votre élection et qu’en conséquence je ne puis tolérer que l’on n’adresse pas à Dieu les prières prescrites par la Sainte Eglise pour Votre Sainteté. J’ai dû déjà sévir et continue de le faire vis-à-vis de quelques séminaristes et quelques prêtres qui se sont laissés influencer par quelques ecclésiastiques étrangers à la Fraternité.
2) Que je suis pleinement d’accord avec le jugement que Votre Sainteté a porté sur le Concile Vatican II, le 6 novembre 1978 à la réunion du Sacré Collège: “que le Concile doit être compris à la lumière de toute la Sainte Tradition et sur la base du magistère constant de la Sainte Eglise”.
3) Quant à la Messe du Novus Ordo, malgré toutes les réserves qu’on doit faire à son égard, je n’ai jamais affirmé qu’elle est de soi invalide ou hérétique .
Je rendrais grâce à Dieu et à Votre Sainteté, si ces claires déclarations pouvaient hâter le libre usage de la Liturgie traditionnelle et la reconnaissance par l’Eglise de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X ainsi que de tous ceux qui, souscrivant à ces déclarations, se sont efforcés de sauver l’Eglise en perpétuant sa Tradition.
Que Votre Sainteté daigne agréer mes sentiments de profond et filial respect en Jésus et Marie.

Marcel Lefebvre ancien Archevêque de Tulle
(Jean Paul II, pour demander reconnaissance et coexistence - 8 mars 1980, cf. Itinéraires, août 1982, pp. 22-23)